VI. — PATHOLOGIE SPÉCIALE
Presque toutes les maladies de la pathogénie européenne s'observent également aux Antilles; certaines d’entre elles, moins fréquentes et souvent moins graves qu’en Europe, ne présentant aucune particularité intéressante, ne nous arrêteront pas; d’autres touchent de trop près à l'hygiène de ces colonies, ou bien leur sont trop particulières pour ne pas faire l’objet d'une mention spéciale.
PALUDISME. — Comme dans tous les pays tropicaux, le paludisme est la grande endémie des Antilles, endémie qui semble autrement plus grave à la Guadeloupe qu'à la Martinique. A ce point de vue, la situation sanitaire de la Martinique n'est pas aussi mauvaise qu'autrefois; elle s'est certainement améliorée, tandis qu'elle estrestée à peu près stationnaire à la Guadeloupe.
Dans cette dernière colonie, contrairement à ce qui se passe à la Martinique, les différentes manifestations du paludisme figurent au premier rang dans les statistiques des entrées dans les hôpitaux.
En 1902, le paludisme à lui seul a causé 30 p. 100 des décès. En 1903, la morbidité paludéenne de la garnison a été de 763 p. 1000. Dans l'échelle de morbidité croissante du paludisme, pour toutes nos colonies, la Guadeloupe arrive la quinzième et dernière, avec la morbidité la plus élevée (763 p. 1 000), alors que la Martinique n’est classée que la septième avec une mordibité de 196,9 p. 1000 (1). Le fait avait déjà été signalé par Dutrouleau à l'époque où il écrivait (1850); alors le paludisme fournissait environ 30 p. 100 des entrées dans les hôpitaux de la Martinique et 64,8 p. 100 dans ceux de la Guadeloupe.
Dans ces deux colonies, c'est dans la zone côtière et surtout dans la partie basse que l'endémie est plus sévère, la Grande-Terre pour la Guadeloupe et la partie sud pour la Martinique.
Pour ne parler que des villes, Fort-de-France est beaucoup plus paludéenne que ne l'était Saint-Pierre; le paludisme, peu grave à la Basse-Terre, sévit avec une très grande intensité à la Pointe-à-Pitre et dans ses environs.
Aux Antülles, le paludisme diminue d'intensité avec l'élévation de l'altitude. Il se manifeste sans doute au camp Jacob, mais les cas observés ont été le plus souvent contractés à la côte. On a cependant observé des épidémies assez graves à la suite de grands travaux de terrassement entrepris dans les hauteurs des deux colonies. On rencontre au camp Jacob, comme à Balata, toutes les variétés de moustiques.
Les cartes des figures 47 et 48 permettent de se rendre compte de
(1) Statistique médicale des troupes coloniales, 1903.
la distribution géographique et de la gravité du paludisme dans nos colonies aux Antilles. Comme partout, ce sontles points les plus ma-
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