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FIÈVRE TYPHOÏDE

débilité générale exposent à contracter la tuberculose. Celui chez lequel la maladie est déjà manifeste au moment où il arrive dans la colonie voit son état s'aggraver avec rapidité.

. Le delta du Mékong, avec son atmosphère chaude et humide, est particulièrement nocif à toute époque de l’année pour les tuberculeux. Le Tonkin est moins dangereux; cependant, si on excepte les mois d'octobre, novembre et décembre, son climat est fortement défavorable. Le climat côtier de l'Annam pendant la saison sèche est celui qui convient le mieux aux individus atteints où menacés de tuberculose.

Congestion pulmonaire. — La congestion pulmonaire accompagne fréquemment les crises paludéennes:; c’est surtout à titre de complications du paludisme qu'on l'observe. Les Annamites y sont particulièrement sujets.

Bronchites. — Les bronchites aiguës sont assez communes dans toute la colonie, tant chez l’indigène que chez l'Européen. Elles ont leur plus grande fréquence dans les régions montagneuses pendant la saison fraiche.

Bronchopneumonie. — La pneumonie franche ne paraît pas exister en Indo-Chine. Par contre, on peut obsever la bronchopneumonie chez toutes les races, avec une symptomatologie qui permettrait de l'identifier à la fluxion de poitrine.

Grippe. — La grippe sévit annuellement soit à l'état sporadique, soit avec une allure épidémique. Ses manifestations coïncident en général avec l'époque des changements de mousson: elles n’affectent pas un caractère grave.

ROUGEOLE. — DENGUE. — OREILLONS. — Rougeole. — La rougeole existe chez les races indigènes avec des caractères un peu différents de ceux qu'elle présente en Europe. On peut se demander s'il s’agit bien de la même maladie. Au Cambodge, à certains moments, elle revêt un caractère sévère et détermine des cas mortels. Elle sévit peu parmi les Européens.

Dengue. — La dengue peut s’observer en Indo-Chine, mais elle n'y naît pas sur place, sauf peut-être au Cambodge. Les épidémies, rares d'ailleurs, qui ont été observées avaient été généralement apportées par des équipages de navires.

Oreillons. — Les oreillons sont endémiques dans toute l’Indo- Chine. On a observé des épidémies en Cochinchine, au Cambodge et au Tonkin. La maladie est généralement bénigne. Les indigènes y paraissent plus sensibles que les Européens.

FIÈVRE TYPHOIDE. — Il semble que la fièvre typhoïde ait augmenté de fréquence en Indo-Chine, proportionnellement avec l'accroissement du nombre des Européens. Néanmoins elle se maintient à l'état de maladie exceptionnelle et non épidémique. Elle existe chez les indigènes, également à l'état de rareté. Si elle a été longtemps

méconnue en Indo-Chine, cela tient d'une part au petit nombre de ses manifestations, d'autre part à ce qu’elle était souvent confondue avec le paludisme et décorée du nom de typho-malarienne.

Il est probable que, dans un certain nombre de cas, son origine relève de la souillure des eaux potables. Cependant il s'en produit quelquefois à bord des navires de guerre qui stationnent le long des côtes, alors que l’on fait usage seulement d'eau distillée.

DIPHTÉRIE. — Quelques cas de diphtérie ont été relatés au Tonkin. Nous en avons observé un mortel chez un Européen, à Hanoï. Il est possible que, parmi la population indigène, il s'en produise plus fréquemment qu'on ne le suppose, avec un caractère de bénignité qui expliquerait comment les cas passent inaperçus. On sait que la diphtérie existe sous une forme assez bénigne sur la côte de Chine, non loin du Tonkin.

INSOLATION.-— Les races indigènes ne sont pas ou sont peu sensibles à l’insolation. Elle est à redouter pour l'Européen dans les diverses régions de l’Indo-Chine, et plus particulièrement dans la zone méridionale, en raison non d'une élévation plus grande de la température, mais de la tension de la vapeur d’eau atmosphérique. L'évaporation cutanée, sous ce climat, est moins active, et l'organisme emmagasine d'autant plus facilement le calorique des rayons solaires auxquels il est exposé.

On sait le rôle important du travail musculaire, de la marche en particulier, dans la genèse de l’insolation. Ce rôle a été mis en évidence durant les campagnes de Cochinchine, du Cambodge et du Tonkin, par la mortalité dans les troupes en marche, d'une façon telle que nous n'avons pas besoin d'y insister. Quatre-vingt-quinze fois sur cent, l'insolation se produit à la suite d’une marche forcée, accomplie pendant les heures chaudes de la journée. La prophylaxie de l'insolation consiste à éviter les marches prolongées, comme tout travail pénible au soleil, et à se garantir de l'action solaire par le port d'une coiffure appropriée. L'alcoolisme est une cause prédisposante.

ANÉMIE TROPICALE. — On a fort discuté sur l'existence de l'anémie tropicale en tant qu'état morbide indépendant. Le fait qui domine la question est celui-ci : tout Européen transporté dans une région tropicale à climat chaud et humide, telle que la Cochinchine, perd au bout d’un certain temps la coloration normalement rosée de la peau ; il acquiert un teint blafard et les conjonctives pâlissent. Il présente, dès lors, un état d'anémie apparente qui ne s'accompagne d'aucun trouble fonctionnel déterminé et qui persiste, sans altération sensible de la santé générale, pendant toute la durée de son séjour. Cel élat est indépendant et du paludisme et de toute autre affection caractérisée. Il ne paraît pas exister de lésion appréciable, ni de modification numérique marquée des éléments figurés du sang, si ce n’est dans des cas exceptionnels.

Pour expliquer cette anémie essentielle, on a invoqué : 1° l’atonie du foie caractérisée par la diminution de l’urée; 2° la diminution de l'activité respiratoire se traduisant par une diminution du volume d'air uülisé et des quantités de vapeur d'eau et d'acide carbonique éliminés ; 3° la diminution de la pression de l'oxygène atmosphérique, qui serait par suite fixé en moindre proportion par les globules ; 4 une action de la haute température qui déterminerait l’anémie tropicale, comme la chaleur des chambres de chauffe détermine l'anémie des chauffeurs.

On ne peut n1 refuser toute valeur à ces explications théoriques, ui leur accorder plein crédit. Cependant un autre facteur nous parait jouer un rôle prépondérant dans l'acquisition du teint cochinchinois, ce sont les modifications de la flore intestinale et du fonctionnement du tube digestif.

Les climats qui déterminent le plus régulièrement et le plus rapidement l’anémie tropicale sont ceux où les Européens, nouveaux arrivés, éprouvent avec le plus de fréquence des troubles digestifs. Ces troubles apparaissent chez tous les arrivants en Cochinchine et au Cambodge. Ce sont tantôt des diarrhées ou des constipations passa gères, tantôt des digestions pénibles, tantôt un simple changement dans la coloration des selles. Les fermentations intestinales sont modifiées et jettent dans l'organisme de nouveaux produits toxiques. Il est rationnel d'attribuer à cette intoxication chronique une large part dans l’étiologie de l’anémie essentielle des pays chauds.

Au point de vue de la rapidité et de la régularité avec laquelle s'élablit cette anémie, on constate une différence frappante entre l'influence du climat tonkinois et celle du climat cochinchinois. Sous le premier, où les troubles gastro-intestinaux sont moins fréquents, beaucoup d'Européens conservent leur teint normal. Sous le second, où aucun arrivant n'échappe aux perturbations du fonctionnement du tube digestif, l’anémie tropicale n'épargne aucun Européen. Elle peut même, chez certains, aboutir à un état de déchéance qui crée la réceptivité pour toutes les affections endémiques graves.

Pour nous, l'anémie dite tropicale, quand elle ne succède pas à une maladie caractérisée, paludisme, dysenterie, métrite, hépatite, etc., relève de troubles gastro-intestinaux discrets, d'origine microbienne.

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