PROTECTION CONTRE LES PIQÜRES DES MOUSTIQUES
l'ouverture des fenêtres ou le bon fonctionnement des volets. On arrive à ce résultat en clouant le long du dormant de la fenêtre un cadre en bois portant la toile métallique. Ce cadre est divisé en deux par un barreau horizontal. La partie inférieure du cadre métallique, munie de charnières, est mobile autour de ce barreau et peut être ouverte en la poussant de l'intérieur ; deux tasseaux en bois la maintiennent en place une fois fixée.
Portes.— La difficulté, pour les portes, est d'éviter l'introduction des moustiques au moment où l'on pénètre dans l'habitation. On y arrive en plaçant devant chaque porte un tambour en toile métallique. Si la protection est totale, toutes les portes en seront munies; sinon, celles des chambres à coucher seulement.
Les toiles métalliques doivent être de bonne qualité, en fil solide d'un métal non oxydable. Le cuivre remplit ces différents desiderata, mais il est cher. Les toiles en fer galvanisé résistent un peu moins à l'oxydation, mais ne coûtent que 1 fr. 75 le mètre carré.
Faute de toiles métalliques, on peut employer, comme moyen de fortune, le tulle des moustiquaires que l'on clouera sur des cadres.
2° Protection en plein air. — Il existe des cas où l'on est obligé de passer la nuit en plein air, dans des régions impaludées. Un exemple frappant de propagation du paludisme par des individus placés dans ces conditions (gardes de nuit) a été donné à Madagascar. Les hauts plateaux étaient indemnes de paludisme: depuis les travaux du chemin de fer, l'immigration des hauts plateaux à la côte a ramené une quantité d'individus impaludés dans leur village. La garde de nuit du village est une nécessité, imposée par la fréquence des brigandages. Or, les moustiques, piquant des gardes de nuit impaludés et non guéris, ont malheureusement rendu l’impaludisme endémique dans les régions des hauts plateaux, jusqu'alors absolument indemnes (Fontoynont).
Dans ces cas, il suffit d'un peu de soins et de bonne volonté pour éviter l'infection. En Italie, en Corse et même en France, on utilise un cylindre en gaze verte (le tulle ordinaire rend exactement les mêmes services) fermé à ses deux extrémités par un élastique. Ce manchon de tulle est fixé au pourtour du chapeau et au col de l'individu.
Des gants épais en coton protégeront les mains. Quant aux autres parties du corps, elles devront être recouvertessoigneusement. Chacun sait que les moustiques piquent les jambes et les cuisses non revêtues de caleçons à travers les complets coloniaux, et les chevilles à
travers les chaussettes de coton.
3 Protection de la peau par des enduits ou pommades. — Si on peut empêcher les parasites (puces, punaises, poux) de piquer la peau en l'enduisant de pommades antiseptiques, il faut avouer
que, contre la piqûre des moustiques, aucune pommade ne s'est montrée jusqu'à présent efficace (1).
Enfin, dans les chambres, on pourra utiliser, pour écarter les moustiques, les ventilateurs à ailettes qui sont utilisés depuis quelques années seulement, et qui pourront rendre à ce sujet des services en dehors du réel confort qu'ils donnent, en apportant, surtout pendant les repas, comme les potukas, une sensation de fraicheur agréable (2).
PROTECTION DES INDIVIDUS INFECTÉS CONTRE LA PIQÜRE DES MOUSTIQUES. — Les moustiques, à quelque espèce qu'ilsappartiennent, ne sont dangereux que quandils sontinfectés. Ils ne puisent de contage, qu'ils’agisse de malaria, de fièvre jaune ou de filariose, que dans le sang d'individus malades. Il est donc de toute importance de protéger les individus, quoique malades, au point de vue prophylactique, contre la piqûre de culicides sains, c'est-à-dire qui ne sont porteurs d'aucun germe morbide. Pour cela. la seule mesure efficace est de pratiquer l'isolement rigoureux, sous moustiquaire ou sous châssis métallique, de tout individu infecté. Cet isolement ne peut se pratiquer, dans l'immense majorité des cas, qu'à l'hôpital et s'effectue rigoureusement dans les cas d'épidémie de fièvre jaune. Quand il n'existe ni moustiquaire ni grillage, la protection de l'individu malade contre la piqûre des moustiques peut cependant être réalisée dans une certaine mesure en fermant sans délai les portes et les fenêtres de la chambre qu'il occupe et en veillant soigneusement à ce qu'aucun insecte ailé, enfermé dans la chambre, ne puisse s'échapper, et en les tuant dans le plus bref délai.
Pour ce qui est du paludisme et de la filariose, le problème est infiniment plus complexe, étant donnée l’endémicité de ces deux maladies.
Il n'en reste pas moins vrai que, si celte mesure prophylactique était appliquée dans les pays notoirement insalubres, qu'il s'agisse de malaria ou de filariose, les résultats remarquables, extraordinaires, que l’on a obtenus au sujet de la fièvre jaune seraient atteints, et dans les mêmes proportions, étant donné que les causes de transmission et que la prophylaxie sont, dans ces trois cas, absolument identiques.
Tout ce qui précède s'applique indistinctement aux trois grandes maladies propagées par les moustiques. Ilexiste cependant quelques prescriptions particulières à chacune de ces grandes infections que nous allons maintenant détailler.
(1) Les Lapons Finlandais s'enduisent le visage et les mains de goudron au printemps.
(2) Les ventilateurs à ailettes doivent être mus par l'électricité ou par des poids,
comme une horloge, pour être efficaces. Ceux qui sont à mouvement d'horlogerie ne servent à rien.