ILE NOU
Fig, 62. — Carte médicale de Nouméa et ses environs,
spécial. La situation de cet hôpital est excellente. Il est surélevé, près du bord de la mer, qui reçoit toutes ses eaux résiduaires. On y lraile en moyenne de 60 à 70 malades.
A cet hôpital sont annexés un laboratoire de bactériologie en rapport avec tous les services médicaux de la colonie, un office vaccinogène et une grande étuve fixe à désinfection par la vapeur.
L'hôpital de l'ile Nou (hôpital du Marais), appartenant à l'Administralion pénitentiaire, se compose de six vastes bâtiments comprenant chacun deux salles de 20 lits et au total 320 lits. Cet hôpital comprend en outre un asile d’aliénés, où l'on compte 55 inlernés en moyenne. Trois infirmeries existent à l'ile Nou, auprès des différents camps de détention. Enfin, à la presqu'île Ducos, existe un asile pour les impotents et les vieillards appartenant à la catégor.e des hbérés.
L'ile des Pins possède l'hôpital central de la relégation : celle-ci dispose de 80 lits avec des salles pour les femmes et un pavillon spécial pour le personnel libre.
À Bourail (côte ouest), on trouve un hôpital de 36 lils pour les transportés et les concessionnaires (1).
Des infirmeries existent d’ailleurs sur tous les centres miniers où l'on emploie des condamnés et dans les postes relevant de l’administration militaire ou pénitentiaire. Dans un grand nombre de ces postes, où le petit nombre des habitants rend pour longtemps encore impossible l'existence d'une pharmacie, des dépôts de médicaments ont été créés sur l'initiative du chef de service de santé Primet, en 1900. Ces dépôts, confiés à des habitants honorables, fonctionnent sous la surveillance directe du médecin du poste.
Un certain nombre de léproseries ont été créées en divers points de lile (fig. 61) pour les indigènes; mais ces léproseries, mal situées, dans le voisinage des tribus, n'ont que des barrières fictives, et la puissance des liens de famille ou d'amitié, l'insouciance naturelle, l'ignorance de loute discipline chez les Canaques s'opposent à ce que l'isolement des lépreux soit pratiqué d'une façon rigoureuse.
Une grande léproserie dirigée par un médecin du corps de santé colonial a été créée à l’île Art (Bélep) pour les lépreux de l'Administration pénitentiaire. Un vapeur en assure tous les mois les communications nécessaires avec la Grande-Terre.
Enfin, un lazaret (fig. 63), admirablement situé sur l'ilot Freycinet, hors de la rade de Nouméa et à proximité du port, peut recevoir, en cas de maladie épidémique, les passagers des grands paquebots ou les convois d'immigrants. Ce lazaret dispose de tous les moyens modernes de désinfection (étuves à vapeur, gaz Clayton, etc.).
Le service sanitaire de la colonie est placé sous la haute autorité du gouverneur et du chef du service de santé. Les mesures de défense
(1) Nom donné aux condamnés en cours de peine ayant obtenu une concession de Lerrain à cultiver de l'Administration, qui leur garantit une certaine liberté.
SALUBRITÉ DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE. f 1 —497
sanitaire sont prises soil sur la proposition de ce dernier, soit sur celle du Comité local d'hygiène et de salubrité publiques.
Les indigènes malades à Nouméa sont reçus à l'hôpital de l'Orphelinat. Comme ils n'ont pas d'état civil, il est impossible d'avoir des
Fig. 63. — Lazaret au port de Nouméa {ilot Freycinet).
notions précises sur la morbidité et la mortalité annuelle parmi eux.