TÉTANOS
très sévères et peuvent entraîner Jusqu'à 20 p. 100 et plus de mortahté. Elles sont heureusement limitées aux grands centres militaires voisins de la côte.
TÉTANOS. — C'est à des négligences ou à des fautes d'hygiène qu'il faut encore attribuer la fréquence des cas de tétanos survenant en Afrique occidentale. La quantité d'immondices qui entourent les villes et les villages ou qui constituent la vase des cours d’eau et des plages, l’absence d’écuries et la liberté laissée aux bestiaux qui vivent au milieu des villages, engendrent de toutes parts d’abondants dépôts de spores télaniques. Ea négligence que les Européens et les in tigènes apportent aux mesures de propreté, l'habitude de marcher pieds nus, les arêtes de poissons, les épines et les débris de toutes sortes qui, jetés partout, provoquent de fréquentes blessures, favorisent singulièrement l'infection. Le tétanos contracté fait chaque année de nombreuses victimes parmi les indigènes et quelques-unes parmi les Européens, mais le tétanos transmis enlève un nombre incalculable d'enfants. Les Ouolofs l’appellent « N'Diank, ou maladie du mauvais œil », parce qu'ils ont remarqué qu'elle accompagnait certaines matrones dans les cases où leur ministère les faisait appeler. Ces matrones, qui sont redoutées, parce qu'on les accuse de magie, ne sont coupables que de malpropreté. Au lieu de couper le cordon, elles le cisaillent avecles ongles, imitant, avec plus de chances de contamination, ce que font les animaux, qui le mâchonnent. Le nettoyage des mains est un luxe que ces femmes ignorent. Aussi ne faut-il pas s'étonner, quand on sait quelle difficulté peuvent avoir les chirurgiens à débarrasser leurs mains infectées des spores du tétanos, que ces accoucheuses transportent de maison en maison le bacille de Nicolaïer et qu'on les accuse d’avoir le mauvais œil. On pourrait plutôt être surpris qu'elles ne fassent pas un plus grand nombre de victimes. Une mesure s'impose, qui est d'enseigner la propreté à ces matrones ou, mieux, d'appliquer un règlement d'administration publique sur l'exercice de la médecine aux colonies, qui a été préparé autrefois par le ministère des Colonies et qui n'a jamais été promulgué en Afrique occidentale. Ce décret prévoyait la créalion d'une école de médecine pour indigènes et accoucheuses. Il ne s'agirait pas de donner à des élèves aussi primitifs des connaissances très étendues, mais surtout de réformer dans le sens de l'hygiène les pratiques qui sont transportées de villages en villages par les guérisseurs attitrés.
Dernièrement Vincent (1) a montré qu'on pouvait provoquer l’apparition de tétanos chez des animaux auxquels on n'avait inoculé ni le bacille de Nicolaïer ni des spores télaniques. On sait que des spores de télanos, débarrassées de toxine, ne germent pas dans l'organisme
(a) VincewT, Annales de l'Institut Pasteur, 1904,
et n'y sont détruites que très lentement. Une injection de quinine ou un début de coup de chaleur suffisent à vaincre la résistance que les cellules opposent à celle germination. Il pourrait donc facilement, aux pays chauds, se produire des cas de tétanos sans plaie infectée. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur leur fréquence à la côte d'Afrique. i
VARIOLE. — L'éducation des indigènes aurait aussi l'avantage de procurer d'abondants vaccinateurs, qui compléteraient l'œuvre entreprise en certains endroits depuis quelques années et diminueraient dans de notables proportions les ravages causés par la variole. Cette grave maladie, très répandue encore, fauche tous les ans un trop grand nombre d'existences dans ces pays, où la densité de la population est déjà si faible. Non seulement elle amène des décès, mais encore elle augmente les charges des villages par le grand nombre d’aveugles qu'elle laisse après elle. On est rapidement frappé en Afrique, ét spécialement dans la région musulmane, de celle masse d'aveugles de tous âges qu'on voit circuler dans les rues, se guidant de leur long bâton et implorant la charité publique sur un ton de mélopée.
TRACHOME. — La variole, il est vrai, n'est point l'unique cause de cécité: la conjonctivite granuleuse est loin d'être inconnue, notamment dans la zone désertique, el sa transmission est singulièrement facilitée par les mœurs locales. Enfin les conjonctivites à gonocoques interviennent également et sans doute pour une large part.
SYPHILIS ET BLENNORRAGIE. — Si la syphilis chez les noirs est restreinte dans son développement par l'habitude quasiment universelle de la circoncision, la blennorragie se montre au contraire avec une fréquence dangereuse. Traitée quelquefois chez l'homme, elle n’est jamais soignée chez la femme. Aussi n’a-t-on pas de peine à comprendre que la conjonctivite purulente fasse {ant d’infirmes.
ULCÈRE SERPIGINEUX. — Enfin, comme autre cause d’affecions oculaires, il ne faut pas oublier l’ulcère serpigineux de la cornée, commun comme les autres affections à pneumocoques. Entre les mains des sorciers ou des marabouls, 1l entraine {rop souvent la fonte de l'œil malade ou tout au moins l'opacité de la cornée dans le champ pupillaire.
Les affections parasilaires ou infectieuses de la peau sont facilement entretenues dans un pareil milieu.
ULCÈRE PHAGÉDÉNIQUE. — L'ulcère phagédénique, né souvent sur une pustule d'ecthyma, sévit à la fois chez les indigènes et chez les Européens.
TEIGNES — Des leignes spéciales, dont quelques-unes ontélé étudiées autrefois par Courmont sur de jeunes Sénégalais, couvrent la têle de presque lous les enfants noirs, au moins dans la zone déserque. Les enfants blancs n'en sont pas indemnes; ils les prennent à leur contact.
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Aussi fréquent est l’herpès circiné que les Européens reçoivent des femmes noires. Dans ces pays où la moindre irritation de la peau est douloureuse, il donne des démangeaisons pénibles.
GALE. — La gale est commune et persistante. Cest à peine si on la soigne. Elle affecte la forme boutonneuse et semble due à un sarcopte spécial dont la détermination n'a pas, croyons-nous, encore été faite. L'érylhrasma et l’intertrigo sont l’un et l'autre très répandus.