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LES MANIFESTATIONS NERVEUSES

che de chacune est puissamment modifiée par la constitution individuelle; et cette modification est telle, que deux maladies placées dans le même cadre n'ont réellement qu'une ressemblance très générale. La vie diffère dans chaque homme, qu'il soit souffrant ou qu'il jouisse de la plus belle santé.

Cette donnée admise, on doit s'attendre que le cours des maladies, chez les penseurs éminemment nerveux, présentera des circonstances particulières importantes à connaître pour en diriger méthodiquement le traitement. Ces circonstances se réduisent à trois principales :

4° Les manifestations nerveuses. — Dans ces manifestations se voit clairement l'influence de la constitution dont il s'agit. En effet, le délire, les hallucinations, les spasmes, les agitations tétaniques, les raplus de sang au cerveau, sont alors très fréquents. Ce dernier accident est surtout habituellement observé dans les maladies aiguës des hommes livrés aux travaux de lapensée. Chez eux la tête se prend, selon l'expression reçue, avec une étonnante facilité ; il est aisé d'en trouver la raison. Il est cependant d'une haute importance de bien distinguer si le délire, quand il a lieu, est sympathique ou s'il dépend d'une altération des méninges. On conçoit que cette différence est essentielle pour le traitementà établir; mais la distinction dont nous parlons, n'est pas toujours facile à faire.

Chez les individus où il y a prédominance nerveuse, comme les femmes, les enfants, le délire sympathique ou paragitation nerveuse générale se manifeste souvent, il y a éréthisme cérébral, mais chez les hommes livrés aux travaux de l'esprit, les excitations soutenues auxquelles le cerveau a été soumis, disposent, singulièrement cet organe aux congestions et aux inflammations. Au reste, les signes commémoratifs, l'idiosyncrasie du malade, indépendamment des symptômes particuliers de la maladie, mettront le praticien attentif sur la voie. Il faut aussi remarquer que chez les gens de lettres, les artistes et toutes les personnes dont le cerveau est continuellement en action, les chocs, les coups à la tête sont essentiellement dangereux; les plus funestes résultats en sont parfois la suite.

Dans leur délire, les penseurs se représentent sans cesse les sujets de leurs travaux et de leurs études; c'est un trait presque caractéristique que ce symptôme dans le cas dont il s'agit, tant les idées qui les préoccupent se sont profondément imprimées dans l'organe. Quel que soit le degré du désordre fonctionnel du cerveau, il est rare que ces idées s'effacent entièrement.

C'est toujours l'histoire du carré de douze de M. de Lagny, ou bien de ce joueur dont, parle Morand, qu'on ne tirait de son insensibilité qu'en lui criant fortement : Quinte, quatorze et le point!

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