MADAGASCAR. — ATMOSPHÈRE ET CLIMATOLOGIE
décroissance, février, mars et janvier. Les tremblements de terre sy produisent de temps à autre. La tension électrique y est très prononcée, surtout sur les hauts plateaux. Enfin, la luminosité y est extrême et les rayons solaires y semblent doués de propriétés radioactives particulièrement intenses.
Applications hygiéniques. — De tout ce qui vient d'être dit, il suit que celui qui habite Madagascar et surtout le colon nouveau venu doit être mis en garde contre les accidents dus à l'action du soleil, de la lumière, de la foudre et de l’altitude, s'il habite les hauts plateaux.
Les rayons solaires sont, en effet, toujours dangereux, que ce soit à la côte ou dans le centre. Ils peuvent provoquer depuis la simple céphalalgie jusqu’à l'insolation complète et la mort après une période de coma plus ou moins longue.
La lumière fatigue beaucoup les yeux et provoque presque instantanément, chez certaines personnes, de violents maux de tête. Cette céphalalgie est frontale, à l'inverse de la céphalalgie palustre, qui siège généralement au niveau de la nuque.
Comme conclusion, c'est le port du casque aussi bien par les temps clairs que par les temps brumeux, l'attention apportée à éviter toute réverbération et l'usage des verres noircis. Nous y reviendrons en traitant de l'habitation, du costume et des voyages.
La foudre est un véritable danger, surtout sur les hauts plateaux, où, chaque année, elle cause la mort de nombreuses personnes. Elle est dangereuse surtout au commencement de la saison des pluies, au moment où la terre n'étant pas encore humide, éclatent, en quelque sorte à sec, de violentes déflagrations électriques, ou bien lorsque des coups de foudre se produisent en dehors de toute pluie par un ciel des plus clairs et des plus beaux.
Sur les hauts plateaux, où l'altitude moyenne est de 1 000 à 1200 m., où une grande ville comme Tananarive est à 1400 mètres, l'habitant doit tenir compte de la dépression barométrique. La pression, en moyenne de 650 millimètres, peut descendre parfois, comme au moment du cyclone de décembre 1902, à 638 millimètres. Il est nécessaire à l'organisme de subir à l’arrivée une période d’accoutumance ; aussi doit-on éviter toute fatigue exagérée, toute marche trop rapide qui pourraient dilater le système cardio-vasculaire. L'accoutumance une fois venue, il y aura lieu quand même de se ménager et de ne pas exagérer les exercices fatigants : bicyclette, gymnastique, escrime, tennis, etc. Il sera utile, pour toute personne désirant séjourner sur les hauts plateaux, de faire procéder à un examen de sa circulation, car les lésions cardio-vasculaires, même les plus minimes, s'y aggravent rapidement. Ajoutons que cette même altitude, à laquelle viennent se joindre la tension électrique
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et les vents violents, rend les hauts plateaux mauvais pour les gens au tempérament nerveux, pour certains emphysémateux et asthmatiques, mais qu'en revanche la douceur du climat, l'excitation bienfaisante des variations atmosphériques et des différentes conditions climatologiques que nous avons énumérées feront des hauts plateaux de Madagascar, le jour où le paludisme y aura été énergiquement combattu, un immense sanatorium et un des points du globe les plus agréables à habiter.
I. NOTIONS D'ETHNOGRAPHIE. — La superposition et la fusion d'éléments ethniques les plus divers tels que les races indoocéaniennes ou nègres asiatiques, malayo-polynésiennes, arabes, juives, ont donné naissance à toute une série de peuplades très différentes les unes des autres, mais ayant cependant entre elles de nombreux traits de ressemblance. Ce sont ces peuplades qui consituent la population indigène de l'ile, à laquelle il y a lieu d'ajouter quelques centaines d'Africains et d’Asiatiques ainsi qu'environ 15000 Européens ou assimilés, parmi lesquels sont comptés les troupes du corps d'occupation. |
Les indigènes se divisent en quatre grandes races et une foule d’autres beaucoup moins importantes. Ce sont :
1° Hova (1) nettement de race malayo-polynésienne, habitant la région du plateau central appelée Imerina. [ls sont 850 000 :
2 Belsiléo, au nombre de 500000, habitant la partie sud du plateau central;
3° Betsimisaraka, de race nègre, depuis la baie d'Antongil jusqu'à la rivière Sakaleona, sur la côte est ;
4° Sakalava, de race nègre, parfois métissée d'Arabes, sur les côtes ouest et nord-ouest ;
5° Sihanaka, au nord et à l’ouest du lac Alaotra, métissée par les Hovas, les Sakalavas et les Betsimisarakas :
6° Bezanozano, dans le bassin du Mangoro ;
7° Tanala, vivant dans la forêt; 8° Bara, occupant le pays situé au sud-ouest du Betsiléo ; 9° Mahafaly ;
10° Antanosy ;
11° Antandroy :
12° Antaifasy, ces quatre dernières peuplades habitant le sud de
(1) Nous adoptons le terme Hova, que tout le monde emploie 4 l'heure actuelle, mais à tort. Ces peuplades doivent être appelées Antemyrne, le terme Hova désignant une caste et non une race.