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TYPHUS

d'Espagnols. La syphilis kabyle a une réputation méritée de grande virulence. La blennorragie est favorisée par l'anémie et le lymphatisme des habitants du littoral ; elle passe souvent à l'état chronique. Les chancres mous sont des plus fréquents et caractérisent la nosographie vénérienne de la Berbérie. :

MALADIES DE PEAU. — Toutes les maladies de la peau sont favorisées par le mauvais état des fonctions cutanées provoqué par la chaleur et par l'abondance des ectoparasites que l’on doit au voisinage des indigènes. Les plus spéciales à l'Algérie-Tunisie sont le Lichen tropicus (gale bédouine où bourbouille), éruption sudorale constituée par un érythème diffus et de petites vésicules miliaires causant un prurit insupportable, et les furoncles, communs l'été sur le littoral. À Biskra et à Gafsa, on constate un clou croûteux et indolore dont l’écorchure donne une variété ulcéreuse douloureuse, qui ressemble beaucoup au bouton d'Orient, d'Alep, de Bagdad et de Delhi, et qui est dû à un parasite semblable à celui que Wright a vu dans le bouton d'Orient.

La propreté, le soin à éviter le contact ou le voisinage des indigènes, la protection contre les insectes et tous les ectoparasites sont les mesures préventives nécessaires.

LÈPRE.— La lèpre estentretenue en Algérie par un certain nombre de foyers indigènes disséminés dans la Kabylie, l'Aurès et plusieurs localités des trois départements, et aussi par l'arrivée d'immigrants espagnols venus de la région d’Alicante et de Valence, où elle est commune.

Elle a été rangée en 1898 dans la liste des maladies dont la déclaration est obligatoire pour les médecins qui les observent. On hospitalise les malades autant que possible, mais un grand nombre d’entre eux échappent, à la vérité, à toute surveillance. On a proposé de créerdes léproseries etde défendre l'exercice de certaines professions aux lépreux. Le D' Raynaud, directeur de la Santé, a obtenu de pouvoir interdire l'entrée en Algérie aux immigrants lépreux, mais la mesure est d'une application difficile.

La prévention personnelle comprendra une grande prudence dans tous les rapports avecles indigènes et les Espagnols de basse classe. Souvent le facies léonin ou les mutilations trahiront la lèpre. Il faudra surtout éviter le contact de toutes les sécrétions malpropres de ces miséreux. La lèpre étant peut-être aussi transmise par des ectoparasites, la défense contre eux, nécessaire pour une foule d'autres raisons, se justifie une fois de plus.

TYPHUS. — Le {yphus exanthématique existe à l’état latent dans un grand nombre de groupements indigènes. Des épidémies en partent parfois, qui se propagent aussi chez les Européens. Elles sont favorisées par la misère, la mauvaise alimentation et l'encombrement ;

Ja vermine semble jouer un rôle actif.

La prophylaxie générale consistera dans l'isolement des malades, la destruction par le feu de leurs hardes et même de leur demeure, quand celle-ci n'est qu'un gourbi sans valeur, sinon la désinfection suivie du blanchiment de tous les locaux infectés et même des locaux voisins.

La prophylaxie individuelle sera basée sur le maintien d'une grande propreté, l'éloignement des indigènes, le choix d’une maison bien bâtie dans un quartier bien tenu, et enfin sur la destruction des ectoparasites.

SCARLATINE. — La scarlatine, rare autrefois à Alger, semble y faire des progrès. On peut penser à la possibilité d'une symbiose scarlatineuse dans certains érythèmes secondaires à la diphtérie, à la fièvre typhoïde.

RHUMATISME. — Le rhumalisme aigu et le rhumatisme chronique sont remarquables par leur fréquence dans la Berbérie. On peut rapprocher ce fait des prescriptions de la loi judaïque dans. lesquelles Moïse s'étend longuement sur les dangers des maisons humides, envahies par la lèpre des moisissures, et ordonne de démolir de telles constructions et d’en porter les pierres hors de l'enceinte de la ville. Les Juifs et les Sémites citadins n'ont pas amélioré l'hygiène de leurs habitations depuis l'époque de Moïse.

PARASITES. — On trouve dans la Berbérie beaucoup de kystes hydatiques, de vers intestinaux, en particulier l'ankylostomiase, et aussi la bilharziose.

Pour s'en défendre, tenir à l'écart les animaux domestiques, comme le chien et le chat. Ne jamais consommer de légumes crus, ne boire que de l’eau bouillie et protéger la peau contre le contact de toute eau susceptible d'être contaminée. L'eau des bains, en particulier, devra être bien choisie.

RAGE. — La rage, fréquente dans la Berbérie, ne diminuera que: lorsque la surveillance des chiens sera enfin organisée, sur le modèle des sages mesures prises en Angleterre.

FIÈVRE RÉCURRENTE. — La fièvre récurrente a été signalée assez souvent en Algérie-Tunisie. On a prouvé ailleurs qu'elle était transmise par les punaises, ce qui explique qu'elle soit la « maladie des asiles de nuit ». Les indications préventives se déduisent de cette épidémiologie, et, encore une fois, la défense contre les ectoparasites, simple mesure de propreté, devient une garantie de bonne hygiène.

SPLÉNOMÉGALIE. — On a trouvé à Tunis un cas de splénomégalie à corps de Leishman-Donovan. Cette maladie, se rattachant au kala-azar, s'étend sans doute plus loin dans l'Afrique du Nord. Son épidémiologie est inconnue, et sa prophylaxie ne peut qu'être très vague.

Il en est de même pour la maladie fruste due à un protozoaire

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