LA MARTINIQUE
dans la région côkère
Fig. 47. — Répartition du paludisme à la Martinique.
récageux et notamment les embouchures des rivières qui sont les plus paludéens.
Certaines îles, dépendances de la Guadeloupe, paraissentindemnes de paludisme. Le faitest assez rare pour être signalé (1). Les rares cas de paludisme constatés à Saint-Martin et surtout à Saint-Barthélemy provenaient de la Guadeloupe.
A Saint-Martin, il existe de nombreux étangs où pullulent les moustiques (Culex et Anopheles) (2).
Saint-Barthélemy, très salubre à tous les points de vue, joui d'un climat trop sec, à température élevée; 1l y tombe fort peu d’eau. Les culex et les anophèles y existeraient en grande quantité (3)
On rencontre aux Antilles toutes les formes du paludisme (rémittentes, intermittentes, pernicieuses, bilieuses, etc.). La forme hémoglobinurique, inconnue à la Martinique, est très fréquente à la Guadeloupe. Dans les régions nord et nord-est (Morne-àl'Eau, Canal, Port-Louis, la Pointe-à-Pitre, sur la Grande- Terre; Sainte-Rose, Deshaies, Pointe-Noire, Bouillante, Goyaves, à la Guadeloupe proprement dite), la bilieuse hémoglobinurique se manifeste avec une fréquence telle que plusieurs médecins considèrent les sels de quinine comme jouant un rôle important dans la pathogénie de cette manifestation. La vérité est que les Antillais de ces régions présentent une véritable idiosyncrasie et font de la bilieuse hémoglobinurique ou de l'hémoglobinurie quinique avec une singulière facilité: chez les uns, c'est l'intoxication paludéenne grave qui est en cause; chez les autres, c'est l’intoxication quinique qui intervient sans qu'il soit permis de considérer les deux manifestations comme identiques, et cela pas plus à la Guadeloupe qu'ailleurs. Dans cette colonie comme ailleurs, le paludisme grave est facteur de la bilieuse hémoglobinurique, qui ne se rencontre que dans les régions où l’endémie sévit avec intensité.
On constate à la Guadeloupe une manifestation fébrile, inconnue ailleurs, pensons-nous, c'est la fièvre à vomissements noirs des enfants. Cette affection, qui sévit exclusivement chez les enfants, est une fièvre rémittente accompagnée de vomilo negro, présentant certaines allures communes avec la fièvre jaune ; elle sévit cependant en dehors de toute épidémie amarile. On n'est guère fixé sur la nature de cette grave maladie, souvent mortelle, rattachée par les uns à la fièvre jaune, par les autres au paludisme (Dutrouleau- Guesde) (4).
FIÈVRE INFLAMMATOIRE. — FIÈVRE JAUNE. — La première affection présente un très grand intérêt au point de vue
(1) Depuis quelques années, le paludisme a augmenté sensiblement à Saint-Martin. (2) Mras, L'Ile de Saint-Martin. Annales d'hyg. et de méd. coloniales, 1906. (3) Rapports. Archives du service de santé des colonies. — Burn, L’Ile de a (