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DYSENTERIES

quelquefois dans le Haut-Tonkin. Toujours greffée sur l'impaludisme, elle paraît moins grave ici qu’en d'autres régions, telles que l'Afrique, par exemple. Rarement elle entraîne la mort.

Sa prophylaxie se confond avec celle du paludisme.

DYSENTERIES. — On rencontre en Indo-Chine diverses formes de dysenteries, très différentes par leur symptomatologie et par les lésions qu'elles déterminent. Il serait téméraire d'affirmer qu'elles sont, d’une manière constante, le résultat de l'infection du tube intestinal par Amæba histolytica. I est très probable que nombre d'entre elles relèvent soit du bacille de Shiga, soit d'autres agents encore inconnus. Ce que l'ont peut affirmer, c'est que la plupart sont dues à l'’amibe dysentérique.

Nous avons observé en Indo-Chine deux types principaux de la dysenterie. Dans l’un, la maladie éclate brusquement sans autres prodromes qu'une courte diarrhée prémonitoire. Les évacuations dysentériques s'accompagnent de fièvre et de douleurs vives, parfois de vomissements. La mort peut arriver au bout de quelques jours. Dans l’autre, la maladie évolue sans fièvre, ou avec peu de fièvre; il y a tendance à la chronicité. On observe des périodes d’accalmie alternant avec des poussées dysentériques aiguës. La durée est longue et, quand le malade meurt, l’autopsie révèle de nombreuses et profondes ulcéralions limitées à la muqueuse du gros intestin et généralement voisines du cæcum. Des travaux récents ont montré que ce type de dysenterie relevait généralement de l'infection par les amibes. C'est aussi celui-ci qui se complique le plus fréquemment d'abcès du foie.

Tandis que le paludisme sévit avec plus de rigueur dans les régions montagneuses et particulièrement dans la zone septentrionale de l’Indo-Chine, la dysenterie affectionne davantage la zone cochinchinoise. Aucune région de l'Indo-Chine n'est épargnée par l'endémie; toulefois la Cochinchine, le Cambodge et le Bas-Laos sont ses foyers de prédilection. Après ces Lerritoires, on doit placer les régions montagneuses du Tonkin et de l’Annam. Le delta du fleuve Rouge et les parties basses du littoral de l'Annam sont les régions les moins éprouvées.

Toutes lesraces indigènes sont aptes à contracter la dysenterie; la population infantile surtout lui paie un lourd tribut. La prédisposition est beaucoup plus marquée chez l'Européen que chez lAsiatique. Grall a établi que la mortalité par dysenterie, au Tonkin, dans le corps d'occupation, de 1886 à 1896, a été, toutes choses égales d'ailleurs, deux fois plus forte pour les Européens que pour les Annamites. Cette disproportion est encore plus marquée sous le climat cochinchinois où la morbidité, par dysenterie, des troupes européennes, est cinq à six fois plus élevée que sur les troupes indigènes.

La saison la plus favorable, dans toute l’Indo-Chine, aux manifestations dysentériques est comprise entre les mois de mai et d'août. Durant cette période, non seulement les cas ont leur maximum de fréquence, mais encore la maladie revêt l'allure la plus grave. On la voit d'ailleurs, en Cochinchine surtout, se manifester en toute saison de l’année.

Les germes de la maladie, qu'il s'agisse de dysenterie amibienne ou de dysenterie bacillaire, sont très souvent introduits dans l'organisme par l’eau de boisson. Il est à peu près certain que les légumes crus sont également une source fréquente d'infection. Enfin on doit admettre que les amibes spécifiques, sous leur forme enkystée, sont susceptibles d'être, introduits avec les poussières dans le tube digestif.

On a incriminé le transport du virus par les mouches et la transmission directe par les mains souillées au contact des malades ou de leurs effets. Bien que ces modes de propagation ne soient pas appuyés sur des faits précis, on doit les tenir comme possibles jusqu à ce que la question de la transmission ait été complètement élucidée.

En dehors de la cause efficiente, l'introduction du virus dans le corps, il est diverses causes occasionnelles dont l'hygiène doit tenir grand compte. Le microbe pathogène, en effet, peut exister dans le tube digestif sans produire fatalement l'état morbide. Pour déterminer cet état, un affaiblissement des moyens défensifs de l’organisme est souvent nécessaire, sinon toujours. Cet affaiblissement peut résulter des changements atmosphériques, du refroidissement, de la fatigue, d'une alimentation insuffisante ou malsaine, des écarts de régime, de l'alcoolisme, enfin de la déchéance physique qui accompagne d’autres maladies, le paludisme en particulier.

Nous avons vu que, hors du climat cochinchinois, ce sont les régions montagneuses, c’est-à-dire paludéennes, qui sont le plus favorables à la dysenterie. Il faut ajouter que, dans ces régions, la dysenterie est presque toujours une complication du paludisme.

Quelques auteurs ont cru devoir séparer neltement, pour des raisons tirées de la symptomatologie, les dysenteries des impaludés des dysenteries endémiques. Ce n’est pas ici le lieu de discuter la question; bornons-nous à dire qu'on ne serait autorisé à admettre ces distinctions que s'il était démontré que la dysenterie, consécuve au paludisme, relève d’un autre agent que celle observée sur des organismes non impaludés. Or, au moins en ce qui touche la dysenterie amibienne, on sait que cette forme, avec ses complications d'hépatite suppurée, n’est point rare chez des sujets affaiblis par le paludisme. Il est permis de penser que,pour ladysenterie, comme pour beaucoup d’autres affections microbiennes, les différences enregistrées par la clinique sont loin de traduire constamment une cause

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