APPRÉCIATION SUR L’USAGE DES BOISSONS ALCOOLIQUES
l’Européen que le souci de sa propre conservation inspiré par la connaissance des dang-ers auxquels il s’expose.
30 Amélioration de la qualité des boissons. — Il est impossible d’interdire absolument la consommation des alcools, il est possible de limiter un peu cette consommation ; mais, malg^ré tout, la consommation sera suffisante pour créer de sérieux dangers dans les pays chauds. Donc il faut faire en sorte que la qualité des boissons consommées soit améliorée. La rectification de l’alcool appropriée en vue de la fabrication des boissons spiritueuses donnera ce résultat. Mais cette rectification doit être soumise à un contrôle qui donnera la garantie nécessaire. La loi sur la santé publique qui a été votée par les Chambres françaises a consacré le principe de ce contrôle, mais sans indiquer les moyens à employer. 11 n’y en aura qu’un seul réellement efficace, c’est l’intervention directe et immédiate de l’Etat par la monopolisation de la rectification et de la vente.
C’est à cette solution qu’il faut tendre et elle ne peut pas soulever plus de scrupules chez les gouvernants des colonies européennes que le monopole de la fabrication et de la vente de l’opium. La nature du poison diffère, mais le danger à combattre est encore plus grand, car il est plus généralisé.
VI. — Appréciation résumée sur Uusage des boissons * alcooliques.
En résumé :
Le vin et la bière peuvent être utiles et leur consommation mesurée sera profitable à l’organisme si ces boissons sont de bonne qualité. La dose de 76 centilitres de vin ou de I litre et 1/2 de bière est largement suffisante.
L'alcool sous toutes scs formes doit être proscrit. Tout au plus doit-on consentir à des délivrances exceptionnelles et transitoires dans des circonstances où un surcroît d’efforts est demandé aux travailleurs ou aux soldats.
ALIMENTATION. — LES BOISSONS
L’alcoolisme, dans les pays chauds, frappe à la tête et au ventre avec une rapidité inconnue en Europe. Elle atteint surtout ceux qui commettent des excès. Mais, à défaut des excès qui conduisent à de rapides désastres, Tusag-e continu rég'ulier des alcools, même les meilleurs, amène sûrement, quoique lentement, des lésions organiques, des perturbations fonctionnelles, les troubles cérébraux incompatibles avec la vie coloniale où l’équilibre de la santé est constamment menacé, incompatible avec la vie intensive d’une expédition où toutes les forces de l’être doivent être mises en œuvre. L’alcool ne peut développer les forces. C’est un poison excitant, mais ce n’est ni un aliment ni une boisson normale.
(( Les races sémites qui ont établi leur domination en Afrique ne buvaient pas d’alcool. Leur sobriété, qui a permis leur exode et leur adaptation, n’était pas primitivement un don de la race, mais le fruit de prohibitions mahométanes, prescriptions religieuses analogues à celles des religions mosaïstes et brahmaniques, imposées à des peuples entiers, au nom de la révélation divine, par des hommes qu’inspirait le génie. L’Européen, mettant à profit cette leçon du passé, doit renoncer à l’alcool s’il veut braver les pays chauds. » (Kermorgant et G. Reynaud, loc. cit.)
Il doit y renoncer pour le salut de sa race qu’il veut implanter et aussi pour sauvegarder l’existence des races indigènes dont dépend la prospérité de son entreprise.