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TUBERCULOSE

à essences exercent l’action la plus néfaste sur le système nerveux. Elles peuplent de fous la colonie et les asiles métropolitains.

L'apéritif alcoolique n’est pas seulement une habitude de la ville et du village. Dans presque toute ferme, la bouteille d’absinthe avoisine la boîte de quinine, car, suivant un préjugé tendancieux, l'une et l’autre « coupent » la fièvre.

L'incroyable diffusion de ces liqueurs funestes s'explique, évidemment, par la soif très vive qu’excite, surtout l'été, le plus léger effort ; le colon a commencé par aromatiser l’eau, si souvent impure, avec quelques gouttes de la liqueur parfumée ; puis l'habitude s'est imposée, tyrannique. Il y aurait injustice à voir dans l'alcoolisme algérien, qui est en général, et surtout dans les campagnes, un alcoolisme par les apéritifs, un signe de déchéance morale, analogue au goût furieux des Peaux-Rouges et des nègres barbares pour l'eau-de-feu. L'alcoolisme algérien est une mauvaise habitude, dont l'origine est facile à concevoir, mais que l'instruction et les efforts ainsi que les exemples des médecins et des instituteurs arriveront à combattre avec autant de succès qu'en France.

Le besoin des boissons rafraichissantes étant très vif en Algérie, on le satisfera avec des limonades gazeuses, que l’on fabrique excellentes partout. L'eau coupée de jus de citron et tous les breuvages aigrelets seront utiles et agréables. La coutume de se rincer la bouche avec de l’eau aromatisée calmera la soif, en ménageant l'estomac.

Les lésions provoquées par l'alcoolisme n'ont rien de particulier en Algérie que leur caractère de plus grande gravité, chez des sujets déjà débilités par les chaleurs excessives. L’alcoolique des campagnes est souvent, en même temps, un paludéen, et cet homme est marqué pour la mort précoce, à la première maladie, au premier accident.

OPHTALMIES. — Avec le paludisme et l'alcoolisme, les ophtalmies et, surtout, l'ophtalmie granuleuse tiennent le premier rang dans la nosographie algéro-tunisienne. Les quartiers misérables des villes et les villages pauvres sont le domaine du trachome, pour lequel les indigènes constituent le réservoir du virus. Les complications du trachome, très fréquentes, laissent toujours des troubles graves de la vision, quand elles n’amènent pas la cécité complète. D'autre part, la luminosité intense et la poussière donnent des ophtalmies banales. La cataracte, l'héméralopie ne sont pas rares.

Une propreté méticuleuse des yeux et des mains, des mouchoirs et des serviettes, le port de conserves de verre fumé, l'usage de coiffure à visière (casque de liège) sont des obligations essentielles.

TUBERCULOSE. — La tuberculose est très répandue dans la Nord-Afrique ; elle y guette en particulier les alcooliques. La moindre résistance des éthyliques aux bacilles tuberculeux, signalée en Europe, est encore plus 1 wmarquable dans les pays chauds. Bien que

l'on ne possède pas de statistique exacte de la tuberculose en Algérie- Tunisie, les médecins ont l'impression qu'elle y est très répandue. Dans les basses classes surtout, chez les immigrants espagnols, de vie misérable, la tuberculose osseuse ou articulaire fait un grand nombre de victimes. Chezles jeunes Algériens du littoral, la douceur humide du climat, énervante et anémiante, prédispose aux granulies aiguës, qui n'y sont pas rares. Les Hauts-Plateaux avec leur climat continental, aux brusques variations nychthémérales et leurs sautes de vent, ne conviennent pas aux tuberculeux déjà atteints, mais il semble bien que leurs habitants, trempés par ce climat extrême, deviennent moins souvent tuberculeux que ceux du littoral.

En été, la tuberculose est toujours aggravée par les grandes chaleurs ; elle revêt alors des formes aiguës et généralisées (granulie, méningite). On a insisté à juste titre sur les dangers du sirocco, provocateur d’hémoptysies. Aussi le tuberculeux doit-il fuir l'été algérien. Cependant les tuberculeux riches ont bien fait d'apprendre le chemin d'Alger et celui de Biskra pour la saison hivernale. Quand la fatigue du voyage et le mal de mer ne les éprouvent pas à l'excès, le clair soleil d'Algérie qui brille dans le ciel azuré pendant des semaines entières d'hiver les réjouit et les tonifie ; alors la nature couverte d'un riche vêtement de verdure et de fleurs devient pour eux l’amie que chante le poète : « douce à leurs vains désirs comme au vent le roseau ». Mais le petit refroidissement du soir dans le brouillard est fatal à ceux qui ne savent pas se confiner dans leur chambre avant le crépuscule. Et leur retour en Europe doit être précoce (mars).

Si le tuberculeux n’a pas grand intérêt à préférer Alger ou Biskra aux sanatoriums si bien installés ailleurs, nous ne pensons pas non plus que l’Algérie-Tunisie trouve profit à attirer de tels hôtes : les grandes villes infectent de plus en plus leurs hôtels, leurs appartements meublés, dans lesquels la désinfection est nulle. Ce pays neuf a mieux à faire qu'à s'enrichir en recevant des malades, et les visites de commerçants et d'industrielsapportantleurs capitaux et leurs énergies lui valent beaucoup mieux.

FIÈVRE TYPHOIDE. — La fièvre typhoïde est très répandue, dans les campagnes comme dans les villes, et elle se montre d’habitude d’une malignité particulière. Toutes les complications peuvent s’observer ; les plus habituelles sont celles qui résultent des lésions du foie. Le début brusque, les rechutes assez fréquentes, l'apparition d'érythèmes secondaires, les symptômes trahissant l'insuffisance hépatique caractérisent la fièvre typhoïde de la Berbérie.

Elle sévit toute l'année, mais surtout en été et en automne.

La tuberculose chronique est aggravée parla fièvre typhoïde intercurrente. Il s'établit souvent une sorte de symbiose à terminaison fatale. Cette association semble assez commune dans un pays où la

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