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ÉLÉMENTS PRINCIPAUX

puisse être fournie en partie par l’albumine, cependant cet élément ne peut être supprimé parce qu’il sert à la formation des tissus. En cas d’insuffisance, Torganisme prélèverait sur scs propres tissus la graisse déficiente, jusqu’à 90 p. 100 dans l’inanition et lorsque les réserves de graisse seraient épuisées, l’emprunt serait fait aux albumines des organes, ce qui déterminerait une rapide déchéance.

Les hydrocarbones^ par leur combustion très rapide après leur ingestion, fournissent la plus grande partie des calories nécessaires au travail. Ils épargnent la destruction des albumines de circulation et musculaire qui se produit pendant le travail si Ton ne fournit à l’homme que la quan. tité d’albumine strictement nécessaire à l’entretien de la vie. Ils favorisent le dépôt de graisse dans les tissus, ils peuvent même se transformer en graisse et remplacer en partie les corps gras dans l’alimentation.

Les hydrocarbures constituent la source principale d’énergie (de 5i à 06 p. 100, au lieu de 10 à 20 p. 100 fournis par les albumines). C’est à eux que le travailleur a recours pour les grandes dépenses de force. Mais on ne peut pas pousser la ration des hydrates de carbone au delà d’une certaine limite imposée par le volume rapidement considérable du bol alimentaire et l’abondance des résidus susceptibles de produire des troubles digestifs. Les graisses peuvent fournir le complément d’énergie nécessaire. Elles possèdent, en effet, deux propriétés essentielles : leur puissance calorifique est considérable (9 cMories 3 contre 4 calories i pour les autres éléments); et, en second lieu, elles sont consommées ordinairement à l’état de pureté presque complète sous la forme de beurre, d’huile, de saindoux. Leur digestibilité est telle qu’elles ne laissent à peu près aucun résidu (environ 5 p. 100 de déchet dans les excréments).

En raison du pouvoir calorifique élevé de la graisse, il pourrait y avoir inconvénient dans certaines circonstances à G. Revnaud. Hygiène coloniale.* 11. — 7

ALIMENTATION

augmenter la proportion de cette substance dans la ration d’énerg-ie. Le sucre peut lui être substitué, car il possède un pouvoir calorifique suffisant, constitue un aliment d’énerg'ie et un aliment musculaire de ordre, et, de plus, il ne laisse aucun déchet. M. Chauveau et ses élèves lui reconnaissent une valeur supérieure à celle des g-raisses et des albumines dans la production du travail mécanique. Des chevaux ont donné le travail maximum avec la ration la moins riche ea principes azotés et la plus riche en sucre. Des expériences faites sur des chiens soumis à une course de 12 à i3 kilomètres, puis de 25 kilomètres, ont justifié cette appréciation.

Les expériences erg'og'raphiques deSchumberg* ont prouvé que le sucre de canne fait aug-menter rapidement la force des muscles quand la provision de nourriture, contenue dans le corps, est sur le point d’être épuisée par un travail excessif. En Allemag-ne, en Hollande, au cours des expéditions ' Hollandaises dans la contrée de Pidié (i), l’introduction du sucre dans l’alimentation du soldat a démontré que cet aliment faisait mieux supporter les fatig'ues de la marche, diminuait les sensations de la faim sans perte d’appétit, exerçait une influence favorable sur l’épuisement et le coup de chaleur et amenait une aug'mentation du poids du corps. Le sucre stimule autant que l’alcool, mais sans dang-er.

11 est d’ailleurs utilisé journellement dans l’alimentation du bétail. Les indig-ènes de tous les pays aiment à mâcher la canne à sucre pendant la marche, sous le soleil, et font entrer le sucre pour une larg-e part dans leur alimentation (2).

(1) M. Holwerda, médecin de Tarmée indo-néerlandaise. Rapport sur les ])récautions à prendre pour les expéditions dans les pays chauds.

X® Gonp^rès d’hygiène. Paris, lyoo.

(?q Les rameurs de Palembang se donnent des forces en absorbant du sucre: d’autre part, la bonne santé des coolies, employés aux fabriques de sucre de Java, lesquels produisent beaucoup de travail musculaire et mangent beaucoup de sucre, est manifeste (Holwerda,.

SUBSTANCES ORGANIQUES iii

D’après les données précédentes, la ration d’éléments org-aniques simples nécessaire pour un homme de 70 kilog-r. au repos, ayant besoin au minimum de 35 calories par kilog’. de poids vif et par jour, soit 2.45o calories, pourra être pour 24 heures de :

Albumine 84 ^r. = 344 calories.

Graisses 34 — 3a5 —

Hydrates de c^irbones 434 — = 1781 —

Toial.... 2450 —

La ration de travail évaluée en principes alimentaires, exig*eant de 2.890 calories (marins français) à 3. 100 calories et même 3. 682 calories (ouvriers allemands), peut être ainsi fixée :

D’après :

Albumine. Graisse. Hydrocarbures.

VoitetPetteiikofej-. ii8^r. 56 gr. 5oogr.

Schindler i53 — 63 — 5i5 — = 33a4 calories.

Provenance des substances organiques élémentaires. — Les matières albuminoïdes d’orig-ine animale contiennent un excès de toxines alimentaires, nuisibles aux voies dig’estives. Elles contiennent aussi une. abondance de g-raisse défavorable à plus d’un titre. Cependant, la part d’albumine à demander au règ-ne animal ne doit jamais être inférieure au i /3 de la ration totale, car il n’est pas démontré que l’albumine vég'étale ait une valeur nutritive ég-aleàcelle de l’albumine animale (i).

Les graisses d’orig-ine végétale, telles que l’huile de palme, le beurre de karité, en usage dans l’Afrique occidentale, sont mieux supportées que celles d’origine animale.

Si l’on considère la grande quantité de substances hydrocarbonées qui entrent dans la nourriture de l’homme, on peut dire que celui-ci est surtout végétarien. Les 5oo gram-

(i) KermorganteiG.Keyaaud, A/ma/es d'hyg. et dernéd. colon., 1900,

ALIMENTATION

mes d’hydrocarbures nécessaires pour constituer la ration se trouvent contenus, par exemple, dans 5oo g-r. de pain, 5oo gr. de pommes de terre, i5o gr. de pois, et par une proportion de sucre qui ne laisse aucun déchet. Si l’on voulait faire le total de la ration avec des aliments végétaux on produirait une augmentation considérable de la masse alimentaire.

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