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RAPPORTS DE L'HYGIÈNE AVEC LA RELIGION

-est devenue complète. Mahomet a prescrit que, pour procéder à sa prière, le croyant devait être en état de pureté, c’est-à-dire s'être lavé avec de l’eau pure les mains, le visage et les bras jusqu'aux coudes. Dans les mosquées, il y a souvent une fontaine près de’la porte, et les fidèles ÿ font une toilette encore plus complète avant d'entrer dans le saint lieu. Ces ablutions obligatoires assurent aux musulmans une propreté relative, qui, du moins en Berbérie, ne leur est pas naturelle. Malheureusement, à défaut d'eau pure, l'ablution sèche, avec du sable, est permise, et bien des gens négligents profitent de ce prétexte pour rendre illusoire le bienfait de l'ablution. Cette lustration sèche, où leïemmoum, est aussi permise aux malades, lorsque l’on craint que l'usage de l’eau pour la purification ne cause quelque mal. La madéfaction (mesha) eslune autre concession de la loi qui consiste à permettre de passer seulement la main mouillée sur une partie malade ou souffrante de la peau, comme dans un cas de blessure. L'ablution est obligatoire après le coït (djenaba); elle s'appelle, après les menstrues, haïda. Pendant les menstrues, le coït est interdit. L'ablution des parties génitales après avoir uriné est rstibra, celle de l'anus se dit istedjemer. Il est bon et méritoire de se nettoyer les dents et la bouche avec le miçouaq (cure-dent). Ces cure-dents sont faits du pédoncule desséché du Daucus (zroudia), ou de la racine de l’Airiplex halimus (queltaf) si commun dans les sols salés. A défaut de miçouag, on se sert du doigt. Les femmes arabes se colorent la bouche en rouge avec du souag (écorce de la racine du noyer), qui constitue un bon dentifrice.

Certaines pratiques, qui ont pour origine des traditions religieuses, présentent un intérêt au point de vue de l'hygiène; ainsi la circoncision et l'épilation du pubis. La circoncision est pratiquée sur les petits garçons de sept à huit ans par des spécialistes le plus souvent fort adroits. Mais leur ignorance totale de l'antisepsie ou de l’asepsie provoque une foule d'accidents, parmi lesquels la transmission de la syphilis. Un avantage indubitable de la circoncision est de prévenir les balanites et les urétrites banales. |

L'épilation a le grand avantage, chez des individus aussi peu soigneux que les fellahs, de gèner la pullulation des poux du pubis,

Les inhumations se font le plus tôt possible après la mort ; le cadavre est lavé à domicile, enveloppé dans un suaire et emporté sur un brancard sans cercueil. Les porteurs fournissent la course la plus rapide dont ils sont capables, en se remplaçant incessamment. Le mort est enterré dans son linceul, dans une fosse très peu profonde, la tête tournée vers l'est. La terre est amassée en un petit tertre, rarement on dispose quelques dalles pour éviter la profanation par les chacals et les hyènes. Ces ‘tombes si peu couvertes laissent toujours

échapper les gaz de la putréfaction.

s . . CE , Les musulmans groupent toujours leur cémelière autour d’un

marabout, sans nul souci des préoccupations de l'hygiène. Très souvent leur cimetière se trouve dans l'aire d'alimentation de leurs sources. Ils ont parfois la précaution de jeter de la chaux dans les fosses où l’on dépose des cadavres suspects de maladie contagieuse, ou bien en temps d’épidémie.

Le pèlerinage à La Mecque, ancienne coutume préislamique que Mahomet a conservée, en la transformantlégèrement, est la quatrième de ses prescriptions fondamentales : tout musulman doit, une fois dans sa vie, se rendre à La Mecque pour y accomplir les rites consacrés. La grande ferveur religieuse des musulmans de la Berbérie en entraîne chaque année un grand nombre vers l'Arabie à la conquête du titre envié de had} (pèlerin). Ces grands voyages sollicitent l'attention des autorités, d’abord par le danger qu'ils présentent de nous rapporter le choléra et la peste, et aussi parce qu'ils rendent nécessaire la surveillance des conditions hygiéniques du transport de ces milliers de hadji par les compagnies de navigation. Cette question est traitée en détail au chapitre du « Pèlerinage de La Mecque ». Qu'il nous suffise de dire que plusieurs fois déjà le Gouvernement a interdit, par raison d'hygiène, le pèlerinage de nos sujets, etque, d'autre part, à leur retour d'Orient, les hadji subissent une quarantaine dans des lazarets en Algérie et au Maroc, les épidémies pouvant être importées chez nous, en effet, par les Marocains, si leur pays n’était pas protégé contre la contagion venue d'Arabie par voie marine.

£n dehors du grand pèlerinage à La Mecque, il y a lieu de s’occuper de la foule des petits pèlerinages locaux, dus à un reste de paganisme, qui groupent à certains jours autour de quelques marabouts (tombeaux de saints de l'Islam) des cortèges de fidèles affiliés aux différentes congrégations musulmanes. Ces réunions religieuses, qui sont déjà soumises à une surveillance politique,'devraient être l'objet de précautions sanitaires, car elles favorisent la diffusion des épidémies, quand elles ne les font pas naitre, par l'agglomération, sur un territoire restreint, avec un mauvais couchage et une pire alimentaton, d'une multitude de gens et de bêtes venant parfois de fort loin.

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