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RÈGLES DU COSTUME DE L’EUROPÉEN

ne sauraient répondre à des indications aussi multiples. Le vêtement du jour ne peut être le même que celui de la nuit, celui de la saison chaude ne suffit plus pour la saison fraîche. De plus, certaines parties du corps plus spécialement exposées à Taction des agents extérieurs, la tête plus menacée par le rayonnement solaire, lespieds et les jambes contre les actions mécaniques des corps inertes ont besoin de vêtements spéciaux dont nous nous occuperons en dernier lieu.

I. Conditions d’équilibre de température. — Le corps humain est un corps chaud qui^ s’il est placé dans un milieu extérieur dont la température est plus basse que la sienne, lui cédera de la chaleur et se refroidira avec une vitesse proportionnelle à la difl'érence entre sa température propre et celle du milieu ambiant. Si le corps est enveloppé de vêtements, la vitesse de refroidissement sera d’autant moindre que l’épaisseur de l’enveloppe sera plus grande et que la matière de cette enveloppe est douée d’une faible conductibilité calorifique.

La vitesse de réchauffement du corps humain est soumise aux mômes lois, mais on ne peut pas en conclure que ce qui protège contre le froid protège aussi contre le chaud et que les mêmes vêtements conviendront au Gabon et en Norwège.

C’est que le corps humain est une source de chaleur qui est la résultante de tous ses processus vitaux et qui s’écoule incessamment à l’extérieur, si le milieu extérieur a une température inférieure à celle du corps et si l’enveloppe est suffisamment mince, homogène et bonne conductrice de la chaleur.

Chaleur. — Si le milieu extérieur est autant ou plus chaud l’élimination incessante de la chaleur corporelle ne peut plus s’effectuer librement. Il existe une température critique du milieu extérieur au-dessus de laquelle les sources inertes ne se débarrassent plus de la chaleur qu’elles

agS LE COSTUME ET L’HYGIÈNE DE LA PEAU

produisent. Elle serait comprise entre et 3oo pour l’homme considéré comme source inerte de chaleur. Or, les températures extérieures subies par l’homme dans les pajs chauds, au soleil, s’élèvent parfois à 6o° ou 70° dans la mer Roug-e, le Sahara.

Mais l’homme n’est pas source inerte de chaleur. Lorsque la chaleur qu’il produit ne peut plus s’éliminer par rayonnement, par conduction, alors interviennent la rég-ulation physiolog-ique du système nerveux qui préside à la thermog-énèse et surtout la sudation et l’évaporation cutanée de la sueur qui, passant de l’état liquide à l’état de vapeur, serait capable d’abaisser rapidement la température de plusieurs deg'rés (i kilog'ramme d’eau absorbe 58o calories pour se vaporiser à 87“ ; — or, un litre de sueur peut être produit par un homme en 2 heures dans quelques circonstances). — Ce refroidissement par sudation sera d’autant plus actif que la couche enveloppante de l’air extérieur est plus sèche et plus renouvelée.

L’émission par rayonnement et par conduction, rég-ulation par action des centres nerveux de la thermog’énèse suffiront à assurer l’équilibre thermique si la température extérieure est suffisamment basse. Mais lorsque l’évaporation cutanée sera nécessaire, elle devra être facilitée par un vêtement possédant une qualité essentielle, la perméabilité à V air et à la vapeur d'eau.

En dépit de ces actes physiolog-iques préservatifs, on a calculé que, pour chaque élévation d’un deg-ré dans le milieu extérieur, l’émission de calorique du corps baisse dans la proportion d’environ 2,7b p. 100 de la chaleur totale (i).

L’enveloppement du corps par les vêtements a pour effet de réduire encore cette déperdition de chaleur. Lorsque le corps est revêtu d’une chemise de laine il y a 10 p. 100 en moins de calorique perdu, ce qui équivaut à une élévation de

(1) D*" Gartner, Précis d'hygiène publique. Bruxelles.

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