‹ Hygiène de l'ame par le baron E. De FeuchterslebenChapitre 4 sur 41 · DE L’AUTEUR · texte numérisé non relu

DE L’AUTEUR

Je veux, par une alliance, qui peut paraître singulière, de la morale et de l’hygiène, étudier au point de vue pratique l’influence de l’âme sur le corps humain. Les médecins, dit le public, se réservent avec un soin jaloux le monopole de leur science ; ils voient avec colère toute recherche personnelle et indépendante faite par les profanes pour s’initier, en dehors de l’école, aux secrets de l’art de guérir. C’est qu’ils craignent sans doute de nous laisser apercevoir toutes les incertitudes, toute l’insuffisance de leur savoir et de leurs procédés, et de perdre ainsi la confiance générale. Ils trouvent profit à nous maintenir dans l’illusion. — Eh bien! soit : l’illusion est utile; l’est-elle pour nous seuls, ou n’est-elle pas également profitable à tous ? Si la confiance peut guérir, autant vaut ce remède que le fer et le quinquina. La confiance, n’est-elle pas une force réelle? est-ce une folle entreprise que de l’employer comme une puissance effective ? ou plutôt n’est-il pas désirable à chacun de pouvoir la réveiller en soi-même et de s’approprier, si je puis dire, cette baguette magique de l’illusion?

L’art de se faire illusion à soi-même, tel est l’objet {de notre livre ; art difficile à enseigner, et

INTRODUCTION

dont les leçons se bornent à des indications sommaires. En fait d’action à exercer sur soi-même, le meilleur juge, c’est l’individu.

Je me suis eflorcé d’être populaire dans le meilleur sens de ce mot. Populariser la science, ce n’est pas l’abaisser, c’est la rendre plus compréhensible, plus attrayante, la mettre ainsi à la portée de tous les esprits désireux de s’instruire, et lui donner une application utile et pratique ; c’est enfin se conformer au plan de la Providence, qui, avant de répandre une vérité sur la terre, la fait mûrir d’abord dans quelques génies supérieurs ; comme les rayons du jour frappent le sommet des montagnes avant d’éclairer les plaines et les villes.

Nous avons fait de nombreuses citations empruntées aux écrivains les plus éminents. Elles serviront à montrer le constant accord de l’expérience et du génie sur la question qui nous occupe ; elles feront voir aussi que je ne dis rien qui n’ait été dit et pensé avant moi. Malheureusement, c’est une étude complètement négligée que celle de l’art que je prêche, l’art de se commander à soi-même. Et cependant c’est le commencement et la fin de la sagesse. — Rien ne sera plus utile, pour l’applica-

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