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HYGIÈNE DE L'EUROPÉEN DANS LA COCHINCHINE

légumes doivent être consommés cuits. En raison de la fréquence du tænia inerme chez le bœuf, cette viande doit toujours être très cuile.

L'usage du vin aux repas est à recommander, pourvu que le vin soit de bonne qualité et pris en quantité modérée. On doit le supprimer s'il survient de la dyspepsie.

L'eau et le lait ne doivent être consommés qu'après avoir subi l'ébullition.

Le thé très léger remplace avantageusement l’eau, soit au repas, soit en dehors.

En résumé, l'hygiène de l'Européen sous les climats tonkinois et annamile consiste à éviter le surmenage, les refroidissements et l'intempérance. S'il ajoute à l'observation de ces règles fondamentales les précautions spéciales contre les endémies régnantes, paludisme, dysenterie et choléra, il peut supporter impunément de très longs séjours.

HYGIÈNE DE L'EUROPÉEN DANS LA COCHINCHINE, LE CAMBODGE ET LE BAS-LAOS. — Ces régions constitutives de la zone méridionale de l’Indo-Chine sont moins que le Tonkin et l’Annam hospitalières à l'Européen. Très vite après son arrivée, il éprouve une notable diminution d'énergie et d'activité. Le repas de midi est suivi d'une sensation de lourdeur et de lassitude qui l'invite à dormir. S'il ne réagit dès le début contre cette tendance, il contracte l'habitude de la sieste et ne peut bientôt plus s’en défaire. Cette habitude n'a rien de nuisible si la sieste est courte. Prolongée, elle contrarie les fonctions digestives et n’est plus suivie de la même sensation d’allègement etde bien-être. En outre, le besoin de sommeil nocturne se manifeste tardivement. De là les habitudes de veilles prolongées auxquelles invitent encore la tiédeur exquise des soirs et l'insuffisance du repos de la nuit.

Vêtement. — Le vêtement blanc est classique sous ce climat: il doit être complété par le casque en toute saison. L'usage de la ceinture de flanelle est à recommander pour la nuit, principalement à l'époque où les variations nychthémérales sont accusées.

Le refroidissement abdominal, déterminé par l’abaissement thermométrique nocturne, est, nous l'avons dit, une cause occasionnelle commune des diarrhées, de la dysenterie et du choléra, qui sont particulièrement à redouter pour l'Européen dans toute cette zone. Aussi bien au Cambdoge et au Laos qu'en Cochinchine, l’attenlion des colons et des militaires doit être spécialement attirée sur le danger de ces abaissements nocturnes de la température, el sur la nécessité d'y parer par des modifications appropriées du vêtement.

Alimentation. — Tout ce que nous avons dit à propos de l'alimentation au Tonkin doit s'appliquer ici avec plus de rigueur. La

sobriété est, sous ce climat, la principale garantie de la santé. Il ne faut pas entendre par là que l'Européen ait avantage à adopter le régime alimentaire indigène. Cette théorie, qui a été soutenue par divers auteurs et mise en pratique par les missionnaires, nous parail, d'après les exemples que nous avons eus sous les yeux, donner de fort mauvais résultats. L'Européen, pour conserver sa vigueur, doit consommer de la viande, user du pain de préférence au riz et varier son alimentation de la même façon que dans son pays natal. Lamodération dans la quantité d'aliments et dans l'usage du vin, les précautions relatives à la purification de l'eau et des légumes, la régularilé des repas, sont les conditions essentielles auxquelles il doit se soumettre.

Rapatriement. — En dépit d'une bonne hygiène, il est peu d'Européens qui ne soient sensiblement débilités au bout d'un séjour de deux ou trois années dans la zone cochinchinoise. Il est alors nécessaire qu'ils s'en éloignent pour une certaine durée. L'expérience montrera quel bénéfice ils peuvent tirer d'un séjour au sanatorium de l’'Annam; on peut espérer que ce sanatorium procurera à nos compatriotes les mêmes avantages qu'aux Anglais ceux de l'Inde. Le plateau du Lang-Bian parait même posséder un climat supérieur à celui des stations célèbres de Darjeeling et de Simla. Il est à présumer qu'il permettra aux colons, fonctionnaires et militaires, de prolonger sans péril leur période de séjour en Indo-Chine. A défaut de ce moyen, le rapatriement périodique s'impose. Il est remarquable que l'Européen, après avoir passé quelques années en Cochinchine, ne se rend nullement compte de la déchéance subie par son organisme. S'il n'est averli par son médecin et s'il évite de quitter la colonie, il s'aperçoit trop tard de cette déchéance, par la facilité avec laquelle il est atteint par la diarrhée ou la dysenterie. En règle générale, même s'il conserve une santé parfaite en apparence, tout Européen appelé à vivre sous la zone cochinchinoise doit, après trois années de séjour, passer six mois dans un climat tempéré. Cette période de convalescence suffit, dans la plupart des cas, à lui restituer sa vigueur première et à lui permettre de reprendre l'existence coloniale.

Assistance médicale. Hospitalisation. — Toutes les villes indo-chinoises sont pourvues d'hôpitaux militaires, très bien installés pour la plupart, où sont également admis les colons et les fonctionnaires. On peut citer comme des modèles d'hôpitaux coloniaux ceux de Saïgon, Hanoï, Quang-Yen. Les infirmeries des postes militaires éloignés des grandes villes reçoivent également les malades européens civils. Enfin il existe un certain nombre de postes, dépourvus de garnison, qui possèdent leur infirmerie européenne et leur médecin. Cinq ou six villes importantes sont desservies par des médecins civils. Partout où ceux-ci font défaut, les médecins

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