d’eau-de-vie, liqueurs non de traite
284 ALIMENTATION. — LES BOISSONS
L’instruction donnée à l’école et à la caserne serviront à la restriction de l’alcoolisme. Par des graphiques, par des images reproduisant les maladies ou les accidents causés par l’alcool par les statistiques faisant connaître la progression de la mortalité et l’accroissement des dépenses des buveurs, on peut espérer qu’on parviendra à éclairer quelques esprits et les sauver d’un naufrage où les entraîne le mauvais exemple donné par les anciens.
L’action morale complète efficacement celle de l’instruction. Dans les corps militaires, les chefs doivent donner le bon exemple, non seulement en se gardant d’élever l’habitude de l’apéritif à la hauteur d’un rite sacré, mais encore en évitant ces orgies incessantes que sont les dîners coloniaux et dont les soldats ordonnances et les domestiques sont les témoins et aussi les acteurs secondaires.
Les chefs doivent s’ingénier à retenir leurs soldats à la caserne en les intéressant par des jeux agréables, par des travaux utiles à tous et lucratifs pour ceux qui les accomplissent, par la création de bibliothèques, de salles de correspondance, par des représentations théâtrales, des concerts, en s’ingéniant en un mot pour que les soldats, sous la direction de chefs bienveillants et sans cesse en relations avec eux, ne considèrent plus la caserne comme une prison.
Une pratique à imiter des Anglais, c’est de ne laisser sortir les hommes des casernes que le soir après souper. De cette façon, les soldats ne vont pas courir les cabarets et prendre l’absinthe ou autres boissons alcooliques à jeun, avant le souper.
Le colon civil est livré à ses propres forces s’il est célibataire ou séparé de sa famille. L’isolement, les regrets, le chagrin de la séparation le poussent à la fréquentation des cafés ou des pires tavernes. S’il est en famille, l’influence salutaire de la femme s’exercera dans une mesure bien plus grande qu’en Europe parce que l’homme a moins d’occasions d’y échapper. Hors de cette influence, il ne reste à