MANIÈRE DE PREPARER D’INFUSION DE THE
Quoique le procédé de l’infusion soit des plus simples, il est néanmoins nécessaire de bien diriger cette petite opération pour obtenir tout l’arôme du thé. La quantité convenable ayant été jetée dans la
théière, on commence par l’arroser avec un peu d’eau bouillante, que l’on décante presque aussitôt pour laver la superficie des feuilles. Cela fait, on verse la totalité de 1 eau, toujours bouillante , et on laisse infuser pendant quelques minutes. 11 faut avoir soin, lorsqu on veut servir plusieurs autres tasses, après les premières, de ne vider la théière qu’à moitié et de la remplir d’eau immédiatement. En usant de cette précaution, le thé destiné au second tour a le temps d infuser pendant qu’on boit les premières tasses. La quantité de thé pour un litre d’eau bouillante est de vingt grammes. Dans les mêmes proportions, le thé vert contient plus de matières dissoutes que le thé noir ; c’est ce qui explique son action plus énergique sur le système nerveux.
Si, après avoir épuisé la portion aromatique du thé, on verse dessus une nouvelle dose d’eau bouillante, alors l’infusion est amère. Si l’on faisait bouillir ces mêmes feuilles épuisées, l’amertume plus prononcée et une odeur de foin se manifesteraient. Ces derniers résultats prouvent que, pour être agréable et parfumée, l’infusion du thé doit être légère.
DES DIVERSES INFLUENCES DU THE NOIR ET DU THÉ VERT sur l’économie humaine.
D'après les hygiénistes et les consommateurs qui
ont observé sur eux-mêmes l’action du thé, une grande différence existe entre les effets produits par le thé noir et ceux produits par le thé vert.
L’infusion du thé noir développe une excitation générale de durée plus ou moins longue, capable de relever l’énergie des individus affaiblis par la diète, par le froid ou les passions tristes. Le pouls ralenti s’accélère, les forces perdues reviennent et se soutiennent pendant quelques heures, sans laisser aucun malaise. Si l’infusion est très-chaude et est en assez grande quantité, elle détermine une accélération fébrile du pouls qui se termine par la sueur.
Le thé vert, après avoir provoqué une excitation générale assez intense, détermine des troubles nerveux caractérisés par des pandiculations, par une oppression et souvent des palpitations; puis des tremblements dans les membres, l’insomnie, une agitation nerveuse qui se termine par une faiblesse générale.
C’est particulièrement chez les personnes qui n’ont point l’habitude de cette boisson, qu’on remarque ces phénomènes ; mais son usage continué les fait cesser peu à peu ; le système nerveux s’accoutume à cette énergique influence et finit par ne plus rien éprouver de fâcheux.
Les amateurs qui veulent savourer l’arôme du thé vert sans en éprouver les inconvénients, pourront faire un mélange de trois parties de thé noir et
d’une seulement de thé vert. — Ils pourront boire, sans crainte, l’infusion de ce mélange, hormis le cas où le tempérament de l’individu serait par trop excitable.
Le thé, pris avant le repas, excite, dit-on, l’appétit ; après le repas il facilite la digestion. La crème, le lait, le rhum ou l’eau-de-vie modifient les propriétés du thé et le rendent plus agréable à beaucoup de personnes.
En Russie et surtout en Angleterre, la consommation du thé est énorme ; elle dépasse quinze millions de kilogrammes. En France, l’usage du café l’emporte sur celui du thé, et la consommation de ce dernier produit est soixante-quatre fois moindre qu’en Angleterre.
Le thé, de même que le café, a eu ses enthousiastes et ses détracteurs; la vérité est que, dans les contrées humides, froides et brumeuse, l’infusion du thé est salutaire, en ce sens qu’elle excite et favorise la transpiration cutanée. L’Angleterre, la Russie et la Hollande se trouvent bien de cette boisson ; il faut aussi tenir compte du tempérament national de ces contrées, où la population offre, en général, le tempérament lymphatique. Nous croyons que le thé ne saurait être aussi favorable aux sujets bilieux et bilioso-sanguins qui composent la majorité des peuples méridionaux. Au point de vue de ses propriétés diurétiques, digestives et diaphorétiques,
nous sommes de l’avis des praticiens qui pensent que le thé devrait être réservé pour les circonstances où l'on a besoin d’un ag’ent énergique contre le trouble des fonctions. L’usage habituel du thé finit par habituer le corps à son action, et, en cas de maladie, prive l’individu d’un moyen eflâcace de guérison.