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ner à g-érer des propriétés et des établissements industriels.
Mais ces prescriptions d’une hjg-iène qui tient peu de compte des nécessités de la vie condamneraient à l’impuissance toute une catég-orie d’émig-rants, formant une majorité que leur condition sociale éloig'iie d’une g’érance exig'eant des capitaux et une culture intellectuelle élevée et qui sont condamnés au travail de leurs mains.
D’ailleurs une activité mesurée est nécessaire pour entretenir l’activité des org-anes dig^estifs, de la nutrition musculaire, la puissance et la pondération du système nerveux, l’amplitude de la respiration, pour donner l’endurance, l’équilibre des fonctions et l’harmonie des formes.
Le mouvement a pour effets un besoin de restitution des matériaux dépensés, une hypersécrétion des sucs dig*estifs accrue parla circulation du sang* suractivée; une action mécanique sur les viscères abdominaux massés par l’exercice; la décong-estion des poumons, du cœur, du cerveau, du foie ; l’accroissement des échang-es à la surface du poumon en raison de l’ampleur de la respiration, accroissement de la nutrition et de la masse du tissu musculaire qu’il faut disting-uer de l’infiltration g-raisseuse de certains anciens colons ou de femmes créoles adonnés à l’oisiveté.
L’exercice préserve le système nerveux, en particulier le cerveau, de la torpeur si commune chez les habitants des tropiques et non moins désastreuse pour les affaires que les perversions mentales ou l’impressionnabilité excessive résultant d’un travail cérébral fait sans mesure et sans compensation.
3. L’activité aux colonies. — C’est d’ailleurs se faire une idée inexacte de la vie coloniale que de se représenter le colon toujours abandonné dans une oisiveté et dans une indolence peu productives . Le planteur parcourt ses champs, l’usinier surveille toutes les parties de son établissement, le commerçant court de son comptoir au navire qui charg-e ses produits, le fonctionnaire lui-même fournit une somme de
PRINCIPES GÉNÉRAUX
travail qui n’est pas inférieure à celle de son cong-énère d’Europe. Les militaires coloniaux ont une existence qui n’a rien de comparable à la paisible existence que mènent les soldats des g-arnisons de France.
La « molle et paresseuse » existence des pays chauds ne peut être g-oûtée cju’aux heures de sieste ou par une minorité de privilég-iés qu’on trouve en plus g-rancl nombre en Europe où ils sont adonnés à une oisiveté moins contemplative.
Il faut savoir disting-uer ; il y a colonies et colonies ; il y a profession et profession. L’observation des faits est probante.
Les premiers habitants des Antilles ang“laises et françaises, travaillant et vivant sur leurs domaines, ont constitué une société vivace. Il en fut de môme à la Réunion et à Maurice, dont les premiers habitants blancs firent euxmêmes les petites cultures des épices, du café, de la vanille jusqu’à l’époque où la g'rande culture de la canne à sucre eût exig-é l’introduction d’une main-d’œuvre abondante. Les « petits blancs », les « pattes jaunes », descendants directs et purs de ces premiers occupants, vivant dans les montag’nes, fournissent actuellement de robustes soldats.
Les rares colons libres établis en Nouvelle-Calédonie ont toujours pu cultiver eux-mêmes la terre, et les Européens peuvent y exécuter tous les travaux.
N’y a-t-il pas en Algérie, notamment à Laghouat, à Géryville, des Français et des Espagnols formant une population agricole très laborieuse? N’a-t-on pas vu les Espagnols se livrer aux travaux les plus divers à Cuba, gardiens de troupeaux à pied ou à cheval (Montero et Sabanero), surveillants d’habitation (Mayoral) ou cultivateurs même(Guaziro).
M. Stokvis a cité des exemples de colonies agricoles européennes réussies ; celle de Surinam, formée de 200 paysans
(i) La colonisation et l’hygiène tropicale; Revue scientifique^ 12 sept.
européens purs de tout mélange; celle de la Dessa poespo ^ (résidence de Passaroenan), dans les Indes Néerlandaises, constituée par des anciens soldats qui y cultivent la terre avec succès (i) .
Cependant, lorsqu’on approche de rEquatcur, dans l’Inde, au Brésil, sur la côte d’Afrique, les Européens sont éloignés des travaux de la terre par le climat excessif. Mais ils se livrent encore avec activité aux labeurs incessants qu’exigent le commerce et l’industrie moderne pour assurer la rapidité des échanges : travaux de bureau, d’usine et d’atelier; surveillance des transports et des embarquements, navigation, conduite de machines, explorations, etc..
L’activité de l’Européen se manifeste ainsi sous des formes multiples et diverses suivant les climats ; car ce n’est pas le repos qu’on vient chercher aux colonies où Infortuné, pas plus qu’en Europe, ne surprend l’homme pendant le , sommeil. Ceux qui s’expatrient pour aller à sa recherche ^ doivent courir après elle. '