RÈGLES DU COSTUME DE L^EUROPÉEN
i humide (de 60 à 70 p. 100). La saturation ne se produira I qu’au bout d’une quinzaine d’heures si le temps est très luimide. Elle est complète au bout de moins de temps dans le cas contraire.
La perméabilité gazeuse des étofl’es diminue quand elles sont saturées de vapeur d’eau (eau hygroscopique) ; elle devient nulle quand elles sont mouillées (eau d’interposition).
La couleur est sans influence.
La toile, le coton et la soie, qui sont le plus rapidement saturées, perdent rapidement leur élasticité, reviennent sur elles-mêmes, s’appliquent étroitement sur la peau, d’où augmentation delà conduction de calorique et dépense exagérée de chaleur.
La laine, et plus encore la laine tricotée (étoile de Jager), le réform-coton tricoté (flanelle-coton) de Lahman (i) conservant de l’air dans les mailles de leur tissu, bien qu’ils absorbent plus d’eau, ne perdent pas leur élasticité lorsqu’ils sont mouillés et* conservent plus longtemps leur eau d’interposition. Le refroidissement est ainsi ralenti et moins vif. Cependant la déperdition de calorique s’effectue quand même : en effet un bras enveloppé d’une bande de flanelle mouillée perd 3 fois plus de chaleur qu’un bras nu et 5 fois plus qu’un bras enveloppé d’une bande sèche (Gartner).
Les tissus de laine ont l’inconvénient d’irriter l’épiderme et de déterminer parfois des eczémas séborrhéiques et l’apparition du lichen tropicus (bourbouilles) et de furonculose-
Vêtements imperméables . — Le danger du refroidissement du corps par l’évaporation de l’eau absorbée par les vêtements impose l’obligation de vêtements moins saturés que les vêtements de toile et de coton très minces, pour se protéger contre les pluies torrentielles accompagnées de
(i) La flanelle-coton (ou « balbrig'gan » des Anglais) joint à la propriété émissive du coton les qualités hygiéniques de la laine. Elle sc feutre moins que la laine et se rétrécit moins au lavage.
LE COSTUME ET L’HYGIÈNE DE LA PEAU
bourrasques de vents qui se produisent dans les régions intertropicales.
Les vêtements imperméables répondent à ce but . Les étoiles recouvertes d’un enduit de caoutchouc garantissent bien contre la pluie, mais sont en même temps imperméables à l’air. L’air emprisonné entre le corps et le vêtement se sature d’humidité fournie par la sueur qui se collecte en gouttes et mouille les vêtements de dessous. D’autre part la chaleur altère rapidement les étoffes.
On a cherché à fabriquer des étoffes rendues imperméables à l’eau tout en les laissant perméables à l'airi A cet effet les tissus employés sont à mailles serrées. On les fait bouillir dans une solution d’alun à 2 p. 100 ; on les met ensuite dans un bain de solution chaude de savon de soude. Le savon insoluble d’alumine qui se forme, dépourvu d’affinité pour l’eau, adhère aux tissus. Un résultat analogue est obtenu en immergeant les tissus dans une solution d’acétate acide d’alumine et les exposant à l’air libre. L’acide acétique s’évapore et laisse sur les fibres un acétate basique d’alumine sans affinité pour l’eau.
Ces étoffes offrent assurément l’avantage délaisser libre la circulation de l’air. Mais l’usage qui en a été fait dans les colonies françaises n’a pas donné des résultats bien favorables. L'imperméabilité est insuffisante et de peu de durée.
La solution de saint neutre dans l’essence de pétrole proposée par le D'’Berthier n’a pas encore été mise à l’épreuve, sur une grande échelle, pour les vêtements des pays chauds.
Protection contre les traumatismes. — Les vêtements qui protègent tout le corps doivent être tels qu’ils le mettent àl’abri, sinon destraumatismes produits par des agents vulnérants, tels que les aspérités du sol ou les branches d’arbustes, mais au moins des piqûres d’insectes véhicules des maladies. — • Les parties du corps les plus exposées aux traumatismes, les pieds et les jambes, la tête seront proté-
COMPOSITION DU COSTUME
gées par des pièces de vêtement spéciales, beaucoup plus épaisses que les autres ne présentant qu’un très faible degré de perméabilité et d’hygroscopicité : les bambous tressés, les moelles d’aloès ou de sureau, le carton et le feutre épais pour la coiflure, le cuir et la toile épaisse pour les chaussures sont les substances employées.
3. Provenances des matières vestimentaires. — Qu’ellessoient empruntéesau règne végétal, comme lelin,lechanvre, le coton, le jute, le phormium, la ramie, le caoutchouc, où au règne animal, comme la laine, la soie, les cuirs, les matières premières vestimentaires se trouvent toutes en abondance dans la zone intertropicale : lin, jute, abaca, phormium tenax, communs dans l’Inde; coton, ramie, phormium également très communs en Amérique, en Algérie, en Chine; le palmier et le caoutchouc à peu près partout. Partout on trouve des moutons qui fournissent de la laine en abondance ; les poils de chèvre de Kashmir, la laine d’alpaga, le poil de chameau, etc., sont originaires des pays chauds. Est-il besoin de rappeler que la Chine et rindo-Chine sont les pays producteurs de soie par excellence ? que Madagascar, la Nouvelle-Calédonie, l’Australie et les provinces américaines du Sud fournissent à l’Eur.ope des quantités énormes de cuirs ?
Les pays chauds sont donc capables de fournir toutes les matières premières nécessaires à la confection des vêtements et dans des régions toujours plus nombreuses des industries, déjà très développées, sont susceptibles de fabriquer les tissus et aussi les vêtements (Inde, Australie, Indo-Chine, Madagascar).