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MILITAIRES ET EXPLORATEURS

hommes et prescrira des distributions supplémentaires de boissons chaudes. À Bou-Thaleb, une nourriture insuffisante, voire l’inanilion, vinrent en aide au refroidissement. Enfin il exigera que, la nuit, les hommes revêtent leurs effets de drap et déroulent leur pèlerine à capuchon.

Les pierres situées sous la tente-abri seront soulevées avec précaution et écartées, car elles peuvent cacher des scorpions, des scolopendres, des tarentules, des mygales ou des serpents (vipères à cornes), dont la piqûre ou la morsure, rarement mortelles, sont au moins très désagréables.

Au Sahara, il faut toujours camper dans un endroit sableux, car toutes les ordures disparaissent vite dans le sable, moins gênant d’ailleurs que la poussière des lieux rocheux. S'envelopper dans deux burnous et ne pas coucher directement sur le sable, car, audessous d'une croûte de minceépaisseur, conglomérée par l'humidité de la rosée, le sable resté meuble possède une température plus basse de 3 à 4°. On se fera donc toujours un lit, avec les Lellis des chameaux, par exemple. À cause du rayonnement nocturne, très considérable au Sahara, il ne faut jamais dormir en plein air, mais sous une tente, et se couvrir au moins les yeux d'un mouchoir.

Vêtements. — Les troupes nord-africaines ont les mêmes uniformes que les corps similaires de la métropole chez les artilleurs, sapeurs du génie, soldats de la légion étrangère, des bataillons d'Afrique (joyeux ou zéphyrs), les soldats d'administration et les infirmiers, les soldats du train des équipages. On leur a seulement donné la grande ceinture de laine. Une réforme considérable s'impose pour le costume de toutes ces troupes : il faudrait les doter du veston ou de la vareuse couleur kakhi et du casque de liège.

Les troupes européennes purement nord-africaines sont : les zouaves, seule troupe d'infanterie régulière, et les chasseurs d'Afrique.

Le pantalon à la turque des zouaves est très lourd quand il est en drap; il s’imbibe d'eau sous la pluie ou au passage des rivières, malgré le « trou de Lamoricière » percé dans son fond. Somme toute, il est fort incommode. On a fait l'essai, dans quelques compagnies, du pantalon européen simplement bouffant, comme certains sportsmen en portent. La petite veste indigène est fort pratique, et, chose curieuse, bien qu'elle laisse complètement le cou à nu, les maux de gorge ne sont pas plus fréquents chez les zouaves que dans les autres corps. La large et longue ceinture de laine, qui change de couleur suivant les corps, est une des plus utiles parties de l’uniforme des troupes d'Afrique. Elle protège à merveille le ventre, si sensible dans les ‘pays chauds. La chéchia des zouaves, qui a l'inconvénient de ne pas abriter les yeux, a, par contre, l'immense avantage de protéger la nuque contre les rayons

solaires et contre la réverbération du sol. Elle peut aussi, la nuit, être enfoncée sur les yeux et sur les oreilles. Les guêtres des zouaves, montantes jusqu'au genou, en plus de l'embarras des trop nombreux boutons, présentent le grave défaut de provoquer très souvent, avec le soulier, la formation de plaies du cou-de-pied et de serrer le mollet, à cause de leur inextensibilité. Il paraît que l’on a abandonné, en principe, la guêtre des zouaves. Les zouaves de l'expédition de Chine ont été munis des molletères en drap des troupes alpines, avec des brodequins ; mais les zouaves actuels ont toujours la fâächeuse guètre. Les molletières sont d'ailleurs bien chaudes en élé.

Dans le Sahara, certains explorateurs (Foureau) préfèrent marcher pieds nus. D'autres porlent des chaussures légères. Dans l'Erg (régions sablonneuses), le sable pénètre dans toutes les chaussures, gênant la marche.

Les chasseurs d'Afrique ont la large ceinture de laine et la chéchia. Les gendarmes portent le casque colonial et, depuis peu, la vareuse bleue.

Les autres troupes auraient besoin, comme nous l'avons dit, d’un nouveau type d’uniforme.

Le képi, dangereux malgré son couvre-nuque, est à proscrire dans la Berbérie. Le casque de liège ou de sureau ne présenterait qu'un inconvénient : on ne peut pas le garder sur la tête pour dormir en plein air. Dans le Sahara, on placera sous le casque un long voile, analogue au chach des Arabes, couvrant la tête, la nuque et les épaules. Comme les Arabes, on se protégera la face avec le chach les jours de grande chaleur. Le meilleur casque serait le salako à très larges bords, ou le casque colonial des Anglais, à couvre-nuque très allongé. Il devrait exister un espace large de 2 centimètres au moins entre le bandeau de cuir qui serre la tête et le casque lui-même.

La protection des yeux, à peu près inutile en temps normal dans le Tell, est indispensable au Sahara. Les conserves de verre fumé sont précieuses à la fois contre les ouragans de sable et contre la réverbération si fatigante des rayons solaires sur le sable fauve ou le sel blanc des chotts. Les lunettes dont nos soldats sont munis présentent des défectuosités : leur cuir échauffe et irrite la peau. II devrait être supprimé. Les verres seront toujours très grands.

Les troupes indigènes ont soit le costume indigène (tirailleurs, spahis), soit l'uniforme européen avec le fez (artilleurs, sapeurs, infirmiers).

Genre de vie et récréations. — Dans la Berbérie, on a la sage habitude de faire les étapes de nuit : le départ a lieu vers une heure du matin, et l’on s'arrête à huit ou neuf heures ; on évite ainsi de marcher, haait la grande chaleur.

Les soins préventifs des pieds s'imposent aux fantassitis. Il est

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