XL1V
Sachons nous traiter nous-mêmes comme Reil
ET PENSÉES
traitait, dit-on, scs malades. Entre ses mains, on pouvait perdre la vie, on ne perdait jamais l’espoir.
C’est par l’énergie que l’homme maintient son individualité vis-à-vis des influences extérieures ; mais toute énergie que nous pouvons acquérir, a sa source dans la culture intellectuelle, par exemple, la force d’inertie, la ténacité, le calme, là fermeté, la persévérance, la patience, etc. L’énergie, dans son sens général, est le résultat des différentes facultés amenées à leur plus haute puissance, ou bien la force inconnue, inexplicable, inhérente à l’individu.
XLYI
Loin de nous la prétention d’imposer à l’homme une complète égalité d’humeur. 11 n’est piano si parfait qui ne puisse être désaccordé par l’humidité. Quand l’instrument est ainsi dérangé, il est difficile de bien jouer ; mais le virtuose y réussit encore, tant que les cordes ne sont pas toutes faussées ou muettes.
MAXIMES
Nous n’avons pas le pouvoir de créer en nous des dispositions, mais nous pouvons, comme le poëte, profiter de celles qui se manifestent dans notre âme. Le poëte tire de son génie une œuvre d’art, comme le sculpteur tire d’un bloc de marbre une statue. Il est des moments où la conscience perd ses droits, où elle semble même disparaître. Alors, comme égarée à la lueur incertaine du crépuscule, l’âme s’abîme dans la douleur ou dans la joie. « Ce sont, a dit Rahel, des parenthèses dans la vie -, à ces heures-là, nous avons une liberté qu’on n’accorde pas à l’homme de sang-froid. Qui voudrait se donner la fièvre nerveuse ? et pourtant elle peut, dans certains cas, nous sauver la vie. Cependant elle vient d’elle -même. » -