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VÉTEMENT

d'autruche. Pour chaussures, ils ont des savates amples et solides sans talon (sabbat); les riches seuls portent des chaussettes ; les cavaliers ont des sortes de bottes molles de cuir rouge ({emaq), qui sont de véritables chaussettes de cuir, gènant la transpiration et entretenant la malpropreté des pieds.

Les personnages d'un certain rang s’habillent aussi de haïks enroulés autour du corps et auxquels bien souvent est attaché le mouchoir qu'ils ne mettent jamais dans une poche, et pour cause, car elle est remplacée par une sacoche en cuir (djebira) passée en bandoulière sous le burnous.

Les citadins et les cavaliers portent un pantalon bouffant : le seroual. Les Maures ajoutent au seroual un ssedri (gilet boutonné droit) et une djebdeli (veste ronde à manches).

Les Kabyles se couvrent d'une large chemise en laine (chloukha) serrée aux reins par une ceinture de cuir; ils ont aux jambes une paire de guêtres (bougherous) sans pieds, en cuir ou en toile. Leur tête est nue ou coiffée d’une chechia toujours sale, surmontée d’un mdhal au moment des travaux agricoles estivaux. En hiver, ils se servent parfois de sortes de socques appelées quäb-quäâb. Les Marocains qui immigrent en Oranie ont les mêmes vêtements que les Kabyles ; ils se fabriquent avec des tiges brutes d’alfa des espadrilles, à semelle haute de plusieurs centimètres, attachées au pied par des liens très ingénieux en alfa.

Les femmes des villes sont vêtues, à la maison, d'une chemise transparente, maintenue aux reins avec des étoffes de soie. Un foulard sur la tête, des pantoufles brodées complètent le costume. Pour: sortir, elles ont des bas blancs, un vaste pantalon en coton blanc, des souliers découverts, un voile blanc sur la figure, et tout le buste enveloppé d'une grande étoffe blanche. Ces femmes mauresques sont très propres.

Il n’en est pas de même des femmes de la campagne, dont les vêtements boueux ne sont jamais lavés et ne sont quittés qu'en cas de force majeure. Elles n'ont pas de chemise, mais s'enveloppent d'une pièce de drap, lesarma, retenuesur l'épaule par des agrafes. D’autres étoffes, serrées à la taille par une ceinture, les drapent de la tête aux pieds. Elles mêlent des tresses de laine à leurs nattes, qu'elles teignent au henné ainsi que leurs ongles. La chevelure est entourée d’un haïk. Les femmes des Kabyles, des fellahs, des nomades et des ksouriens ne sont pas voilées. |

Les enfants sont à peine vêtus jusqu'à cinq ou six ans. Chez les fellahs, ils ont tout juste une chemise et une chechia ; parfois ils vont tout nus. Ils affrontent ainsi le soleil, la pluie et les broussailles. On comprend, à les voir, que la mortalité infantile soit si élevée chez les indigènes, mais aussi ceux qui résistent sont-ils des plus robustes.

Les indigènes dorment tout habillés; ils ne quittent que leurs chaussures. Ils n’ont pas de lit; les riches s'étendent sur des sortes de sofas, mais la plupart se contentent d'une natte. « C’est Dieu qui vous a donné la terre pour lit », dit le Coran (chap. XT).

Le vêtement de l'Arabe, dont la partie essentielle et originale est le burnous, nous paraît merveilleusement approprié au pays. Sous ces blancs manteaux de laine, mauvais conducteurs de la chaleur, on n'a jamais trop chaud, d'autant plus que l'on en peut ouvrir les pans et les rejeter sur les épaules. En revanche, en hiver ou la nuit, le burnous bien serré autour du corps, le capuchon rabattu sur les yeux, est préférable à la meilleure couverture.

Le costume indigène, de plus, n'implique aucune de ces constrictions qu'inflige le vêtement européen : le cou est libre, le thorax et l'abdomen ne sont pas serrés dans des vêtements ajustés, pas de ceintures, pas de cols, de manchettes, de jarretières, de bottes ou de bottines; les articulations jouent sans contrainte. Le vêtement de la femme arabe est inférieur à celui de l'homme ; les jambes et les aisselles, non couvertes, sont exposées aux refroidissements.

: Iconvient enfin d'ajouter que jamais un indigène des basses classes ne se sépare de son vêlement:il attend que celui-cile quitte, par lambeaux. L'achat d'un burnous fait époque dans la vie d’un fellah.

Genre de vie etrécréations.— Les grandes fêtes des indigènes musulmans de la Berbérie sont toutes religieuses : Aïd-el-kebir, Aïd-el-seghrir. Elles se traduisent pour le commun des fellahs par une consommation extraordinaire de viandes et de nourritures de toutes sortes, offertes en général par de riches personnages. L'alcool ne joue aucun rôle dans ces fèles, mais les troubles digestifs qui les suivent n'en sont pas moins graves.

Dans la vie ordinaire, le mari ne voit sa femme que dans le gynécée et ne vit guère auprès d’elle. Jamais l’homme ne prend son repas en même temps que la femme. Il résulte de cette dualité de la vie musulmane que tous les progrès que peut faire l'homme au contact des Européens se trouvent contre-balancés par l'ignorance complète et la frivolité de la femme, qui reste attachée aux croyances les plus grossières et aux pratiques les plus routinières. L'hygiène de la maison ne pourra s'améliorer que lorsqu'on pourra éduquer la femme. Celle-ci, à vrai dire, n’est que la bête de plaisir et la bête de somme. C’est elle qui fait tous les gros travaux qui déforment son corps : elle a la mauvaise habitude de porter les enfants, même grandis, sur le dos, dans un repli du haïk. Et des fillettes de sept et huit ans portent ainsi des enfants de deux ou trois ans.

L'ignorance et l’abaissement de la femme arabe chez les fellahs la rapprochent bien plus de la sauvagesse de peuplade primitive que de la femme civilisée. Elle ne répare guère les déchirures des vêtements. Les effets de toile et de laine sont rarement lavés, ou ne le sont

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