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HABITANTS DES VILLES

nouveau, encore inclassé, observée chez un Algérien, d'origine française, et n'ayantjamais quitté l'Algérie (cas d'Ouled-Rahmoun).

PESTE ET CHOLÉRA. — La pesle et le choléra ne sont pas endémiques dans la Nord-Afrique. Ils y arrivent par voie de mer, en particulier grâce aux pèlerinages que nos sujets musulmans font à La Mecque. Leur prophylaxie est donc la même qu'en Europe, et nous renvoyons aux articles qui traitent de la prophylaxie internationale de ces maladies (1).

FIEVRE JAUNE. — La fièvre jaune, qui n'est apparue, à notre connaissance, que sur un seul point de l'Afrique septentrionale, le préside d’Alhucemas, trouverait dans nos villes algériennes et tunisiennes un champ favorable à son développement. En effet, le Slegomyia fasciata existe dans toutes nos grandes villes du littoral en quantités innombrables et même dans des villes de l'intérieur. Les conditions de température paraissent convenir au Virus amaril. On peut craindre que, lorsque le Maroc sera ouvert au grand commerce européen, ses ports de l'Atlantique étant en communication constante avec les Amériques centrale et méridionale, des Stegomyia fasciata, infectés en Amérique, ne viennent par les bateaux piquer des Marocains qui infecteront à leur tour les S{eyomyia indigènes. Des épidémies éclateront alors à coup sûr, contre l'éventualité desquelles il n'est pas vain d'attirer l'attention. L'exemple du Sénégal est bien fait pour confirmer ces craintes.

III. — HYGIÈNE DE LA NOURRITURE, DE L'HABITATION, DU VÊTEMENT, SUIVANT LE GENRE DE TRAVAIL.

Nous considérerons, dans la Berbérie :

1° Les habitants des grandes villes; 2° Les colons proprement dits:

3° Les militaires et explorateurs ;:

4° Les étrangers.

HABITANTS DES GRANDES VILLES. — Les habitants des grandes villes se divisent en fonctionnaires, commerçants, industriels, médecins ou avocats, employés et ouvriers. Leur hygiène privée devra être à peu près celle des citadins du midi de la France, avec quelques correctifs empruntés à l'hygiène des colons.

L'hygiène urbaine donne lieu aux mêmes problèmes qu'en Europe, avec cette aggravation que les hautes températures estivales exigent un soin particulier dans le choix de l'emplacement des villes, de l'orientation des rues, dans la fourniture en eau potable, dans l’enlèvement des ordures ménagères et dans la construction des égouts.

Habitation. — Emplacement. — Des considérations purement stratégiques ont décidé la fondation de villes comme Guelma, créée

(1) Voy. fase, XVII du Trailé d'hygiène de Brouarner, CHANTENTSSE el Mosny.

par le maréchal Clauzel, et Orléansville, bâtie en 1843 par le maréchal Bugeaud. Guelma et Orléansville ne sont jamais balayées ni rafraichies par le vent de mer; la chaleur y est accablante nuit et jour durant tout l'été, atteignant souvent 40°, au point que ces deux villes ont, en Algérie, la réputation de certains bagnes exotiques.

L'emplacement de nos deux capitales actuelles de l'Afrique du Nord, Alger et Tunis, a été aussi mal choisi. Dans chacune d'elles, nous avons suivi les errements des conquérants musulmans et bâti notre ville contre la ville turque ou arabe, au lieu d'imiter nos meilleurs devanciers, les Romains, et de fonder un nouveau Rusgunium et une autre Carthage. L'Alger barbaresque, construite sur l'emplacement de la toute petite ville romaine d’'Icosium, était bien située pour un nid de forbans que les courants marins venant de l’ouest et les tempêtes arrivant de l’est rendaient inaccessible aux flottes à voile, mais Rusgunium, placé de l'autre côté de la baie, au débouché de l'opulente plaine de > Mitidja, et recevant de face la brise de mer, AE mieux convenu à la fois aux exigences de la vie commerciale

à celles de l'hygiène. L'Alger moderne, resserrée entre ses quais : sa Casba, tend à déborder sur les coteaux de Mustapha, et le centre de la ville se déplace vers le sud. Le mauvais choix de l'emplacement d'Alger a été reconnu depuis longtemps, et 1l existe des plans de reconstruction de la ville sur l’autre rive de la baie : ils sont malheureusement inexécutables.

Tunis, assise au bord de son lac fangeux, en reçoit l'haleine empestée, au lieu de respirer les émanations salubres du large qu'arrêtent les collines littorales, sur lesquelles s'élevait justement Carthage. Aujourd’hui le mal est fait, la Tunis européenne s'est trop accrue aux flancs mêmes de la Tunis arabe pour que l'on puisse songer à la rebâtir plus près de la mer.

Les erreurs commises devraient mettre engarde contre de nouvelles, et les héritiers des Romains devraient profiter enfin des leçons qui survivent dans les ruines dont est jonché le sol nord-africain.

Certaines villes, inférieures à leur fortune, se sont bâties au hasard et sont à refaire. C'est ainsi que Tiaret, qui atteindra un haut point de prospérité comme débouché du plateau du Sersou et centre de trafic pour le Sud, tenait jadis dans le bordj militaire. La ville couvre aujourd'hui les flancs, les fonds et les crêtes de deux vallées, sans qu'aucun plan d'ensemble ait présidé à ce développement hâtif. Dans une telle ville, tout est à créer au point de vue de l'hygiène communale.

Construction. — La construction des cités nord-africaines est subordonnée à la routine et aux caprices des entrepreneurs. Les maisons revêtent toutes le type uniforme des maisons modernes des grandes villes européennes. Bâtisses aux étages multiples, aux chambres étroites, basses de plafond, dont les balcons extérieurs ne sont

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