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R. WURTZ. — PROTECTORAT DE LA CÔTE DES SOMALIS

points de stagnation d'autant plus nombreux que l'hygiène urbaine est, dans cette colonie, relativement négligée.

Les moustiques, il y a huit ans encore, étaient absolument mconnus à Djibouti. Mème à Ambouli, près des puits, à celte époque, je n’en ai jamais constaté la présence. Actuellement les moustiques s'y trouvent en abondance; ils se sont infectés, et des fièvres ont été contractées aussi bien à Ambouli qu'à Djibouti.

Les espèces recueillies par Brumpt et déterminées par Neveu Lemaire sont les suivantes :

1° À Djibouti :

Pyrelophorus costalis ;

Culex malosiensis ;

Culex pipiens ;

Slegomytia fasciala ;

Mansonia uniformis ;

Tœniorhynchus perlurbans ; 2° À Ambouli, près de Djibouti :

Anopheles funeslus (1) ;

Culexæ somaliensis ;

Culex pipiens ;

Slegomytia fasciala.

Dans le désert Somali, il existe certains points d’affleurement d'eau qui ont rendu de tout temps la région fiévreuse. À Beyadé, à une élape de chameau de Djibouti, les fièvres sont tenaces et très graves. Damerdjoz, à 8 kilomètres de Djibouti, sur la côte, dans la direction de Zeilah; Mullio, sur la même ligne, vers la frontière anglaise ; plus loin encore El-Kory, en pays anglais, sont dans le même cas. Les eaux de tous ces points, y compris Beyadé, sont saumâtres. D'après la croyance locale, les fièvres sont d'autant plus mauvaises que l’eau est saumâtre. Dans ces endroits, heureusement, les moustiques ne rencontrent pas les abris qu'ils peuvent trouver dans les cours ou autour des maisons. Ils ne pullulent et ne sont gênants autour des points d’eau que pendant la saison humide. Les Somalis souffrent d'ailleurs peu des moustiques, parce qu'ils résident toujours loin des points d’eau.

(1) Ce moustique est un des agents de propagation du paludisme les plus répandus en Afrique.

HYGIÈNE

E. MARCHOUX,

Médecin principal de 2° classe des troupes coloniales.

La détermination des règles de l'hygiène dans un pays donné nécessite la connaissance préalable des conditions de l'existence dans ce pays. Celles-ci sont sous la dépendance de deux grands facteurs, le climat et le milieu, dont l'action séparée ou commune intervient toujours dans la production des maladies. Si le climat dépend étroitement de la situation géographique générale, il peut cependant subir d'importantes modifications provoquées par des influences météorologiques ou par la configuration physique des terrains. Quant au milieu, il varie avec les races qui le composent et les mœurs de ces races. Pour conseiller des mesures d'hygiène dans l'Afrique occidentale, il nous faut donc en étudier successivement la disposition géographique, les climats, les populations et les maladies. Avec toutes ces données, complétées des connaissances éliologiques que la science a permis jusqu'ici d'élablir; nous essaierons d'arriver à la solution du vaste problème que l'hygiène se propose, la défense de la vie humaine.

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