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LES MALADIES DU CERVEAU ET L'APOPLEXIE

son, Linné, Marmontel, Rousseau, Daubenton, Spallanzani, Monge, Cabanis, Corvisart, Walter Scott et beaucoup d'autres hommes célèbres ont été frappés d'apoplexie. Une petite atteinte même de cette maladie peut s'appeler, selon Ménage, un brevet de retenue de mort.

Napoléon, qui craignait l'apoplexie, s'entretenant un jour avec Corvisart, son premier médecin, sur cette maladie. « Sire, lui dit le médecin, l'apoplexie est toujours dangereuse, mais elle a des symptômes avant-coureurs. Il est bien rare que la nature frappe sans avertir d'avance. Une première attaque, presque toujours légère, est une sommation sans frais ; une seconde, beaucoup plus forte, est une sommation avec frais; mais une troisième est une prise de corps. » Corvisart lui-même donna une cruelle preuve de la vérité de son assertion.

On pourrait expliquer de la manière suivante l'action graduelle des causes de cette maladie.

Les excitations permanentes du cerveau augmentent d'abord son énergie, son activité, sa vie. Cet excès d'action répété détermine chaque fois un afflux de sang dans l'organe, les stimulations deviennent alors congestionnelles. Dans les commencements, ces congestions se dissipent plus ou moins complètement, le cerveau se libère, l'équilibre se rétablit. Plus tard, les dilatations forcées des vaisseaux deviennent telles que les congestions sauguines ne se dissipent qu'im-

parfaitement, de là des accidents, mais peu graves. Plus tard encore, quand l'âge arrive, le système veineux augmente d'ampleur, les veines cérébrales tendent à devenir variqueuses, tandis que les artères diminuent de diamètre, les congestions sont alors permanentes. Cet. état d'engorgement augmente rapidement s'il y a une affection anévrismatique au cœur. De cel ensemble résultent les assoupissements, la stupeur, les ramollissements du cerveau, les tremblements, enfin l'apoplexie à tous ses degrés, etc.

Il arrive parfois, après des méditations et des veilles prolongées, que le cerveau éprouve une suspension totale d'action. La torpeur douloureuse de l'appareil nerveux qui en est la suite, rend incapable de lier deux idées, la pensée cesse de se manifester. Boerhaave dit avoir éprouvé cet état de stupeur après avoir veillé plusieurs nuits de suite dans son cabinet. On conçoit qu'une aussi profonde hébélation du système sensitif, étant répétée, doit être une des causes les plus destructives de la santé. De là résulte, en effet, une foule d'affections nerveuses, qu'on ne peut ni décrire, ni classer, ni guérir.

Mais si l'action vitale est extrême dans l'encéphale, tout languit dans l'appareil digestif. La circulation sanguine abdominale, très peu active par elle-même, notamment dans les ramifications de la veine porte si bien nommée porta malorum, devient de plus en plus pénible. L'afflux de sang artériel vers les parties

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