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IV. — Composition du costume

Enfin le costume doit répondre aux exigences des travaux et du sexe de ceux qui les portent, de la saison, des variations diurnes de la température: c’est-à-dire qu’il y a des

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costumes variés suivant les circonstances de la vie aux pays chauds.

Conditions générales de forma. — Il est cependant quelques conditions générales de forme que les costumes doivent remplir. Ils doivent être amples, flottants et n’exercer aucune constriction.

Outre que ces constrictions amènent des déformations et entravent la circulation du sang, elles ont de plus, dans le cas qui nous occupe, le grave inconvénient d’entraver la circulation de l’air nécessaire à l’émission de la chaleur du corps. Certainement l’esthétique moderne du costume civilisé s’accommode mal de ces nécessités, surtout pour la femme; mais la coquetterie cède bien vite devant les exigences du climat et, au moins pendant les heures les plus chaudes du jour, les femmes comme les hommes s’empressent d’abandonner les vêtements ajustés pour se revêtir de vêtements larges et flottants, robes-blouses (gaules), mauresques, etc. C’est seulement pour de courts instants que l’homme européen sera vêtu de ces vêtements trop ajustés que sont l’habit noir, la jaquette. C’est aussi pendant quelques heures seulement de la journée que la femme européenne sera vêtue de robes au corsage serré : le corset luimême est ordinairement abandonné dans l’intérieur de la maison.

à) Costumes des hommes. — Il faut un vêtement de jour et un vêtement de nuit.

Le vêtement de jour, apte à protéger contre la chaleur extérieure, ne protégerait pas suffisamment contre le refroidissement par rayonnement et par contact pendant la nuit.

a) Vêtement de jour. — Il doit être composé d’étoffes assez minces pour permettre l’émission de la chaleur corporelle, quoique apte à défendre contre le rayonnement solaire et les piqûres des insectes; être de couleur et de tissus absorbant la chaleur solaire; être d’un tissu capable

COMPOSITION DU COSTUME

d’absorber la sueur, et etre de forme permettant la circulation de l’air.

Le port de 2 couches de vêtements, vêtements de dessus et vêtements de dessous, permet de réaliser ces desiderata multiples et a priori contradictoires.

Les vêtements de dessus seront de couleur blanche, g'rise ou cachou, de tissu léger en cotonnade ou entoile, déformé ample, ne collant pas sur le corps. — Les étoffes de coton joignent à leur faible pouvoir absorbant de la chaleur, et à leur propriété émissive supérieure la qualité précieuse de retenir mal les poussières et les boues en raison de leur texture serrée et de leur surface assez égale, sans villosités (Nikolski). Les étoffes de chanvre et de soie leur sont inférieures.

Les vêtements de dessous ont pour but d’absorber les sueurs et de protéger le corps contre les refroidissements brusques provenant d’une évaporation trop rapide. Ils sont indispensables sur le thorax et sur le ventre. Les tissus de laine douce (flanelle) ou de réform-coton, légers, souples, n’offrant pas d’aspérités capables d’irriter la peau sont les plus recommandables lorsqu’il faut supporter des variations de température accentuées. Dans le cas contraire, les vêtements de coton tricoté suffisent. Le choix sera recommandé par les conditions locales et aussi par les fonctions des individus.

En résumé, le vêtement de'dessus comprend : une veste et un pantalon en toile (de coton), un casque et des chaussures; le vêtement de dessous comprend : le gilet ou tricot de coton ou de laine; le caleçon de coton; le bas de coton, la ceinture de flanelle.

Pièces diverses du vêlement: leurs formes. — Veston. — C’est le veston qui remplace partout de nos jours, aux colonies, la jaquette ou la redingote européenne. En forme de sac, ne dessinant pas la taille, lâche, très ample, ne croisant pas sur la poitrine, non doublé, avec des manches très

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larg'es, ayant un col à peine marqué, laissant le cou bien dég-ag-é, tel est le vêtement du tronc g-énéralement porté par les hommes européens de toutes les conditions aux colonies.

Le veston de ville sera en toile de coton pour le jour.

' Le veston d’exploration, de chasse, de travail sera en toile de couleur g-rise ou cachou qui est résistante et dissimule mieux les souillures. La toile cachou employée par les Anglais est teinte au moyen d’une combinaison d’un sel de fer et de noix d’arec. Cette teinture résiste mieux au lavage que celle des toiles analogues teintes en France avec le roucou, du campeche, etc.

Le veston de flanelle remplace le veston de toile pendant la nuit et au cours de la saison fraîche ou pendant les périodes de pluie et de brume. — La flanelle dite de Chine, blanche ou bleue, légère, souple, suffisamment hygroscopique, est la meilleure de toutes celles qu’on trouve dans le commerce.

Les vestons de drap ou de molleton, plus épais et plus lourds, sont ordinairement inutilisables. Ils ne peuvent être employés que durant le séjour dans les montagnes, à une grande altitude, ou pendant les saisons froides comme celle qui caractérise le climat du Tonkin.

Gilet. — En dehors des périodes de séjour dans les hauteurs ou dans les pays à saison fraîche très accentuée (Tonkin), le gilet est ordinairement délaissé.

Pantalons. — Les pantalons doivent être amples, non ajustés, sans constriction à la taille par une ceinture qui comprimera douloureusement le foie et l’estomac. Ils seront de tissu de coton ou de toile et assez larges pour permettre la circulation de l’air.

Le pantalon annamite ou chinois (le ké-kouan), très large en bas, répond bien mieux aux nécessités du climat que les ridicules pantalons à la turque. C’est d’ailleurs celui que les Européens ont adopté pour leurs costumes d’intérieur.

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Aux heures de repos, en effet, les Européens ont pour coutume de revêtir le costume composé du pantalon et du veston à forme très large appelé « mauresque », qui n’est autre que le costume chinois. Moins souvent ils s’enveloppent de pagnes en cotonnades comme les Hindous.

Le pantalon de flanelle sera réservé pour le soir ou la nuit ; et le pantalon de drap pour les altitudes ou les hivers froids et humides.

Chemise. — La chemise, immédiatement en contact avec la peau ou interposée entre le vêtement superficiel et le tricot ou la flanelle, est ordinairement délaissée dans les régions torrides. Réservée pour compléter le costume du soir ou celui des relations mondaines, elle est supprimée aux heures des affaires. Elle est cependant portée pendant la saison fraîche, dans les altitudes ou sur les confins de la zone tropicale. Faite de toile ou de coton elle doit laisser le cou largement dégagé. Les cols empesés, très hauts, rigides, engainant le cou, comme dans une cangue, ne sont pas de mise dans les pays chauds.

Gilet de tricot de coton ou de laine. — Il est cependant indispensable de porter sous le veston un vêtement qui, étant immédiatement en contact avec la peau, soit chargé d’absorber la sueur et d’en régler l’évaporation. Le gilet ou la chemise de flanelle, ou de flanelle-coton, large, à col très échancré, descendant assez bas pour couvrir le ventre remplit cet office et protège contre les refroidissement subits ou nocturnes.

La ceinture de flanelle complète la protection des parties du corps les plus sensibles au refroidissement, en recouvrant le ventre. Pour que le gilet de flanelle et la ceinture remplissent efficacement leur rôle protecteur, il faut que le gilet soit fendu sur les deux côtés jusqu’au-dessus des hanches et que la ceinture de flanelle soit taillée en forme de ceinture hypogastrique [)ronant bien la forme du ventre qu’elle recouvre exactement, très étroite sur les hanches et. sur le

G. ReYxVaud. Hygiène coloniale.

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