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DESTRUCTION DES MOUSTIQUES

fait disparaitre la malaria. De même, la création de marais a souvent déterminé une recrudescence de fièvres intermittentes (1).

Il faut savoir aussi qu'on peut arriver à un bon résultat, au point de vue de la disparition du paludisme, en faisant, lorsque cela est possible, passer un courant d'eau en détournant une rivière, à travers des marais ; l’eau cesse d'être stagnante. C’est ainsi que toute la région des tourbières d'Amiens à Abbeville, dans la vallée de la Somme, a été assainie. Les fièvres intermittentes, très communes il y a trente ans, ont complètement disparu.

Dans certains cas, quand les rivières ou fleuves sont à eau très limoneuse, le dépôt de ce limon comble au bout d'un certain temps les marais. C’est le procédé dit du cotmatage (étangs de Narbonne et de Vic).

L'assainissement par les eucalyptus et autres arbres à croissance rapide a été étudié ailleurs.

Autour des habitations, tous les réservoirs inutiles, vieux tonneaux, baquets, boîtes de conserves éventrées, doivent être détruits. Ce sont des foyers à moustiques. Il en est de même des bois touffus, des buissons ou massifs qui doivent être proscrits des environs des habitations en pays palustre.

2° Destruction des larves de moustiques. — On peut employer, pour détruire les larves de moustiques, différents moyens.

Mécaniquement. — En imprimant à l'eau un mouvement artificiel. Howard a obtenu, à San-Diego du Texas, de bons résultats en employant des roues à eau, mues par de petits moulins à vent placés à la surface d'un étang.

Chimiquement. — Le meilleur moyen de détruire les larves de moustiques est de verser à la surface de l’eau où elles se reproduisent une mince couche d'huile de pétrole, dans la proportion de 15 centimètres cubes de pétrole par mètre carré.

Le modus operandi est le suivant : il ne faut pas verser le pétrole directement sur l'eau, mais promener un chiffon, placé au bout d'une perche et imbibé de pétrole, à la surface de l'eau. Le pétrole s'étend bien, et on en perd ainsi beaucoup moins. Le pétrole ordinaire est la substance la plus pratique. Elle ne coûte pas cher et on en trouve partout. Le permanganate de potasse est trop coûteux, s'il s’agit d'une grande masse d’eau.

Les poissons dévorent une grande quantité de larves de moustiques. Certaines espèces moucheronnantes, en particulier le chevesne, qui vit en étang, et le Cyprinus erythrophtalmus, qui pullulent rapidement, pourront rendre de bons services.

3° Destruction des moustiques à l’état ailé. — Les désinfectants gazeux sont à citer en premier. L'anhydride sulfuré

(1) Voy. Brouarnez, CnanxTEuEsse et Mosxx, Traité d'hygiène, fascicule XVI.

tue très bien les moustiques, comme les autres insectes, mais l'emploi de ce gaz, soit qu'on brûle du soufre, soit qu'on emploie les appareils Clayton ou Marot, n'est guère pratique dans les maisons ordinaires, à moins que les portes et fenèlres ne soient garnies de grillages. Au contraire, à bord des navires, l'acide sulfureux constitue le procédé de choix.

Les vapeurs de formol n'ont presque aucune efficacité pour la destruction des insectes.

La poudre de pyrèthre stupéfie les moustiques plutôt qu'elle ne les tue. On peut l'employer en saupoudrant les murs et objets mobiliers contenus dans les chambres, ou bien encore en brûlant des boulettes. faites avec cette poudre mouillée, puis séchée (/idibus). Dans les habitations, une personne doit être spécialement attachée à la chasse aux moustiques, qu'il est facile, surtout dans les maisons grillagées, de tuer le matin sur les murs et les plafonds blancs ou sur les vitres et sur les moustiquaires. ,

PROTECTION CONTRE LES PIQURES DES MOUSTIQUES. — En dehors du choix de l'habitation, qui devra être autant que possible située sur une hauteur, dans un endroit bien ventilé et le plus loin possible de cours d’eau, de marais et de forêts ou même de bosquets d'arbres, on doit se protéger mécaniquement contre l'approche des moustiques.

Pour cela, on a employé depuis longtemps dans les pays chauds et humides, où les moustiques pullulent, les moustiquaires. Bien faites, elles sont en tulle bien blanc, à mailles suffisantes, pas trop étroites pour laisser respirer, et supportées sur un cadre carré, dont le plafond soit à portée de la main, et qui épouse le pourtour du lit. Le bord inférieur doit rentrer sous les matelas, sauf le côté par où l’on entre. Il faut la vérifier souvent à cause des déchirures et des trous.

En campagne, on est obligé d'avoir des moustiquaires portatives plus petites.

1° Grillage des habitations. — Le grillage systématique de tous les orifices d'une habitation constitue le progrès le plus notable qu'on ait fait vis-à-vis de l'infection par les moustiques. Il était employé dans le midi de la France depuis longtemps contre les taons et les mouches. Les expériences célèbres de Grassi et Celli et d'autres médecins italiens, de Sambou et Low, ont mis l'efficacité de ce moyen hors de doute. Il est rendu obligatoire dans les pays palustres pour tous les employés et ouvriers du Gouvernement italien.

Une habitation peut être protégée totalement ou seulement en partie. Dans ce dernier cas, qui est moins coûteux, la protection est bornée aux chambres à coucher. Elle porte sur les fenêtres et sur les portes.

Fenêtres. — Le grillage des fenêtres ne doit pas empêcher

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