‹ hygiene colonialeChapitre 33 sur 251 · AIR (MÉTÉOROLOGIE · texte numérisé non relu

AIR (MÉTÉOROLOGIE

Mais il paraît préférable d’user des deux seuls termes Tell et Sahara, comme le font les indigènes, en comprenant dans le Tell tout le pays cullivable, où habite l'agriculteur sédentaire, et dans le Sahara tout le reste, le pays fauve des nomades pasteurs. On a ainsi une notion plus juste de ce qu'est l'Algérie colonisable et habitable par les fils d’Européens; nous ne pourrons peupler le pays que jusqu'aux limites du Tell #Tiaret, Boghar, Batna.

EAUX. — Le rapprochement des montagnes de la mer, leur peu de hauteur, qui les empêche d'emmagasiner assez d'eau pour nourrir de grands fleuves, ont privé l’Algérie-Tunisie des artères fluviales qui enrichissent les pays agricoleset qui sont loin de manquer au Maroc, où des châteaux-d’eau situés à près de 5000 mètres assurent aux vastes plaines de l’ouest une irrigation constante. Les oueds algériens et tunisiens, à l'exception de la Medjerda dans son cours tunisien, ont un régime hivernal qui est celui des torrents, et un régime estival qui les transforme en des séries de flaques ou de petits bras d'eau stagnante, gîtes à moustiques.

De grandes cuvettes sans écoulement forment de dangereux marais infestés de moustiques. Ces marais s'établissent soit à l'embouchure de certains oueds {la Macta, la Medjerda), soit dans les basfonds : lac Halloula, lac Fezzara, lac Oubéira; autant de noms qui rappellent les points les plus palustres de l’Algérie-Tunisie. Quand ces lacs sont salés (Sebkha, Chott), ils n’offrent pas aux Anophélines d’abris aussi favorables.

Il. — AIR (MÉTÉOROLOGIE).

TEMPÉRATURE. — Sous le rapport de la température, le littoral se distingue du reste de l’Algérie-Tunisie ; le climat de cette bande de territoire de 80 à 100 kilomètres de largeur est soumis à l'action de la mer. Aussi la température y est-elle toujours douce et l'écart Loujours faible entre ses maxima et ses minima. En été, elle oscille de 20 à 30°, en hiver de 8 à 15°. On ne voit de neige, à Alger, que tous les quinze ans. La température de la nuit est à peu près la même que celle du jour, en toutes saisons ; la différence mesure de 5 à 10°.

Dans l'intérieur du pays, au contraire, sur les Hauts-Plateaux et dans le Sahara, les températures sont extrêmes; la différence thermique entre le jour et la nuit est considérable. Sur les Hauts- Plateaux, les oscillations saisonnières sont très accusées : en hiver, on constate de — 5° en moyenne à + 10° en moyenne, en été de 12°

à 35°. Dans le Sahara, en hiver, de 0° à + 17°, en été de 24 à 45°. La variation diurne est en moyenne de 20°, mais elle peut être béaucoup plus grande. I faut noter que, contrairement à l'opinion courante, il

fait froid au Sahara en hiver et même l'été la nuit. On a relevé, au désert, des températures inférieures à 0 (— 7° à Ghardaia). HUMIDITÉ. — Sur le littoral, l'humidité relative passe de 75 p.100 en hiver à 70 p. 100 en été; sur les Hauts-Plateaux, de 70 p. 100 en hiver à 38 p. 100 en été, et, dans le Sahara, de 60 p. 100 en hiver à 28 p. 100 en été.

Le littoral est couvert de brumes qui stagnent presque tous les matins jusqu'à l'heure où se lève la brise de mer qui les dissipe. L'évaporation est légère sur le litloral, le voisinage de la mer créant un état de saturalion de l’air. Elle augmente sur les Hauts-Plateaux et aussi au Sahara avec l'altitude et avec l'éloignement de la mer. PLUIES. — Ce sont les vents d'ouest, nord-ouest et sudouest qui apportent les pluies en Berbérie, après s'être chargés d'eau sur la vaste nappe de l'Atlantique. Le régime de ces pluies est commandé par la configuration du pays, entre la Méditerranée, bassin d'évaporation, et le Sahara, pays sec. De plus, elles sont

L'ünile de a colonrsation |:

: ct du peuplement possibles .

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ut | pi :

(200 Oued Ghuir .. | D ÉTAT me Te | Fig. 28. — Carte des pluies de l'Algérie-Tunisie.

influencées par le voisinage de l'Espagne et par l'avancement de la côte vers le nord enallant de l'ouest à l’est. Il faut aussi tenir compte des altitudes : le grand Atlas marocain accroche une quantité de nuages qui le couvrent de neiges peut-être éternelles, et c'est autant d'eau perdue pour l'Algérie-Tunisie plus basses. On doit enfin considérer l'exposition : la plaine du Chéliff, bordée au nord par le relief du Dahra, reçoit peu de pluies; les barrières des Atlas empêchent les pluies d'aller aux dépressions des steppes.

Somme toute, beaucoup de pluie sur le littoral; alors qu'on en relève 51 centimètres à Paris, Alger en a 76 centimètres, et la Kabylie 1 mètre. Mais, au sud, elle devient rare, sur les Hauts- Plateaux de 16 à 20 centimètres en moyenne.

Il existe du reste une grande différence entre les pluies de

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l’Europe et les pluies de Berbérie : en France, elles sont en général lentes et pénétrantes. En Algérie-Tunisie, soudaines et violentes, elles ruissellent et n’imbibent pas la terre. Il en résulte des torrents hivernaux, ravageurs de montagnes. On essaye de remédier au mal par le reboisement, ou du moins par la lutte contre le déboisement.

La question des pluies revêt ici une importance majeure, car, d'après Augustin Bernard (1), dans les pays de l'Afrique du Nord qui nont pas 40 centimètres de pluie annuelle, la culture n'est pas possible en dehors des terrains irrigués. La ligne qui limite sur la carte la zone recevant ce minimum d'ondée pluviale est, par là même, la limite du territoire que nous pourrons peupler (fig. 28).

VENTS.— Les vents dominants viennent de la direction de l’ouest en hiver, de la direction de l'est en été.

De plus, tous les jours, se lève vers neuf ou dix heures du matin la brise de mer, qui se fait sentir jusqu'à une centaine de kilomètres parfois et tempère un peu l'ardente chaleur de l'été. Elle dure jusqu'au soir. Elle remonte le cours des rivières perpendiculaires à la côte, comme la Soummam, et rend leurs vallées habitables.

Le gros inconvénient des vents en Algérie est de charrier parfois des flots de poussière, que rien n'arrête ni filtre, sur les vastes espaces dénudés.

Le vent du Sud, ou Sirocco, souffle irrégulièrement, hiver comme été. Sa chaleur brûlante est moins désagréable dans l'intérieur que sur le littoral humide.

Les vents qui s'élèvent sur les Hauts-Plateaux plats et sans arbres acquièrent vite une grande force et deviennent redoutables par le refroidissement subit qu'ils provoquent.

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