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HABITANTS DES VILLES

abordables que peu d'instants durant la journée, elles ne répondent à aucune des nécessités de la vie dans un pays chaud et ne sont guère habitables que lorsqu'elles sont exposées au nord et aux vents dominants.

Le principal souci du constructeur de villes doit être en effet d'assurer une bonne ventilation. Aussi les larges rues quebalayent les vents frais sont-elles préférables aux ruelles des vieilles villes arabes qui serpentent, resserrées et lortueuses, sous les encorbellements des maisons mauresques. Le pavageen cailloutis, déprimé en son milieu, fait de la voie un ruisseau à thalweg central, sentine infecte que protègent du soleil purificateur les voûtes et les arceaux jetés d'une

Fig. 29. — L'habitation idéale s’inspirera Fig. 30. — Les ruelles arabes, sentines du type des maisons romaines, espa- infectes que protègent du soleil pugnoles ou mauresques, aux pièces rificateur les voûtes et les arceaux fraîches disposées en carré autour de jetés d'une maison à l’autre.

l’atrium ou palio.

maison à l'autre. Louis Bertrand a décrit avec un réalisme évocateur «les coupe-gorges des impasses reculées, les boyaux st étroits que les saillies des maisons enchevêtraient leurs supports au-dessus de sa tête ; les couloirs aux voûtes humides, où l’on marche à tâtons en écrasant des choses gluantes — ces culs-de-sac obscurs où se déssèchent des fientes humaines, où des urinoirs engorgés s'extravasent dans une puanteur homicide ». Que ces rues du moyen âge arabe emportent les regrets des poètes comme Théophile Gautier et Loti L. L'hygiéniste préfère à leur fraîcheur humide et malsaine la ventila-

tion des larges voies modernes, orientées dans la direction des vents dominants (fig. 29 et 30). nr Dr

La tendance s'affirme de plus en plus, parmi les citadins aisés, de n'avoir en ville que les bureaux ou cabinets d'affaires et d’habiter une villa dans la banlieue. |

Eaux. — Les ingénieurs qui assureront à chacune de nos villes de Berbérie une abondante fourniture de bonne eau potable en seront les premiers bienfaiteurs. Non seulement une eau de Dao irréprochable y :est plus impérieusement exigée encore qu en Europe, mais les nécessités de l'hydrothérapie, en dehors des Resoing industriels, du lavage des rues et des immeubles, devront être largement assurées durant les six mois de la saison sèche. Peu de villes, à cette heure, possèdent une proportion d'eau suffisante. Sans prétendre au luxe coûteux déployé par les Romains dans leurs adductions d’eau, il serait désirable d'assurer aux citadins de la Berbérie l’eau de table quotidienne et le bain quotidien. Tous les étés, Tunis souffre de la soif (en 1905, la carafe d’eau de 2 litres a coûté 13 centimes), et Alger, qui prétend au rôle de grand port de relâche entre l'Orient et l'Occident, rationne chaque été ses citoyens. Tunis peut, paraît-il, améliorer les galeries filtrantes qui lui donnent son eau. Alger a capté toutes les bonnes sources des environs, elle a même recours aux sources très suspectes qui sortent des calcaires du Sahel, elle utilise enfin les eaux de l'Harrach, recueillies à 12 kilomètres de la ville, dans un puits artésien creusé à travers le sable du lit de la rivière, qui sert de filtre. La surveillance de ces adductions d’eau est, d'ailleurs, insuffisante. Oran reçoit l’eau de plusieurs sources dont celle de Karguentah est excellente. Constanüne s'alimente aux mêmes sources qu'utilisaient les Romains, et aussi, ses besoins ayant augmenté, au petit lac du Djebel Ouach, dont l’eau est de qualité très inférieure.

Les villes sont rares où, comme à Miliana et à Blida, l’eau excellente coule à flots toute l’année. |

Égouts. — Le système des égouts est également très imparfait dans les villes nord-africaines. À Alger, le radier du grand égout qui aboutit dans l’arrière-port de l'Agha n'a aucune pente sur plusieurs centaines de mètres, et il y stagne un vaste marais fécal dont l'existence se révèle fâcheusement de temps à autre. La Tunis européenne est bâtie au niveau même du lac qui reçoit ses eaux usagées. Dans des villes comme Bougie, construite sur une falaise escarpée, Constantine perchée comme un nid d'Aigle, l'inclinaison des pentes a facilité l'établissement des égouts.

Les ordures ménagères, qui se putréfient rapidement sous un climat chaud, ne sont nulle part enlevées avec la promptitude et le soin nécessaires.

COLONS PROPREMENT DITS. — Nous avons dit que les colons

ne peuvent s'établir que dans une région fort restreinte, la région cultivable, qui correspond assez exactement au Tell des Arabes, et aussi aux territoires autrefois occupés par les Romains. Cette bande de pays s'étend tout le long de la côte, sur une largeur qui varie de 80 à 125 kilomètres. Ses limites méridionales passeraient, nous le savons, par Tiaret, Boghar, Batna.

Il faut distraire de ces territoires colonisables la presque totalité de la Grande Kabylie, déjà surpeuplée. La culture est aussi limitée dans les pays forestiers dont le déboisement serait une énorme faute, et enfin, au sud, elle est en compétition avec le grand élevage; or grande culture et grand élevage s'excluent mutuellement.

Ajoultons que la population indigène, dont l'accroissement est constaté à chaque recensement (elle augmente, par les naissances seules, l'immigration étant nulle, de 15 pour 1000 habitants par année), ne se laissera pas refouler indéfiniment, et enfin que, grâce à l'exemple des colons, aux syndicats agricoles et aux caisses de prévoyance, un nombre toujours croissant d’indigènes adopte les machines et les procédés les plus perfectionnés de notre agriculture. La main-d'œuvre, d'autre part, est fournie à bas prix par les musulmans, les immigrants espagnols et italiens. Il résulte de cet état de choses que le seul colon français qui puisse prospérer est le petit capitaliste qui vient diriger une exploitation agricole. Comme simple journalier, l'immigrant français ne saurait lutter contre la concurrence : son défaut d'acclimatement, ses besoins plus grands, sa sobriété moindre le rendent inférieur à ses frères latins et aux indigènes.

Il est bon que l'immigrant qui veut coloniser ait appris la culture dans son pays d'origine. Cette idée si simple a été maintes fois méconnue par la colonisation officielle, ce qui a donné lieu à de nombreux et fâcheux échecs. Des citadins de France, tels que des gantiers, des coiffeurs, transplantés sans préparation en Algérie, ont eu à la fois à s'initier à la vie des champs et à s’accoutumer aux pénibles nécessités qu'elle comporte en Algérie. Cette erreur de principe a coûté la vie à bien des gens.

La question du recrutement des colons domine leur hygiène : pour s’acclimater en Algérie-Tunisie, il faut débarquer en excellente santé, être habitué à la vie solitaire et aux travaux des champs, et posséder un petit pécule permettant de s'installer convenablement et de se nourrir avec soin, en attendant les premières récoltes.

Nourriture. — Viandes. — La viande de bœuf est bien moins sapide qu’en France; le veau de lait est inconnu. Le mouton, par contre, est la viande de boucherie algérienne par excellence, celle que préfèrent les indigènes et qu'il est le plus facile de se procurer. Les volailles, de race indigène, moins belles que les volailles européennes, sont d'un bon marché relatif et constituent une précieuse

ressource. Ces viandes, qu'il faut bien cuire à cause de l’infestation fréquente des animaux, formeront la base de l'alimentation. Il est préférable de les faire rôtir ou griller, les viandes en sauces fatiguant vite l'estomac en été. La graisse, la viande de porc, le gibier, les crustacés et les coquillages ne seront consommés qu'avec modération, et le moins souvent possible.

Poissons. — Le poisson, très abondant et d'une excellente qualité sur toutes les côtes, varie heureusement l'alimentation. Il est peu prudent d’en faire venir à l'intérieur. Les chaleurs l’altèrent très vite, et bien des accidents s'observent à la suite d'ingestion de poisson avarié. D'ailleurs, dans les trous d’eau de beaucoup d'oueds, dans les séguias de certaines oasis sahariennes, on pêche de bons poissons (barbeaux, etc.). Certains torrents du Riff renferment même des truites. |

Œufs et laitage. — Les œufs et le laitage constituent une des ressources les plus utiles du colon. Le moins fortuné peut avoir une chèvre, dont on a dit qu'elle était la vache du pauvre. Cet animal, dont le lait est très nutritif, se nourrit facilement et ne demande que peu de soins ; il suffit de mettre obstacle à ses vagabondages dévastateurs.

Légumes. — Les légumes que l’on a l'habitude de consommer en France viennent aussi bien en Algérie-Tunisie et y doivent jouer le même rôle dans l'alimentation. Le plus souvent, le colon ne pourra compter que sur son propre jardin pour avoir des légumes frais, si agréables en été. Il s’inquiétera donc, dès le début, de préparer et d'ensemencer son potager. Il faut être mis en garde contre l'abus des tomates, des concombres et des piments, dont les immigrants espagnols font un usage déraisonnable. Bien entendu, sous aucun prétexte, on ne doit consommer de légumes crus: la salade non cuite, si tentante pour la gourmandise dépravée des anémiques, doit être proscrite. Les bactéries pathogènes (Coccobacille typhique) aussi bien que les œufs de vers intestinaux habitent en effet souvent les feuilles de salades. La patate douce est un féculent très apprécié. Enfin le colon n'emploiera pas dans sa cuisine de plantes indigènes inconnues : on sait l’histoire de ce bataillon d'infanterie décimé, aux premiers temps de la conquête, par un empoisonnemeut dû à l'ingestion de bulbes de scille maritime.

Épices. — Les épices (piments, poivre, moutarde, limon-juice, pickles, conserves au vinaigre) séduisent les palais blasés et stimulent l'appétit émoussé par les grandes chaleurs. Mais on arrive vite à en faire une consommation exagérée, désastreuse pour les fonctions digestives. Parmi les condiments que l’on peutse procurer, poussant à l'état spontané dans la nature nord-africaine, nous citerons les olives, les câpres, l’estragon. Le citron ou même, à défaut, le cédrat relèvent agréablement beaucoup de mets. Les vieux Algériens goûtent

fort aussi les amers : à ce titre, les asperges sauvages, d'une amertume savoureuse, sont très appréciées.

Beaucoup, qui recherchent l'excitation de l'appétit dans les divers « apérilifs alcooliques » si nuisibles, pourraient suivre la pratique plus hygiénique qui consiste à boire, avant chaque repas, de la macération de Quassia amara.

L'huile nord-africaine, d'excellente qualité, doit jouer un gran rôle dans la cuisine du colon. Elle remplacera avec avantage les graisses animales indigestes en pays chaud et jouera le rôle utile de lubréfiant.

Fruits. — Les fruits de France existent tous en Algérie-Tunisie. On y trouve encore les fruits propres aux pays chauds: dattes, oranges, mandarines, figues, bananes, abricots, jujubes, nèfles du Japon. Les fruits bien mûrs et pris en quantité modérée ne peuvent que compléter agréablement un régime bien ordonné. Les pastèques, très rafratchissantes, ne sont pas dangereuses. Il n’en est pas de même des melons, qui provoquent des troubles intestinaux. La figue de Barbarie, qui plaît à beaucoup de colons, ne doit être prise qu'en petites quantités ; elle donne lieu en effet, chez les indigènes qui en abusent, à une obstruction du rectum parfois assez grave.

Nourriture des enfants. — La nourriture des enfants sera surveillée d'une façon toute spéciale: il faut surtout les empêcher de faire l'abus, auquelils sont portés, des fruits, surtout non mûris. Il ne faut jamais sevrer un nourrisson durant les mois d'été, mais attendre le retour des premières fraicheurs. Si l'on se sert de lait stérilisé pour l'alimentation des enfants, il faut bien prendre garde que, par les hautes chaleurs, la pullulation des germes est particulièrement rapide.

Boissons. — Le régime des boissons est le plus difficile à établir dans l'hygiène alimentaire. L’éthylisme par le vin, difficile à discerner de l'alcoolisme par les liqueurs à essences, dont nous avons dit l'extrême fréquence, nous semble peu commun en Algérie-Tunisie.

L'abondance d'excellent vin naturel à bas prix rend la fraude et, par suite, le danger très rares. Les vins nord-africains, très chargés en alcool, doivent être coupés d’eau pour le service de la table.

L'usage de la glace aux repas est fort agréable; elle excite l'appétit et empêche sans doute l'échauffement excessif des viscères. À défaut de glace, pour rafraîchir l’eau en été, on se sert de carafes de terre poreuse venant d'Espagne ou de certaines contrées de Tunisie : alcarazas ou gargoulettes. Bien entendu, celles qui sont vernies n'ont aucune utilité. On les remplace, au besoin, par de grands seaux de toile suspendus dans un courant d'air, ou par de simples bouteilles habillées d’un drap épais, que l’on imbibe d’eau.

L'eau étant la boisson ordinaire, le colon s’assurera avant tout d'une bonne source ou d'un puits bien aménagé. Les ruines antiques que nous trouvons partout nous apprennent que la moindre ferme

romaine était abondamment fournie en eau et possédait ses thermes. Le colon moderne ne saurait prétendre à autant de luxe. II n'usera jamais de la même source que les indigènes, qui la souillent journellement, dût-il faire quelques dépenses supplémentaires pour la construction de deux fontaines distinctes. En principe, la source ne sera pas utilisée telle que la nature l'offre, dans un joli bassin tapissé de capillaires, trop facile à infecter; on la captera, et l’eau en sera amenée à une fontaine par une conduite étanche.

L'eau est très souvent magnésienne en Algérie-Tunisie, souvent même très près de la côte, en Oranie surtout. Cette éventualité doit toujours préoccuper le colon, et jamais il ne s'installera dans un village, dans une ferme, malgré les plus alléchantes promesses, s'il n’a pas constaté lui-même l'excellence de l’eau. On trouvera, à propos de l'hygiène des militaires, le moyen de diminuer l'inconvénient des eaux séléniteuses si fréquentes aussi, mais un tel procédé, utile en expédition, ne pourrait pas être appliqué dans l'existence quotidienne. Il faut que le colon puisse laver son linge, cuire ses légumes, mais, surtout, qu'il dispose d'une bonne eau potable, et tout doit être subordonné à son obtention.

Eaux minérales. — Il existe, dans la Berbérie, de très nombreuses sources minérales encore inutilisées, et dont l'exploitation rendrait les plus grands services. La plus connue aujourd’hui de ces eaux est celle de Takitount, que l’on peut se procurer partout.

Régimes. — Le repas du matin doit être léger et chaud ; il ne faut jamais se mettre au travail à jeun, surtout dans les régions où le brouillard couvre la terre aux premières heures du jour. Il est bon de n'affronter ces brumes que l'estomac lesté d'un breuvage réchauffant et réconfortant. Le déjeuner de midi sera le principal repas. Le diner sera beaucoup moins important, surtout chez l’agriculteur qui se met au lit de bonne heure pour être debout au lever du jour.

L'essentiel, pour ménager le tube digestif dont l'intégrité est un gage de santé dans les pays chauds, est de prendre ses repas à des heures régulières et d'avoir un régime léger et frugal. Les excès de table ont une gravité beaucoup plus grande qu'en Europe. Il ne faut même pas satisfaire pleinement sa faim.

Dans l'intervalle des repas, les jours de vive chaleur ou de travail excessif, un breuvage s'impose. Qu'il soit frais, mais jamais à base d'alcool. Les limonades gazeuses, les citronnades préparées extemporanément avec du jus de citron sont très agréables. Une tasse de café maure très chaud fait un excellent « rafraichissement ». Enfin le rinçage de la bouche et le gargarisme calment la soif, sans faire absorber de liquides à l'estomac.

On devra toujours veiller à l’accomplissement normal des fonctions

intestinales. Des laxatifs et des lavements d’eau fraîche l’assureront au besoin.

Habitation. — Emplacement. — Le colon doit se pénétrer de cette idée que son plus grand ennemi est le paludisme.

Il construira donc toujours sa maison sur une hauteur, en un lieu découvert, bien ventilé, et le plus loin possible de toute collection d'eau. Les anophélines ne peuvent pass'élever à de grandes altitudes par un vol vertical : c’est ainsi qu'ils n'ont jamais été capturés dans la ville même de Constantine, alors qu'ils sont nombreux au pied de la falaise à pic qui porte la ville à 100 ou 200 mètres au-dessus des gites de l’oued Roumel. La longueur du vol des anophélines en pays plat ne dépasse pas, en moyenne, 1 kilomètre; le colon devra donc établir sa demeure le plus loin possible des gîtes à anophélines, en même temps que le plus haut possible au-dessus d'eux. L'approche des moustiques est favorisée par la présence d'arbres où même de broussailles dans lesquels ils se cachent pendant le jour, et qui leur permettent d'atteindre les habitations par étapes successives : il y a donc intérêt, quand c’est possible, à ne pas laisser autour de la maison de ceintures de broussailles ni de chaumes inutiles. Le vent, en même temps qu'il modère les ardeurs du jour, emporte et chasse les moustiques : double raison pour bâtir la maison du colon dans un courant d'air. Enfin, contre les gites à anophélines naturels de l'Afrique du Nord, les mesures antilarvaires sont souvent très aisées et très efficaces. On en trouvera le détail à l’article du « Paludisme » (1). Qu'il suffise de dire ici qu'elles consistent essentiellement dans la destruction des gîtes à anophélines par comblement ou vidange des mares, desflaquesd’eau du litdes oueds,dans la régularisation des cours d’eau, dans le désherbage deux fois l'an des oueds, des canaux, des sources, enfin dans le pétrolage des eaux stagnantes impossibles à supprimer.

La question de l'eau, vitale au point de vue économique dans l'Afrique du Nord, se complique au point de vue de l'hygiène. Il y a longtemps que les Algériens ont formulé ce dilemme : « pas d’eau, on meurt de soif; de l’eau, on meurt de fièvre ». Il est certain que beaucoup de travaux d'irrigation, et non des moindres, accomplis à grand'peine et à grands frais, ont procuré la fièvre en même temps que l’eau à des régions sèches et salubres : tel est le cas de presque tous les barrages, de tous les réseaux de canaux souvent mal tracés qui distribuent l'eau dans les prairies et les jardins. Contre de tels maux, le remède est simple autant qu'efficace: le désherbage des barrages, la construction d'un mur de soutènement de préférence aux perrés sur leurs bords, leur pétrolage, la rectification du cours des canauxet des séguias destinée à assurer une certaine vitesse au courant et à empêcher la formation d'anses d'eau dormante, comme aussi les débordements, l'inclinaison de la pente du canal qui doit s'accuser à mesure que l'on remonte vers la source, enfin et surtout le faucarde-

(1) Voy. fasc. XVIII du Traité d'hygiène de BROUARDEL, CHANTEMESSE et Mosny.

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ment régulier (deux fois l'an au moins) des cours d'eau, tout cela constitue les « petites mesures antilarvaires », peu coûteuses et d'un plein effet, pourvu qu'elles soient minulieuses et continuelles.

Le premier souci du colon sera donc de détruire dans un rayon minimum de 1 kilomètre autour de la colline, ou du plateau qu'il aura choisi pour élever sa future demeure, les gîtes à Anophélines que pourront former : 1° les eaux préexistantes : oueds, marais ; 2° les eaux qu'il aura amenées artificiellement pour les besoins de laculture.

Il ne devra laisser subsister aucune broussaille inutile, aucun chaume dans un rayon de 1 kilomètre; mais il est évident que, si les mesures antilarvaires sont bien prises et étroitement surveillées, 1l sera bon, pour la santé morale aussi bien que physique de sa famille, qu'un verger, un potager et des parterres fleuris fassent une ceinture verte à l'habitation.

Bonification du sol. — Les « grandes mesures antilarvaires » constituent la bonification du sol. Le sol sur lequel s'établit le colon est parfois marécageux sur de vastes étendues, imbibé d'eau, et son amélioration, si utile pour l'hygiène, se trouve servir en même temps les intérêts de l’agriculture. Les procédés qui la réalisent sont divers :

1° Le colmatage des marais peu profonds, des queues d’étang, pourrait être utilisé parfois en Algérie; il s'effectue d’ailleurs normalement dans les immenses marais de la Macta (Oranie), où les eaux qui proviennent du barrage de l'Habra déposent d'une façon continue d'épaisses couches de limon ;

2° L'épuisement des eaux d'un bas-fond au moyen de machines élévatoires (turbine à eau, bélier, aéro-moteur, etc.) peut être aussi pratiqué ;

3° Le mélange d’eau de mer à l’eau des marais à anophélines, préconisé par certains auteurs italiens, peut séduire, si l’on songe qu'à parür d'un certain degré de salure les larves d’anophélines ne peuvent plus vivre: mais nous avons pu constater dansle pays maraichin (Loire-Inférieure), et à Arzew, que le degré de salure nécessaire pour détruire les larves d’anophélines est assez élevé et qu'un terrain : ainsi traité est perdu pour l’agriculture : les chotts et les sebkhas désolés ne sont déjà que trop abondants dans la Nord-Afrique ;

4° La culture est par elle-même un excellent moyen de bonification du pays, surtout en Algérie-Tunisie, où l'on ne pratique pas de culture insalubre, comme celle du riz. La mise en valeur d'un pays comportant le défoncement du terrain, la destruction des broussailles de lentisque et de jujubier sauvage, des touffes de palmier nain, le comblement des mares et des trous, sert, à tous ces ‘titres, la cause de Phygiène. Dans un pays bien cultivé, l’eau stagnante est rare, utilisée tout entière, bue par le sol, évaporée par les feuilles. Beaucoup d'arbres, et en particulier l’eucalyptus et le tremble, dessèchent admirablement le sol;

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