CAMPEMENT
« Des ablutions froides faites sur la tête seulement, des lotions de la fig-ure procurent un agréable soulagement et sont sans danger.
(( Il faut bien se garder de s’étendre à terreau soleil, soit pour se reposer, soit pour se dissimuler (tirailleurs, chasseurs à l’affût), car, dans cette position, la chaleur solaire directe et la chaleur réfléchie par le sol combinant leurs actions, on s’expose à une insolation foudroyante.
« L’arrivée à l’étape aura lieu avant la nuit, ce qui permettra d’installer le campement et de préparer le repas du soir à la faveur des dernières clartés du jour Dès l’ar-
rivée, il faut changer de vêtements de dessous et revêtir des vêtements de laine pour la nuit. Une lotion à l’eau fraîche, un bain très court ou une douche auront l’avantage de débarrasser la peau des poussières qui la souillent, de dissiper la fatigue du corps et de prédisposer au sommeil. Cette lotion rapide faite à l’abri des courants d’air, au besoin derrière une couverture tendue entre deux piquets, ou à l’intérieur d’une tente bien close, sera suivie d’une friction. » L’enveloppement dans un drap mouillé avant le coucher procure aussi une bonne sédation.
Campement. — Le campement sera établi suivant les règles déjà énoncées au sujet des habitations temporaires (tome II, chap. ii).
Dans le cas d’expéditions à effectifs européens nombreux, s’avançant par échelons, sur une même route, il est nécessaire d’installer de distance en distance des gîtes d'étapes (les mansiones des légions romaines) où les troupes trouveront un abri confortable pourvu de lits de camp, approvisionnés d’eau de bonne qualité, bouillie à l’avance par le soin de coolies attachés au service de chaque camp, possédant un matériel et un personnel pour le transport des malades, et des approvisionnements de vivres et de médicaments (i).
(i) G. Reynaud. Expéditions coloniales.
Une avant-garde, composée presque exclusivement de soldats et d’ouvriers noirs, exécutera tous les travaux de construction et de route que nécessitent les campements. Dans tous les cas ces services doivent être largement pourvus, afin que la marche de la colonne ne soit pas retardée par les difficultés de l’établissement d’une route (i). ’
En aucun cas l’Européen ne doit être employé aux travaux de terrassements, déroutés, d’ouvrages de défense, de construction de poste.
(( Les soldats européens ne doivent jamais être soumis à l’influence pernicieuse du climat toutes les fois que le service pourrait être fait par des Haoussas ou tout autre contingent indigène ; les soldats européens ne doivent marcher que dans les cas graves ou quand l’opération doit être de courte durée (2). »
D’autre part, il serait mauvais de laisser l’Européen complètement inactif. Au Soudan et au Congo, les Européens faisant colonne se portaient mieux que ceux laissés à la garde des postes. Une activité mesurée est nécessaire et le soldat en expédition ou l’explorateur ont, à chaque instant, l’occasion de l’exercer et de la développer : marches journalières, organisation du convoi, campements, réparation des armes, excursions, chasse, si elle n’entraîne pas un séjour prolongé au soleil ou dans les endroits marécageux.
L’Européen chasseur ne doit pas oublier le proverbe colonial : partie de chasse, partie de fièvre.
Traitements préventifs et premiers secours. — L’administration de la quinine préventive (de ogr. 3o à o gr. 60 par jour) fait partie des moyens de préservation à mettre en œuvre dans une expédition.
Les moyens élémentaires pour se préserver des infections ou des complications de traumatismes fréquents en expédi-
(1) D’’* Kermorganl et G. Reynaud, loc. cit.
(2) Instructions du War office au |?énéral Wolseley, 18773-1874. Expédition des Ashanlis.