BOLE DES TINS BOUGES DANS L’ALIMENTATION
Tout le monde sait que, pour être potable, le vin doit avoir au moins un an. Les vins nouveaux qui n’ont pas cet âge, sont désagréables au goût, pénibles à digérer et peuvent donner lieu à des diarrhées, à des excitations des voies digestives. A mesure que les vins vieillissent, ils perdent de leur alcool et de leur matière colorante. Moins excitants que les nouveaux, les vins vieux sont plus toniques, plus agréables; ils augmentent les' forces digestives et répandent dans tout le corps une douce chaleur. Or, plus un vin est vieux, moins il est fort et plus il est bienfaisant. Ce sont surtout les vins vieux de Bordeaux et de Bourgogne qui sont les plus réparateurs des forces épuisées. Pris avec modération, le vin réjouit le cœur : if inum lœtificat cor hominis , dit l’Écriture;
pris en trop forte quantité, il devient Mariant d’abord, puis stupéfiant, narcotique. C’est ce dernier effet auquel on a donné le nom d’ivresse , que l’homme bien élevé doit à jamais éviter.
Le vin joue encore un autre rôle : son alcool éprouve pendant la digestion, une véritable combustion nécessaire à l’entretien de la chaleur animale; cette combustion donne lieu à la formation de l’acide carbonique et de l’eau. Les sels de chaux, de potasse, de soude, ainsi que la silice que contient le vin concourent au renouvellement des substances salines de nos tissus; enfin, ces matières azotées, quoique minimes, et son eau, qui forme environ les quatrevingt-cinq centièmes de la plupart des vins ordinaires, servent à réparer les déperditions aqueuses que fait sans cesse notre corps.