‹ hygiene colonialeChapitre 38 sur 251 · FIÈVRE MÉDITERRANÉENNE · texte numérisé non relu

FIÈVRE MÉDITERRANÉENNE

fièvre typhoïde d'une part, la tuberculose d'autre part, sont répandues et virulentes.

La typho-malaria, une maladie qui a fait couler des flots d'encre, est désignée par un terme qui ne saurait demeurer dans la classification nosologique, tant que des études nouvelles n’en auront pas démontré la nécessité. Il est en effet fort probable que bien des paludéens contractent la fièvre typhoïde; mais ce fait n'offre aucun intérêt tant que l’on n'aura pas trouvé à cette dualité morbide des caractères particuliers, par une étude basée en premier lieu sur les recherches microscopiques, et qui n’a pas encore été abordée.

Les immigrants venant de la campagne française, en particulier les jeunes soldats que la conscription envoie dans les grandes villes d'Algérie, sont très exposés à la fièvre typhoïde. Les Algériens-Tunisiens la contractent surtout dans la jeunesse et l'adolescence. Arrivés à l’âge adulte, ils sont le plus souvent immunisés.

Le peu d'intérêt que la plupart des grandes villes de la Berbérie apportent aux questions d'hygiène urbaine perpétue la fièvre typhoïde dans leurs murs. On connaît à Alger telle conduite d’eau {de l’Aïn-Zeboudja) qui sème la maladie dans son réseau de distribution depuis de longues années. Il y a à Alger des épidémies de maison, dues parfois à ce que l’eau destinée aux habitants de l'immeuble est emmagasinée sur la terrasse dans de grands bassins ouverts à toutes les souillures. Le palais d'été du gouverneur général reste infecté, sans que l’on aitpu déterminer de façorf satisfaisante 1e comment et le pourquoi de la contamination. À la campagne, chez les colons comme chez les indigènes, l'absence générale de latrines, le peu de soins dont on entoure les sources ou les puits favorisent une propagation très rapide des épidémies. Enfin, dans la Berbérie comme ailleurs, l'épidémie une fois constituée est propagée par le contact et la cohabitation.

L'immigrant, dans les villes comme à la campagne, aura donc soin de faire bouillir son eau de boisson et de toilette.

INFECTIONS PARATYPHIQUES. — On a certainement pris pour la fièvre typhoïde des infections à Paratyphiques et à Paracoli que l'étude bactériologique seule pourra distinguer.

FIÈVRE MÉDITERRANÉENNE. — Cette distinction est déjà faite pour la fièvre méditerranéenne, longtemps confondue avec la fièvre typhoïde (forme sudorale de Jaccoud), car aujourd'hui, grâce aux méthodes bactériologiques, on en découvre des cas de plus en plus nombreux à Tunis et à Alger. Cette longue maladie, qui dure trois mois en moyenne, se caractérise par une courbe thermométrique ondulante, une grande fréquence du pouls qui demeure constante malgré les oscillations de la température, des sueurs profusés, de la constipation, et enfin par sa faible mortalité (du moins immédiate) (2 p. 100). On y constate aussi un érythème particulier, latuméfaction

des jointures, et des symptômes nerveux. Malgré sa bénignité, qui permet au malade de se lever et d'agir dans l'intervalle des poussées de température et parfois même avec la fièvre, elle estmal supportée par les malades que sa durée énerve.

On en connaît l'agent, le Micrococcus melitensis, découvert par Bruce en 1886 ; mais on en ignore à peu près toute l'épidémiologie.

L'immigrant prendra, pour s'en préserver, toutes les précautions hygiéniques générales, sans que l'on puisse lui conseiller aucune mesure spéciale. L'ébullition du lait de chèvre serait recommandable, si les observations de Zammit (de Malte) se confirmaient.

TROUBLES DIGESTIFS. — Nous avons noté que les troubles digestifs ouvraient en été la porte à toutes sortes d'infections endogènes ou-hétérogènes. La plus grave, la gastro-enlérite des jeunes enfants, ne diffère en rien des types si bien étudiés en France et en Allemagne. Comme beaucoup d'autres maladies (diphtérie, fièvre typhoïde), elle se complique volontiers d'érythèmes morbilliformes ou scarlatiniformes, graves ou mortels, qui semblent dus surtout à l’altération du foie.

Une saine prophylaxie en sera basée sur l'interdiction en été du sevrage des nourrissons, l'ébullition du lait sitôt après la traite, et, si possible, sa stérilisation, la réglementation des tétées, le choix prudent et l'augmentation graduée des premiers repas.

Au premier signe d'intolérance digestive, diète hydrique ou, mieux, régime farineux.

Dans les principales villes, des Gouttes de lait et des Consultations de nourrissons propagent les bienfaits et l’enseignement de l'hygiène infantile.

MALADIES DU FOIE. — Les affections du foié sont nombreuses dans la Berbérie et succèdent aux infections aggravées par la chaleur (paludisme, dysenterie, fièvre typhoïde), ainsi qu'aux intoxications comme l'alcoolisme ou les auto-intoxications intestinales.

La prophylaxie des troubles hépatiques procède donc de l'hygiène générale.

DYSENTERIE. — La dysenlerie, autrefois très fréquente en Algérie, n’y cause plus de graves épidémies, à marche envahissante : mais on la rencontre un peu partout chez les indigènes. Les colons s'infectent en usant des mêmes sources que les indigènes.

On n’a pas encore spécifié les rapports entre la dysenterie amibienne et la dysenterie bacillaire dans la Nord-Afrique.

La surveillance des sources, l’ébullition de l’eau mettront à l'abri de la contagion.

Il convient de rappeler à cette place que c’est à Alger que Chantemesse et F. Widal ont découvert le bacille dysentérique.

MALADIES VÉNÉRIENNES. — Parmi les maladies vénériennes, la syphilis est fort grave, quand elle est contractée d'’indigènes ou

Page 1