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MADAGASCAR. — HABITATION PRIVÉE

13° Antaisaka, Antlambohaka, Antaimorona, toutes trois de descendance arabe et habitant le sud-est de l'ile ;

14 Antankarana, habitant le nord de l'ile;

Enfin, 15° Tsimihely, occupant les parties hautes de la province de Vohumar.

Il. HABITATION PRIVÉE. — a. Chez l'indigène. — Il est possible de diviser, à l'exemple de Jully (1), les constructions indigènes en quatre grands groupes :

1° Bara et Mahafaly ;

2° Sakalava et Antankarana ;

3° Antsihanaka et Betsimisaraka ;

4° Antanosy, Antimerina, Betsiléo.

Dans chacun de ces groupements, on voit peu à peu se créer la conception de l'hygiène de l'habitation.

Dans le premier groupe, l'habitation est caractérisée par une case des plus rudimentaires.

Dans le deuxième groupe, la case devient plus large et mieux construite. Elle est surélevée pour permettre au courant d'air de circuler à la base. Elle est faite de côtes de rafia ou de ravinala juxtaposées el maintenues intérieurement.

Dans le troisième groupe, il y a déjà deux habitations distinctes; l'une, l'habitation au village; l’autre, l'habitation sur les cultures. La première, spacieuse, toujours très propre. La seconde, tout ce qu'il y ade plus primitif.

Dans le quatrième groupe, la charpente de bois apparaît. L'habitation se rapproche de plus en plus d'une maison européenne. Elle est construite en bois, oule plus souvent en briques crues recouvertes de pisé, quelquefois même en briques cuites. Elle est souvent à étage, mais a, en tout cas, presque toujours un grenier. Elle est couverte en chaume ou en tuiles. De grandes différences existent d'ailleurs entre les maisons des villes et celles des campagnes, tout comme en Europe.

Dansl'Émyrneetle Betsiléo,la maison hygiéniqueest donc ébauchée. Il faut apprendre à l'indigène la propreté, les inconvénients de la promiscuité, le danger de cohabiter avec des animaux et d'avoir à ses côtés des eaux stagnantes, la nécessité de construire son habitation loin des marécages et sur les hauteurs. Il y a lieu toutefois d'encourager, au moins momentanément, l'habitude instinctive qu'il a de faire la cuisine dans son habitation, car la fumée chasse les moustiques et protège l'habitant de la fièvre palustre.

b. Chez l'Européen. — L'Européen, à moins qu'il n'habite une grande ville de l'Émyrne ou du Betsiléo, ne peut se contenter d’une

(1) Jurzx, Note et explorations à Madagascar, 1898.

TRAITÉ D'HYGIÈNE. Mg GR

habitation analogue à celle des indigènes. Il pourra l'utiliser au cours d'un voyage ; mais à la condition de n'y passer que quelques rares nuits. Dès qu'il a choisi son lieu de résidence, il doit y faire construire sa maison, en adaptant la construction aux matériaux disponibles, bois, brique, terre, pierre, etc. De toutes façons, il devra s'inspirer des règles générales de l'habitation coloniale qui sont traitées ailleurs.

A la côte, les ouvertures doivent être tournées du côté de la mer pour recevoir la brise quand elle souffle. Sur les hauts plateaux, la maison devra, en règle générale, avoir sa façade principale à l'ouest, les vents dominants froids et violents étant les vents d'est. Quel que soit le point de la grande île, une très large véranda est indispensable pour protéger du soleil et de la lumière diffuse.

III. VÉTEMENTS. — L'indigène de la côte, où la température est élevée, ne connait pas le vêtement on n'en revêt que le moins possible. Sur les hauts plateaux, les températures basses de la saison froide ont obligé l’'Antémyrne et le Betsiléo à se vêtir quelque peu. Dans les villes, les habitants riches ont adopté le costume européen. Dans les campagnes, la population pauvre porte une chemise plus ou moins chaude et plus ou moins sale, mais tous, à la campagne comme à la ville, sauf de rares exceptions, ont conservé le traditionnel lamba. Ce lamba, grande pièce d'étoffe dans laquelle l’indigène se drape, est un costume dont il ne faut pas lui faire perdre l'usage, car il remplace pour lui non seulement nos vêtements, mais nos manteaux. Quand il fait chaud, il le roule autour des reins, et, aussitôt qu'il fait froid, il s’en drape. La nuit, il lui sert, en cas de besoin, dedrap de lit et, enlui permettant de s’en entourer complètement, le protège des piqûres de moustiques.

Ce qu'il faut lui apprendre, c’est à augmenter ses vêtements de dessous à l'approche de l'hiver, sans attendre que les grands froids soient arrivés, et surtout à vêtir chaudement les petits enfants qui, trop souvent encore, courent à moitié nus.

L'Européen doit adapter son costume au climat qu'il habite. A la côte et dans les régions basses, c’est le costume colonial tel qu'il a été décrit ailleurs : la toile blanche ou kakhi, le casque, les verres fumés, etc.

Sur les hauts plateaux, l'habillement doit varier suivant les saisons. Pendant les quelques mois chauds, on peut adopter sans inconvénient le costume de la côte, c'est-à-dire la toile; mais pendant les mois froids, d'avril à décembre et même au besoin toute l'année, le costume doit être celui d'Europe, c'est-à-dire le drap. En tout cas, on devra se méfier des brusques changements de température contre lesquels ne protège pas suffisamment la toile seule, et il est sage d'y adjoindre la flanelle, car, aussitôt le soleil couché, un refroidissement brusque se produit qui peut être très préjudi-

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