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RAPPORTS DE L'HYGIÈNE AVEC LA RELIGION

jamais. Sa loilette personnelle est très négligée, et elle ignore presque l'usage du savon.

Une des causes qui influent le plus défavorablement sur la santé générale de la race est causée certainement par la précocité des rapports sexuels. La loi musulmane, respectée par la France, autorise le mariage des filles à peine nubiles, et c'est ainsi que se commettent Journellement des « viols légaux » en Algérie. On a aussi remarqué que la crise de la puberté avait une fâcheuse influence sur l’intelligence en éveil des jeunes garçons indigènes.

Rapports de l'hygiène avec la religion. — On sait que la vie de tout bon musulman doit être calquée autant que possible sur celle du Prophète. Non seulement la morale, mais tous les moindres détails des mœurs sont commandés et définis d'abord par le Coran, qui est la parole même de Dieu, révélée par l'ange Gabriel à Mahomet qui n'a fait que Ja transcrire, et puis par les JJadits, qui représentent la tradition écrite de tout ce qui a trait au Prophète. Les Hadits recueillis de la bouche même de témoins oculaires ou auriculaires, en particulier des femmes du Prophète, se sont transmis d’abord oralement, puis ont été écrits. Ils contiennent le détail de la vie du Prophète, et, par exemple, les pratiques minutieuses de son hygiène et de sa toilette. Le croyant trouve dans les Hadits le modèle de sa conduite dans tous les actes de sa vie, jusqu'à la façon de se laver dans telle ou telle circonstance.

Nous ne parlerons ici que des principales obligations religieuses parmi celles qui ont un rapport avec l'hygiène.

Mahomet a proscrit de l'alimentation la viande et la graisse de porc et les boissons fermentées. L'abstention de la viande de porc, déjà recommandée par Moïse, se justifie non seulement par les nombreuses maladies qui frappent le porc, mais aussi par la digestion difficile des viandes grasses sous un climat chaud. L’exclusion de l'alimentation des boissons fermentées est aussi excellente, l’alcoolisme devenant bien vite grave dans les pays chauds, ou, du moins, la dose maxima d'alcool que l’on y peut supporter sans lésions graves des différents organes étant très faible, en raison de la débilitation générale que provoque l’excessive chaleur. Très peu d’indigènes en Berbérie boivent du vin ou des liqueurs. Quelques individus de basse classe, cochers ou ouvriers dans les villes, ou bien les indigènes fréquentant les Européens, ont pris l'habitude de l'anisette et de l'absinthe, qu'ils boivent avec excès et qui ne tardent pas à les tuer, en favorisant le développement de la tuberculose. Mais, d'une façon générale, les esprits sont trop profondément imprégnés par l'enseignement religieux pour que l'on puisse craindre que l'alcoolisme fasse de grands ravages chez nos sujets musulmans.

Imitant les pratiques juives, Mahomet institua un jeûne d’un mois, destiné à rappeler aux musulmans, par une mortification corporelle,

leurs devoirs envers Dieu. Le jeûne consiste à s'abstenir de manger, de boire, de fumer, d'avoir des rapports sexuels depuis le moment où la clarté du jour prend naissance jusqu’à l'instant précis où le soleil disparaît à l'horizon. Il dure tout un mois, le neuvième de l’année lunaire musulmane, etse désigne souvent par le nom de ramadan, qui est celui du mois où il a lieu. Pendant la nuit, le fidèle est libre d'agir à sa guise, comme il le fait en temps ordinaire, et nulle privation ne lui est imposée. Il est donc exact de dire que, durant ces trente jours, on intervertit uniquement l'ordre habituel des choses en accomplissant pendant la nuit les actes matériels de la vie qu'on a généralement coutume de faire le jour (1). Le malade est dispensé du jeûne, de même que le voyageur, mais ilreste redevable des jours de jeûne qu'il n'a pas accomplis et doit, dès qu'il en est capable, jeûner un pareil nombre de jours. En réalité, le ramadan, scrupuleusement observé en Berbérie, est une époque de relâchement général : le travail est ralenti, les hommes ayant mangé toute la nuit ne sont plus capables d'un bon travail dans la journée, durant laquelle, d’ailleurs, ils ne peuvent rien prendre pour se soutenir, pas même une gorgée d'eau. On est alors obligé de diminuer beaucoup les exercices des troupes indigènes. De plus, le bouleversement des habitudes, la suppression diurne du tabac, pour des gens en général grands fumeurs, provoquent une certaine exaltation qui est entretenue par l'audition dans les mosquées de la lecture des livres saints. Le ramadan amène toujours un réveil de ferveur religieuse, même de fanatisme, toujours fâcheux pour la santé morale. La santé physique n’en souffre pas moins, car cetle population, exténuée par une journée de fatigue et de privations,se hâte, dès « qu'on ne peut plus distinguer un fil blanc d’un fil noir », de satisfaire sa faim et sa soif dans des repas trop copieux. Sans que l'alcool y joue aucun rôle, ces orgies de nourriture amènent une véritable soûlerie de la foule qui se rue au plaisir. Ces effets sont surtout funestes lorsque le ramadan tombe en été, quand les journées sont longues et la chaleur fatigante. Le ramadan, somme toute, n’est pas une vraie pénitence, et n’a plus la signification hygiénique des jeûnes des religions antérieures à l'islamisme. On dit que Mahomet, voulant prescrire aux musulmans une pratique des juifs et des chrétiens, ne crut pas suffisant d'adopter le jeûne de ces derniers, car, pour la pauvre population de son temps, le jeûne des chrétiens correspondait au régime ordinaire. Il s’inspira alors du jeûne hébraïque, mais en lui donnant une longueur presque égale au jeûne chrétien. De là le caractère excessif et déraisonnable du ramadan. |

Le fidèle doit faire cinq prières par jour : au lever du soleil, vers midi, au milieu de l'après-midi, au coucher du soleil, lorsque la nuit

(1) O. Houpas, L'islamisme, Paris, 1904.

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