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V. — MALADIES EXOTIQUES D'’ORIGINE ALIMENTAIRE

BÉRIBÉRI. — La pathogénie du béribéri est actuellement inconnue. La prophylaxie semblerait donc un problème impossible à résoudre. Il n'en est cependant rien. L'application des règles d'hygiène générale suffit à enrayer les épidémies de béribéri.

L'épidémie de béribéri exige les mesures les plus énergiques. On pratiquera tout d’abord l'isolement de la façon la plus rigoureuse. Le ou les malades seront de suite retirés de l'endroit où ils se trouvent, camp, village, prison, vaisseau, et envoyés le plus loin possible du point où sévit l'épidémie. Laisser un individu atteint de béribéri dans l'endroit où il a contracté la maladie, c'est, dit Manson, comme si on laissait un alcoolique enfermé avec un fût de cognac.

Si c’est en mer, on sortira le malade de l’entrepont, on le placera dans un endroit plus aéré, et dans les meilleures conditions de confort possible.

A terre, on l’'évacuera dans un endroit élevé, ou à un étage le plus élevé possible d’une maison, on le couchera le mieux possible, dans une chambre bien ventilée. Au point de vue alimentaire, il y a fort peu de temps, le riz était proscrit. Voici ce que l’on ordonnait à ce sujet :

Mesures préventives. — « Le riz sera complètement et immédiatement supprimé de son alimentation, on lui donnera une nourriture azotée et un régime varié. »

Si le béribéri a éclaté dans une agglomération (troupes, travailleurs indigènes), on supprimera le riz et on doublera les rations.

La suppression du riz, cause probable, doit être radicale et complète. « Les premiers intéressés, les indigènes, préfèrent le riz au pain ou à toute autre denrée ; ils essayeront par tous les moyens d'éluder une mesure qui les prive de leur aliment favori. »

D'autre part, les employeurs des travailleurs indigènes, par mesure d'économie, chercheront à écouler, au bout de quelque temps, si la situation sanilaire s'améliore, le riz suspect. L'autorité sanitaire devra veiller à ce que ses prescriptions, en ce qui concerne la suppression du riz, soient rigoureusement exécutées.

Voici, d'après Hébrard, le résumé détaillé des mesures à prendre :

1e Veiller minutieusement à ce que toutes les agglomérations d'individus de races colorées soient traitées humainement et soumises à une bonne hygiène. Préposer les autorités médicales à cette surveillance ;

2° Dans les pays où le béribéri est endémique, charger l'autorité sanitaire d'établir un certificat constatant l'absence d'indigènes béribériques parmi les passagers et les hommes d'équipage. Veiller à la bonne qualité des riz importés.

Mesures en cas d’épidémie. — 1° Suppression radicale du riz dans l'alimentation. Introduction de vivres frais ;

2° Remplacer le riz par des rations alimentaires supérieures à celles qui étaient données auparavant; 3° Isoler rigoureusement les malades. Évacuer et désinfecter les locaux ;

° Appliquer rigoureusement les règles d'une bonne hygiène générale.

Actuellement et surtout depuis les travaux de Travers, il semble que le développement du béribéri soit indépendant de l'alimentation par le riz, décortiqué ou non.

LATHYRISME. ATRIPLICISME. EMPOISONNEMENT PAR LA FARINE DE MANIOC. — La prophylaxie de ces empoisonnements ne comporte qu'une indication : la suppression de l'aliment toxique (farine de gesse pour le lathyrisme, pousses d'aroche pour l’atriplicisme). Quant à la farine de manioc ou cassave, on sait que c'est le jus du tubercule frais contenant de l'acide prussique qui est toxique. Il suffit donc de faire cuire la pulpe râpée pour éviter oi risque d'empoisonnement.

HYGIÈNE

DE , - L'AFRIQUE SEPTENTRIONALE PAR EDMOND SERGENT, ET ÉTIENNE SERGENT Préparateur à l’Institut Pasteur de Paris. Médecin de colonisation hors ie.

L'étude de l'hygiène spéciale de l'Afrique septentrionale comporte en premier lieu la connaissance des conditions de milieu présentées par ce pays, de l'acclimatement qu'il nécessite et de sa pathologie propre. Elle offre ensuite à considérer l'hygiène des immigrants européens, colons ou militaires, et celle des indigènes.

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