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Trop nourrir; la deuxième pour plus garder leur beauté et frescheté; la tierce pour plus prendre esbatement à leurs maris et c’est incontinence. »
En 1600 Van Helmont déconseille l'allaitement maternel et il ne cache pas sa répugnance pour l’alimentalion lactée du nouveau-né: « Odi ergo infantis nutritionem per lac intentatam. » |
Avec le dix-huitième siècle cet état de choses va en empirant ; l'allaitement maternel n’est plus qu'une exception. Voici ce que dit Franck à propos de Paris: « Dans cette grande ville, l'allaitement maternel était devenu quelque chose d'insolite, et même de méprisable. » J.-J. Rousseau dit, en exagérant peut-être : «€ Un mari qui oserait consentir que sa femme nourrit son enfant serait un homme perdu; l'on en ferait un assassin qui veut se défaire d'elle. »
Au dix-neuvième siècle enfin, le raffinement croissant des mœurs, le besoin de plaisirs sans cesse plus impérieux, augmente énormément le nombre des mères qui refusent d'allaiter leurs enfants. Tarnier ne trouve qu'une mère sur huit pour nourrir son enfant; Blache une sur cinq; Nivert une sur cinq également. De plus la création des grands centres industriels, les travaux pénibles de la femme du peuple, sont venus mettre un obstacle nouveau à l'allaitement maternel, même dans la classe ouvrière. Seul le paysan a continué simplement l'allaitement par la mère.
À Lyon particulièrement, la classe riche abandonne totalement l'allaitement naturel; l'industriel s'imagine pouvoir faire Juger son crédit financier à l’étalage plus ou moins luxueux d’une nourrice mercenaire.
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C'est le même état de choses en Altemagne ; Rudinger dit: « L'allaitement est considéré dans nôtre pays comme un acte indigne d’une mère vigilante et d'une femme respectable, bon tout au plus pour une bohémienne où une chaudronnière. »
Pourtant, il convient de dire que des progrès sérieux ont élé faits à la fin du siècle en faveur de l’allaitement maternel; et que grâce aux efforts incessants faits par les pédiâtres, grâce à la vulgarisation encore qu'incomplète de l'hygiène infantile, l'alimentation de l'enfant au sein de la mère semble revivre.
C’est ainsi que Budin, dans une communication récente à l’Académie de Médecine (24 mai 1904) déclare qu'à la consultation des nourrissons de la Clinique Tarnier, 95 pour 100 des enfants sont allaités par leurs mères.
Il est à souhaiter que ce nouvel élan va continuer à grandir; que l'éducation qu'on fera de la mère dans les Maternités la convaincra davantage de l'utilité de l'allaitement au sein; qu’elle comprendra que parturition et allaitement sont dans une étroite dépendance ; ou plutôt, que la première n'a de raison d’être que par la seconde : « Mater est quæ lactavit, non quiæ genuit » (Phèdre). Ce principe fondamental acquis, restera à établir comment cette alimentation au sein doit être réglée; de quelle façon on pourra assurer à la jeune mère le minimum de fatigues en même temps qu'au jeurie enfant le maximum de chances de survie.