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LE COSTUME ET L’HYGIÈNE DE LA PEAU

orig'inaires des tropiques pourvus par ailleurs d’une toison laineuse et épaisse sur la tête.

2. Ablutions. — L’eau fraîche est Tag-entpar excellence de la santé dans les pays chauds, soit qu’elle entretienne la propreté corporelle, soit qu’elle diminue la chaleur des téguments, soit qu’elle excite la nutrition de la peau et agisse, par action réflexe, sur le système nerveux régulateur de la circulation, de la respiration et de la nutrition générale.

Mais cette dernière action sur les centres nerveux et les actions biochimiques consécutives sont moins prononcées sous les latitudes chaudes que dans les régions tempérées. Les effets thermogénétiques de l’eau froide sont, en effet, d’autant plus accentués que la température extérieure est plus froide^et aussi, bien qu’à un moindre degré, que la température de l’eau est plus froide. Il en résulte que, dans les régions équatoriales, les douches et ablutions faites avec une eau à 24 ou 25 degrés, dans une atmosphère à 3o ou 35 degrés, agissent surtout par action mécanique, en enlevant les souillures de la peau, et en soustrayant de la chaleur. C’est surtout dans les montagnes que l’hydrothérapie aura sa valeur intégrale.

La lotion ou ablution générale faite le matin dans une baignoire, une bassine en zinc, avec de l’eau savonneuse, est le procédé le plus usuel de propreté. Elle suffit pour débarrasser la peau des déchets épidermiques, des matières sécrétées avec la sueur, des matières grasses, des poussières et autres souillures. Les solutions, savons antiseptiques dont les formules sont variées à l’infini (goudron, phénol, thymol, aniodol, etc.), ne sont pas nécessaires. Le savon le plus simple est le meilleur et aucun ne vaut mieux que le savon commun, dit de Marseille, qui, grâce à sa forte alcalinité, a des propriétés microbicides. Il est nécessaire d’avoir de l’eau pure ou purifiée.

Après le savonnage complet du corps, y compris la tête, on fait une lotion complète à l’éponge avec une eau légère-

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ment alcoolisée pour enlever les dernières traces de savon.

Au cours de la journée, après la sieste ou après un exercice, ou après les heures de travail, une seconde ablution avec de l’eau simple enlèvera une partie des souillures delà peau et de la sueur, en môme temps que de la chaleur corporelle qui a atteint son maximum , et donnera à l’organisme engourdi une stimulation nécessaire.

3. Bains. — Il faut distinguer les bains d’eau pris en baignoire, les bains d’eau courante ou en piscine, les bains de mer.

I® En baignoire ou dans un bassin. — Le bain froid (de 20° à 24®), pris le matin ou dans le cours de l’aprèsmidi, doit être complété par un savonnage rapide. Mais il doit être pris avec quelques précautions. Il n’aura qu’une durée de 5 minutes de manière à profiter de son action rafraîchissante et détcrsive du système cutané en même temps que de l’eflet diurétique. Il sera toujours pris une heure au moins avant l’heure des repas.

2° En eau courante.^ en rivière ou en piscine. — Ces bains provoquent des inspirations profondes par l’immersion brusque dans de l’eau froide; par l’exercice de la natation ils procurent un exercice musculaire favorable.

Les bains de rivière sont très usités dans les régions chaudes, surtout dans les petits torrents des régions montagneuses où l’eau est limpide et pure. Les bains de piscine sont particulièrement usités dans tous les grands centres, principalement dans les casernes, collèges, etc. Il est peu de villes coloniales dont les établissements publics ne soient pourvus d’installations de ce genre (Martinique, Guadeloupe, Réunion, etc.).

3° Bains de mer. — Ils ne constituent pas une mesure de propreté, mais leur action rafraîchissante, tonique, reconstituante doit être recherchée par les personnes débilitées, n’ayant pas d’éréthisme, de paludisme, de maladies cutanées.

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D’une manière g-énérale les individus à tempérament nerveux, ayant l’intestin susceptible, feront sag-ement de s’abstenir du bain froid prolongé quotidien. Ils devront se borner à une immersion très courte de i à 2 minutes et au savonnage suivi d’une seconde immersion. Il en est de meme des paludéens qui verraient leurs accès de fièvre réveillés parun bain froid malencontreux. Ces inconvénients sont très prononcés et peuvent devenir des dangers lorsque la température du bain descend au-dessous de 20° ainsi que cela arrive dans les rivières des montagnes. Le bain froid peut ainsi devenir le point de départ de pleurésies, de rhumatismes, de diarrhées, de retours graves de la fièvre avec hématurie.

Cependant, sous la direction du médecin, le bain froid restera une arme précieuse dans quelques fièvres graves, dans la fièvre jaune, dans les accès pernicieux, bilieux, dans les coups de chaleur, etc..

Le bain tiède n’est employé qu’exceptionnellement, dans les régions modérément chaudes, pour des malades, des convalescents trop débilités pour faire une réaction suffisante .

Dès la naissance, les enfants seront accoutumés à prendre chaque matin le bain frais. C’est une habitude qu’ils prennent aisément et à laquelle ils renoncent difficilement.

4- Douches et bains-douches. — La douche d’eau froide ou fraîche, administrée en pluie fine ou en jet, produit, outre son action rafraîchissante et de nettoyage, une action excitante et tonique plus accentuée que celle de l’ablution. Un réservoir quelconque (baril, seau en zinc, etc.) percé d’un trou, garni d’une pomme d’arrosoir, élevé au-dessus du sol à I mètre au-dessus de la hauteur moyenne d’un homme, suffît pour constituer un appareil à douche qui peut être disposé en tous lieux.

La douche d’eau, à 18 ou 22 degrés, est très facilement tolérée, surtout lorsqu’elle ne dépasse pas la durée moyenne

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de I minute. Administrée le matin, elle pourra être complétée par un savonnage. Le soir, elle procurera un délassement, une excitation salutaire.

Dans les grands centres, dans les habitations collectives (casernes, écoles, prisons, ateliers), il est favorable d’installer des bains-douches constitués par un réservoir élevé à une certaine hauteur dont l’eau peut être chauffée au besoin et d’où elle est distribuée par un nombre déterminé de tuyaux à differentes cabines disposées en cercle autour et au-dessous du réservoir. Les hôpitaux coloniaux seront pourvus d’installations hydrothérapiques complètes (voir fig. 62 représentant le pavillon des bains de l’hôpital de Tunis). -

La douche a les mêmes contre-indications que le bain froid.

En résumé, la pratique recommandable est de prendre une lotion fraîche ou un bain froid au savon le matin et, après la sieste ou après un exercice le soir, une douche ou un bain froid si Tétât du sujet le permet. Si le sujet est trop nerveux, ou fébricitant, ou débilité, une simple lotion, très courte, pourra suivre les exercices ou la sieste.

Si Teau et le temps font défaut, en expédition, par exemple, on se contentera de lotions savonneuses le matin au réveil, dans la journée après la sieste, après une marche ou un exercice, ou d’un enveloppement humide avec un drap mouillé dans Teau froide ou tiède. Gomme les ablutions abondantes ces lotions seront faites pendant que le corps est encore échauffe et après l’avoir, au préalable, essuyé à sec.

Toutes ces opérations doivent être faites à Tabri des courants d’air. A la sortie du bain, douche, etc., le sujet doit s’envelopper d’un peignoir de laine et garder le repos. Il ne faut pas se livrer à des exercices violents ou des marches dans le but de provoquer une réaction qui se produit sûrement en même temps qu’un effet sédatif lorsque le corps, bien enveloppé, est au repos.

Un léger massage de la peau fait avec la main garnie d’un

Monsieur PATILLIER Ingén' en üliei aes Ponts et Chaussées,

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