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5° Enfin un moyen très employé d'asséchement d’une région consiste à la drainer par de grands canaux, à pente bien calculée. Ces canaux doivent, en principe, suivre le pied des collines ou des hauteurs d'où l’eau descend par ruissellement ou sous terre, pour s’accumuler dans les bas-fonds. De petits fossés, des tranchées perpendiculaires à la direction du grand canal lui apportent l’eau du sous-sol. Le canal principal aboutit à la mer ou à un cours d'eau. De pareils ouvrages doivent être surveillés et désherbés annuellement ;
6° Dans beaucoup de régions, des inondations remplissent de vastes cuvettes d’une eau sans écoulement qui ne s'évapore que peu à peu et forme des gîtes printaniers à anophélines des plus dangereux.
Il faut donc accumuler d'épaisses levées de terre, des digues que l’on boise, pour maintenir les oueds dans leur lit; tout le terrain gagné sur le bas-fond sera riche en limon et merveilleusement propre à Loutes les cultures;
7° Le régime des oueds nord-africains est tout à fait irrégulier. Un ravin d’une effrayante sécheresse en été se remplit en hiver de flots tumultueux qui se creusent chaque fois un lit nouveau dans la vallée et dans la plaine. Les cultures riveraines sont souvent ravagées et toujours menacées; ce bouleversement du lit provoque la formation de mares, de petites sources dans le sable des parties déclives. Autant de gîtes à anophélines. Les routes elles-mêmes sont souvent emportées (oued Djema près d’Aomar en 1904). L'intérêt de l’agriculture, autant que celui de l'hygiène réclame la régularisation du cours des oueds et leur endiguement. On peut briser l'élan des torrents par de petits barrages faits de claies et de fascines retenues par des piquets bien enfoncés et se succédant à quelques mètres du haut en bas d’un ravin. Plus bas, on garantira les berges par des épis et des digues.
Éloignement des indigènes. — La question du voisinage des indigènes se lie à celle de l'emplacement de la maison. Les indigènes fournissent partout la main-d'œuvre en Algérie-Tunisie; et, pour plus de commodité, ils sont logés tout près des fermes. On voit partout, accolésà chaque maison de colon, à chaque village, les tentes basses ou les gourbis épineux des khammès. Nous savons aujourd'hui que ces indigènes, surtout leurs enfants, constituent le réservoir de virus paludéen où viennent s'infecter les anophélines. Cette unique raison suffirait à faire prévaloir le principe de l'éloignement des familles indigènes (la ségrégation des Anglais).
D'autres motifs s'ajoutent à cette raison principale. Il faut se garer de la vermine dont sont couverts les fellahs, qu'elle ne gêne point, de la contagion de la conjonctivite granuleuse, dont ils sont si souvent atteints, et enfin de la souillure du sol et des eaux, fatale par suite de la dissémination de leurs matières fécales à la surface du sol. Les familles indigènes seront donc repoussées le plus loin possible, au
moins à 1 kilomètre. Seuls, les gardiens passent la nuit à la ferme. Dans les villages et les villes, l'autorité devrait veiller à maintenir séparés les quartiers européens et indigènes. Malheureusement, et malgré l'opinion fausse qui a cours dans la métropole, les colons et les indigènes vivent sur le pied d'une amicale familiarité, que rompent seules les explosions de fanatisme musulman, ordinairement suscitées par le contagieux délire d'un halluciné ou d'un mystique (Yacoub et l'affaire de Margueritte), et il est difficile de faire appliquer ce principe de la ségrégation : il n’en est que plus utile de prôner ses avantages.
Forme de la maison. — La maison doit être entourée d'un mur d'enceinte, aussi éloigné qu'on le voudra. Ce mur permet l'isolement parfait de l'habitation et des habitants et donne la sécurité du sommeil et du repos. Il faut tenir compte, dans l'hygiène du colon, des tourments moraux et de la fatigue causés par les veilles et les gardes de nuit; l'insécurité qui règne dans la campagne algérienne est un très mauvais facteur de vie saine. Il est donc nécessaire que, tout en prenant un air riant et gai, la maison du colon puisse se fermer et se bien fermer.
Construction et aménagement. — L'habitation idéale s'inspirera du type des maisons romaines, mauresques ou espagnoles, en leur ajoutant simplement le confort moderne. Les pièces seront disposées en carré autour d’un atrium ou patio. Il n'y aura qu'un rezde-chaussée, tout au plus un premier étage. Ce rez-de-chaussée sera élevé d'au moins 1 mètre au-dessus du sol et sera bâti sur cave. Une véranda fera le tour de la maison.
Il faudra surtout se baser, dans la construction, sur cette idée qu'il faut se protéger d’abord contre l’ardente chaleur estivale, ensuite contre les pluies torrentielles de l'hiver. On n'oubliera pas la défense mécanique contre les Insectes, et en particulier contre les Moustiques.
Le sous-sol, s'il est argileux, sera drainé. La cave, étanchéifiée, s'élèvera un peu au-dessus du sol. On y conservera le vin et les viandes. La laiterie et la crémerie, ainsi qu'un fruitier y seront installés. Elle prendra jour par des soupiraux protégés contre le soleil par un pelt toit et grillagés avec un treillis de fil de fer galvanisé dont les mailles auront de 1 à 2 millimètres d'ouverture.
Les murs seront en pierre et mesureront au moins 60 centimètres d'épaisseur. Dans le Tell, on pourra se procurer à peu près partout de bonnes pierres. Le ciment, les fers et les autres matériaux de construction coûtent cher en raison des transports à grande distance. Mais il est préférable d'y recourir plutôt qu'aux matériaux qu'on trouve sur place :le pisé et les poutrelles, en général trop courtes. Dans le Sahara, les Européens emploient volontiers les malériaux indigènes : murs de Zoub, sorte de briques grossièrement
faites et cuites au soleil, et charpente de troncs de palmiers, dont les nervures des feuilles servent aussi de lattes.
Les murs gagneront à êlre doublés, intérieurement, dans les chambres, par une cloison de briques, tubulaires de préférence, élevée à quelques centimètres de distance, de façon à laisser un matelas d'air, couche isolante. Cette cloison sera tapissée elle-même, sur 1,50 de hauteur, de ces carreaux faïencés dont les Arabes nous ont donné de si beaux modèles. La partie restante du mur, au lieu de papier peint, sera revêtue d’une couche de peinture à l'huile, ou au moins badigeonnée au lait de chaux. Les couleurs claires conviennent le mieux. Le parquet ne sera jamais planchéié; mais, suivant l'usage d'ailleurs général dans la Berbérie, il sera formé de carreaux qui assurent la propreté et la fraîcheur.
De petites fenêtres, munies d'un treillis métallique à mailles fines
Fig. 31. — La maison du colon, telle qu'on la rencontre trop souvent: bloc rectangulaire de deux ou trois pièces, sur lequel tout le jour le soleil darde ses rayons, ouvre sa porte et ses trop grandes fenêtres sur le bord de la route, qui apporte
la poussière et les vagabonds. 1: ; Le colon se plaît avec raison à porter l'épaisse ceinture de laine et le casque de
liège aux larges bords.
et de persiennes solides et opaques. Pas de rideaux ni de tentures ; à chaque lit sa moustiquaire. La cheminée, munie à sa base d'un cadre mobile de treillis métallique. Des bouches d'aération, grillagées, s’ouvrant à la partie supérieure des murs, au-dessus des fenêtres, et communiquant avec un conduit partant de la cave pour finir au-des-
sus du toit. a Les portes extérieures seront doublées d'une porte grillagée, et, au
besoin, pourvues d'un tambour installé sur le perron. La véranda sera elle-même enclose de toile métallique, qui n'empêche aucunement la brise de passer. On a même remarqué que les violents siroccos, soufflant à travers la fine gaze de fer galvanisé, perdent beaucoup de leur ardeur brûlante, sans doute par suite de la dilatation brusque du courant d'air, au sortir des mille trous qui perforent le léger mur de métal. .
Sur la maison, un toit de tuiles solides la débordant largement, de 1 mètre si possible, imperméable aux averses hivernales et formant un vaste grenier. Des tuiles couvriront de même la véranda, avec un auvent en saillie. Pour de petites habitations, on pourra construire un vaste toit élevé sur des piliers maçonnés et recouvrant la maison sans la toucher, à la façon d’un gigantesque parasol. De pareilles constructions ont été mises à l’essai dans le Sud-Algérien, telles les maisonnettes de la compagnie de chemins de fer de lEst- Algérien, près de Biskra. Le grenier sera largement ventilé. I faut renoncer aux terrasses, qui laissent en hiver filtrer les eaux pluviales et qui sont brûlantes en été.
L'atrium, séparé des chambres à ses quatre côtés par des galeries dallées et carrelées sur les murs et sur les colonnes, aura son compluvium (ouverture carrée pratiquée dans le toit), coiffé d’un toit surélevé par des panneaux verticaux et grillagés. Il formera ainsi un haut et vaste hall fermé, mais aéré, où la lumière descendra adoucie et reflétée par les faïences murales. On pourrait aussi jeter sur cet atrium un dôme mauresque, percé de toutes petites lucarnes, dont les verres colorés versent une lumière discrète.
D'érudits architectes savent aujourd'hui combiner les formes pittoresques des fraiches maisons mauresques et les exigences du confort européen. Tout colon, même peu fortuné, peut les imiter : les maisons mauresques sont remarquables par leurs très petites ouvertures extérieures, l'atrium intérieur, l'emploi des coupoles plus ou moins compliquées, le tout blanchi d'un lait de chaux. Le colon s'inspirera de ces formes, mais en s'appliquant, de plus, à assurer l’aération et à combattre l'humidité.
I faut exclure de la maison même tous les animaux domestiques dont des mœurs arriérées faisaient nos commensaux : les chiens au chenil, les chats au magasin à blé. Les kystes hydatiques sont en effet fréquents en plusieurs régions de l'Algérie, les vers intestinaux répandus partout, les cas de rage, de teigne, de trichophytie trop communs ; il est nécessaire de lutter contre cette infestation due à notre excessive intimité avec nos animaux domestiques. Nous admettons les hirondelles et les tarentes ou geckos, grands chasseurs d'insectes, mais nous expulserons le moineau pillard et la cigogne ennemie des toitures. L'atrium pourra être égayé par une volière et des plantes vertes : un jet d’eau retombant dans une
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vasque entretiendra une douce fraicheur. De grandes amphores de terre poreuse remplies d'eau pourront, l'été, remplir le même but, placées dans les chambres, comme en Espagne. Il ne faut pas abuser des plantes grimpantes autour de la véranda, elles gênent l’aération et abritent les insectes.
Les communs, les écuries, les remises, les granges à céréales et à fourrage forcément enclos, par mesure de sécurité, dans le mur d'enceinte, seront éloignés le plus possible de la maison. Écuries et étables servent de refuge aux moustiques et de gites aux stomoxes et aux mouches, contre lesquels les grillages bien entretenus de la maison seront une précieuse défense.
Les cabinets d’aisances ne peuvent guère être mis ailleurs que dans la maison même. On adoptera, suivant le cas, la fosse fixe étanche, la Uinette mobile et surtout les latrines à la terre. Les fosses fixes seront pétrolées tous les quinze jours en été pour y détruire les larves de Culex. On devra tenir à installer les chasses d'eau; les cuvettes devront toujours être à siphon; l’aération des cabinets sera assurée par des conduits spéciaux s’ouvrant au-dessus du toit el, bien entendu, grillagés.
Le tableau idéal que nous traçons de la maison du colon nordafricain est fort éloigné, il faut l'avouer, de celui que l’on a d'habitude sous les yeux. Les colons vivent dans une promiscuité dangereuse avec les indigènes et se contentent trop aisément d’une habitation insuffisante, comme on n’en voit plus en France que dans des cantons misérables. Oh! la triste petite maison du colon! Formée de deux ou trois pièces réunies en un bloc rectangulaire, sur lequel, tout le jour, le soleil darde ses rayons, elle ouvre sa porte et ses trop larges fenêtres sur le bord de la route qui apporte la poussière et les vagabonds. En vain y cherchez-vous lacommodité ou l'hygiène. Tout à côté d'elle, souvent adossé au mur même, le gourbi du khammès dresse son torchis de terre et de branchages. Dans sa pauvre demeure, bâtie d’après les souvenirs rapportés du pays natal, avec la parcimonie nécessitée par la cherté des matériaux, le colon vit plus mal que le Maure dans son dar étincelant de blancheur, ou le nomade sous sa tente bariolée.
Pour prospérer en Algérie, l'agriculteur à besoin de plus d’aises qu'en France. Et n'est-ce point le meilleur préventif contre l'alcoolisme que le charme d’une habitation fraîche et reposante, qui se fait préférer au café ou à la cantine bruyante, enfumée, puante et infestée de Mouches ?
Vêtement. — Il importe de se prémunir contre les refroi dissements, si faciles après des heures de sudation : la large et longue ceinture de laine est adoptée depuis longtemps par la
majorité des colons. Il faut de plus, étre toujours vêlu de drap.
Les vêtements de toile sont un contresens dans la Nord-Afrique
excepté aux heures chaudes de la journée et à l'intérieur des habitations.
Les vêtements seront amples el non pas ajustés, de façon à permettre la circulation de l'air, l'évaporation de la sueur et la respiration de la peau. Les meilleures chemises sont mi-partie laine, mi-partie coton : elles sont ainsi légères et protègent bien contre le refroidissement.
La nuit, ne pas manquer de porter une ceinture de laine ou de flanelle.
Il est possible que le surmenage de nos régulateurs thermiques, durant un chaud été, et la fatigue de nos organes digestifs nous rendent plus sensibles au moindre abaissement de température; 1l est en tout cas certain qu'en Algérie-Tunisie un refroidissement, même léger, entraine des troubles digestifs longs à disparaître.
La coiffure partout adoptée aujourd'hui est très rationnelle : c'est le casque de liège à larges bords, très léger et parfaitement ventilé.
La chaussure sera grande et solide; les guêtres ou molletières sont utiles à qui traverse les broussailles et les marais. Les bottes sont trop lourdes pendant les chaleurs.
Pour les femmes, pas de vêtements ajuslés, mais des robes flottantes et lâches, assurant la libre circulation de l'air.
Les enfants pourront être légèrement vêtus, pourvu que la tête et le ventre soient bien couverts. En dépit des modes anglaises, les pieds seront protégés par de hautes chaussures pour les garantir des insectes, des tarentules, des mygales, des scorpions et même des serpents, sans parler du tétanos.
Genre de vie et récréations. — Le repos nocturne du colon est souvent troublé, avons-nous dit, par la nécessité de surveiller ses bêtes et ses récoltes. L'habitude de la sieste en est d'autant plus précieuse. Au moment de la plus grande chaleur du jour, une heure de repos revivifie les énergies. Ici encore, le bienfait des grillages métalliques se fera sentir, en défendant le dormeur contre l'importunité des mouches. La méridienne ne doit pas toutefois être trop prolongée, des ablutions fraîches réveilleront tout à fait le dormeur.
Il y aura avantage à ne pas veiller tard et à se lever tôt. A l'abri des treillis métalliques, portes et fenêtres peuvent être laissées grandes ouvertes la nuit.
L'hydrothérapie sous toutes ses formes (au moins le tub quotidien) doit jouer un grand rôle dans la vie du colon.
Les jours de repos sont en général, dans l'intérieur, les jours de marché. La fréquentation des cafés mise à part, l'hygiène ne peut que gagner à la distraction de ce jour férié; mais que le colon se défie! S'il est obligé à un long parcours, qu'il ne s'arrête pas au coucher du soleil ou la nuit à proximité d'un oued ou d'un marais. Une nuit en région fiévreuse suffit à l'infection.
Enfin, tant que l'acclimatement ne sera pas parfait, il est bon que les colons venus de France et leurs enfants aux premières générations aillent, tous les deux ans en moyenne, passer l'été dans la mère-patrie. L'exode estival des Algériens-Tunisiens vers la France et la Suisse est devenu une coutume établie, qui a sa raison d'être, et contre laquelle onessaierait en vain d'émouvoir l'opinion publique. D'une façon générale, l'hygiène ne peut que trouver son compte à ces voyages, qui font en outre connaître aux Nord-Africains la grande France.
On a pensé à lutter contre la dépression estivale en organisant des cures d'altitude ou des stations de bains de mer. Le bain de mer est excellent en lui-même, pris avec modération durant de courts instants, mais 1l implique la vie sur le littoral, dans une atmosphère sursaturée d'humidité, énervante au possible. Puis l’eau de la Méditerranée, très chargée en sel (35 grammes par litre), laisse sur la peau une couche saline qui gêne les fonctions cutanées de transpiration et de respiration, tout en causant une irrilation parfois douloureuse. En somme, les bains de mer seront pris fort courts et suivis de douche d’eau douce; la saison n’en doit pas être prolongée outre mesure.
Mieux vaut la cure d'altitude. Les montagnes de l'Atlas qui dominent la Mitidja de 1500 à 1 600 mètres fourniraient aux Algérois de nombreuses stations estivales, sous les bois de cèdres, près des sources fraîches. Il existe déjà un de ces établissements. Les Kabylies, grande etpetite, l'Aurèsoffriront aux Bougiotes, Constantinois, Philippevillois et Bônois les mêmes avantages. Les Tunisiens trouveraient de semblables sites dans les monts de Kroumirie. En 1905, l'autorité militaire a envoyé des troupes estiver en pleine forêt, sur des hauteurs, dans des campements improvisés. L'idée est heureuse, à condition que les précautions nécessaires soient prises contre le paludisme.
A défaut des montagnes, on pourrait utiliser les Hauts-Plateaux pour l'estivage. Il y fait très chaud au soleil dans la journée, mais l'air est sec, et la fraîcheur des nuits calme et repose. La plupart des colons, s'ils renoncent à un voyage en France, vont au bord de la mer. L'inverse leur vaudrait mieux. L'été sur les Hauts-Plateaux n'offre qu'un danger, celui du paludisme, mais il n'est pas moindre sur le littoral.
L'idée des sanatoriums estivaux sur les hauteurs est destinée à s'imposer à l'attention publique, car elle a fait sa preuve dans les Indes anglaises et dans les colonies allemandes. Là réside le meilleur moyen d'augmenter la capacité de service colonial des fonctionnaires et employés.
Les compagnies de chemins de fer du P.-L.-M. et du Bône-Guelma ont fait construire, pour le transport des voyageurs, des wagons à
couloirs avec balcons, qui diminuent beaucoup la fatigue des longs trajets. Beaucoup de wagons sont aussi munis de volets de bois. Il serait désirable de voir nos compagnies de chemins de fer algériens, imitant ce qui a été fait ailleurs (chemin de fer de Damas à Beyrouth), adopter de nouveaux volets, constitués par un châssis de toile métallique à mailles fines qui arrèterait les poussières, la fumée, et alténuerait l’ardeur du sirocco.
MILITAIRES ET EXPLORATEURS. — EN GarNison. — En garnison, l'hygiène du soldat est à peu près la même dans la Nord- Afrique qu'en France. Sa principale maladie est encore la fièvre typhoïde, souvent fort grave et compliquée, surtout dans le contingent français. Certaines garnisons sont éprouvées par le paludisme, même dans de petites villes (zouaves de Coléa); l'autorité militaire, ne pouvant pas dans ce dernier cas recourir aux mesures antilarvaires, adoptera avec avantage la défense mécanique des chambrées. Elle est d'ailleurs entrée récemment dans cette voie.
La ventilation des chambrées et des réfectoires réclame une attention particulière. Sauf dans le Sud, la plupart des casernes ressemblent trop à celles de France. Elles sont du type Belmas en général. Les hommes y souffrent de la chaleur. Il faudrait tenir compte des différences de climat, copier les maisons mauresques, mais les ventiler. La caserne des chasseurs d'Afrique à Tunis témoigne d'un effort en ce sens. Une véranda court le long des murs au rez-de-chaussée et au premier étage. Un canal d'aération installé sous le plancher des pièces y amène l'air de l'extérieur par des bouches s'ouvrant dans le parquet et recouvertes d'un panier grillagé destiné à recevoir les balayures.
Dans le Sud, les chambres sont voûtées et situées sous des terrasses ; leurs portes et fenêtres prennent jour sur une galerie couverte. La paroi de la chambre opposée à la porte n’a que des créneaux sur l'extérieur. Ces chambres sont toutefois fort chaudes. Sériziat a émis l’idée très pratique, mais non encore exécutée, d'utiliser à Biskra le courant fort rapide des séguias, qui courent partout dans l’oasis, pour mouvoir des ventilateurs.
Dansles garnisons sahariennes, les hommes couchent la nuit surles terrasses ; 1l serait bon de les munir de moustiquaires de lit, en tulle.
Dans les villes où manque le tout à l'égout, les tinettes mobiles plus ou moins perfectionnées conviennent pour les latrines. Dans le Sud, on peut user de l'earth system.
Enfin, pendant toute la saison chaude, un règlement très sage consigne les troupes au quartier de dix heures du matin à trois heures du soir. Durant la sieste, strictement obligatoire, les hommes se reposent et ne sont astreints à aucun exercice ni corvée.
EN CauPaGne. — Les mesures hygiéniques deviennent plus spéciales pour les troupes en campagne.