‹ Hygiène Alimentaire du Nourrisson: Pendant le Séjour de la Mère à la MaternitéChapitre 13 sur 21 · CH · texte numérisé non relu

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nent quand l'enfant .est tenu debout, étalé en ventre de batracien quand il est étendu sur le dos, et avec cela présente une résistance marquée à la pression.

Mais c’est le mauvais état du tube digestif qui domine : ce sont des régurgitations fréquentes dès que l'enfant est enlevé du sein, ce qui dénote bien que l'estomac a pris plus qu'il ne pouvait contenir. D'ailleurs, entre les tétées, l'enfant ne tarde pas à vomir le lait qu'il a pris en trop grande abondance. Ces vomissements, indice d'un trouble gastrique, sont au contraire regardés comme favorables par les matrones qui s'appuient pour cela sur un vieux dicton aussi faux que possible, mais qu’elles ne manquent pas de mettre en avant: « Enfant vomissant, enfant bien venant. » |

La diarrhée ne tarde pas à s'établir, accompagnée de coliques, de fermentations intestinales qui se traduisent par des gaz fréquents. Les selles sont acides, d’odeur àcre ; on y retrouve parfois des fragments de caseum que l’estomac n'a pas eu le temps de digérer. Sous l’influence de leur acidité ilse produit un érythème quelquefois très prononcé de tout le siège. C'est là pour l'enfant une cause nouvelle de souffrances, qu'il traduit par son agitation et ses cris.

Enfin un aussi mauvais état ne peut qu'influencer fâcheusement son développement ; aussi la courbe de poids ne peut-elle que baisser progressivement, et on assiste ainsi au dépérissement complet du pauvre petit être.

Il en est tout à fait autrement de l'enfant soumis à une hygiène alimentaire régulièrement établie, et exactement observée. On ne le laisse au sein qu'un temps

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déterminé et toujours le même ; on ne l'y remet qu'après un laps de temps toujours identique à luimême. Aussi jouit-il d'un état général excellent: les tissus sont fermes et les chairs résistantes ; la face est ronde, le regard éveillé; la peau n’a aucune espèce d'éruption. Il n’y a que rarement des régurgitations et à peu près Jamais de vomissements. S'il s'en produisait parfois, ils ne sont nullement tenaces, tout à fait fugitifs et exceptionnels. Les selles sont homogènes, consistantes ; ne se produisant que trois à quatre fois les premiers mois. Les fesses ne sont pas rouges comme chez le suralimenté. Le ventre reste souple et légèrement rebondi.

Enfin l'enfant astreint à une hygiène alimentaire réglée sérieusement partage son temps entre le sommeil et les tétées. |

La courbe du poids enregistre ce bon état général en s’élevant progressivement et d’une façon régulière, parallèlement à la courbe type.

Nous devons dire pourtant qu'il peut y avoir des exceptions à cette règle générale ; que des enfants soumis à des tétées régulières dans Le temps et dans l’espace peuvent pourtant présenter des troubles digestifs et même dépérir.

Deux causes sont alors à incriminer :

1° La composition du lait de la mère peut ne pas convenir à l’état du tube digestif de lenfant. Nous avons dit précédemment combien c'était chose exceptionnelle, et combien il fallait se méfier avant tout d’un déréglement des tétées, l'examen du lait ne vient qu’en dernier lieu.

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La graisse ou la caséine peuvent être dans le lait en proportions insuffisantes : l'enfant alors dépérit, sans troubles gastriques; il faut recourir à l'allaitement mixte, au moins pour commencer — car il est probable que le

Jaitse fortifiera peu à peu.

La graisse ou la caséine peuvent être dans le lait en proportion trop fortes. Ce sont surtout les laits fortement beurrés qui entraînent chez le nourrisson des troubles gastro-intestinaux. La digestion en est particulièrement difficile et l’état général de l'enfant s’en ressent. Dans ce cas une analyse du lait est nécessaire : et la prédominance exagérée du beurre ayant été reconnue, il s’agit alors de modifier le régime alimentaire du nourrisson conformément à la variation de composition du lait de la mère.

On prescrit alors des tétées de durée plus courte, puisque les substances alimentaires sont plus concentrées. Quelquefois même, cela ne suffisant pas, et pour ne pas tomber à une quantité de lait par trop minime, qui ne donnerait pas assez de caséine à l'enfant, on peut avoir recours à un autre système: on prescrit quelques grammes d’eau bouillie à faire prendre avant chaque tétée: cela a l'avantage d'étendre un peu le lait de la mère, par conséquent de diluer la graisse d'autant.

Nous nous souvenons avoir vu à la consultation une femme W..., primipare, nous assurant donner le sein à son enfant âgé de 20 Jours exactement toutes les trois heures et durant 10 minutes chaque fois, ainsi qu'on le lui avait enseigné lors de son séjour dans la Clinique. Malgré cela l'enfant criait toute la nuit, était insupportable la journée, vomissait, avait une diarrhée rebelle ;

ses fesses étaient atteintes d’un érythème extrêmement marqué et très étendu ; des éruptions s'étaient produites sur tout le corps. En somme c'était indiscutablement un enfant suralimenté. La mère ayant beaucoup de lait, on prescrit des tétées de 8 minutes de durée. Puis cet. état persistant, on réduit les tétées à 5 minutes. Aucun changement bien sensible. On fit alors l'analyse du lait de la mère: 20 grammes de caséine et 44 grammes de beurre. La durée de chaque tétée fut abaïissée à 3 minutes ; on eut soin en même temps de faire prendre avant chaque tétée 10 à 20 grammes d’eau bouillie. Les troubles intestinaux disparurent peu à peu, avec quelquefois des retours offensifs. L'état général se rétablit et le développement put se faire normal.

M. Guiraud (consultation de M. Saint-Philippe à Bordeaux) a communiqué l'observation de deux càs de diarrhée et dyspepsie produites par un excès de graisse dans le lait maternel : les tétées étaient régulièrement réglées comme durée et comme intervalle. Les cris étaient continus ; pas de sommeil. Une des mère avait 50 gr. 8 de beurre dans son lait; l’autre 59 gr. 10. Guiraud supprime une tétée sur deux ; dix Jours après, pour le premier enfant, douze pour le second, la diarrhée disparaissait avec tous les troubles morbides et le poids augmentait.

Budin et Michel publient aussi des observations confirmant ces faits.

M. Babeau cite une nourrice qui avait 64 grammes de beurre par litre de lait, — l'enfant avait tous les signes de la suralimentation.

Bard a cité une nourrice qui avait 70 grammes de beurre par litre — ce qui paraît extraordmaire.

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Ces exagérations dans la teneur en graisse d'un lait peuvent tenir à une simple idiosynerasie. Mais on a encore accusé d’autres motifs : le défaut d'exercice, ou le repos exagéré chez une femme qui allaite auraient pour effet la production d’un lait trop gras. Lyon Playfair a étudié ce fait sur une femme qui tantôt développait une grande activité, tantôt vivait au lit. Au reste tout le monde sait bien qu'une vache fournit un lait plus riche en beurre quand elle reste à l’étable que lorsqu'elle est mise au pâturage. A. Gautier confirme ce fait que l'exercice appauvrit le lait en beurre.

Ludwig prétend qu'un lait trop gras serait souvent un indice de tuberculose chez la mère.

Enfin Roche à trouvé que le lait devenait plus riche en beurre au moment des règles de la mère, c'est peutêtre la cause des troubles survenant chez le nourrisson parfois aux époques cataméniales des mères réglées.

2° Les tétées restant parfaitement régulières dans le temps et dans l’espace, le lait avant une composition moyenne normale, il peut y avoir des troubles gastrointestinaux provenant de l'infection des voies digestives. Les drogues administrées aux enfants telles que sirop de chicorée, eau de fleurs d'oranger, ete. etc. en sont. souvent causes; el on ne saurait trop s'élever contre cette manie qu'ont les mères d'en faire usage. |

Au premier abord, il semble que l'allaitement au sein évite au nourrisson toute chance d'infection microorganique. — Dans la grosse majorité des cas, cela est vrai. Il arrive pourtant que des mères oubliant d’essuyer ou de laver leur mamelon après la tétée con-

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servent là des parcelles de lait qui s’aigrit peu à peu: il y a donc production de champignons, qui avalés par l'enfant au moment de la tétée suivante, vont déterminer une infection de son tube digestif.

Nous avons déjà fait remarquer combien fous ces cas étaient exceptionnels, on pourrait presque les laisser de côté complètement ; ils ne sont nullement faits d’ailleurs pour infirmer ce que nous avons cherché à prouver, à savoir : qu'une réglementation sévère et rationnellement établie est indispensable pour le bon fonctionnement du tube digestif du nourrisson.

Une hygiène alimentaire ainsi comprise permet de sauvegarder bien souvent l'allaitement maternel ; car les troubles gastro-intestinaux qui surviendraient sans elle, ne manqueraient pas d’être mis sur le compte d'une mauvaise qualité du lait de la mère ; prétexte excellent pour recourir au biberon.

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