‹ Hygiène de l'espritChapitre 21 sur 58 · CHARMES DU TRAVAIL INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

CHARMES DU TRAVAIL INTELLECTUEL

que le génie consume l'existence, qu'il laisse des marques de feu sur nos frêles organes! Soyons-le donc plutôt de voir quelques hommes heureux échappera une destruction qui parait inévitable. Le difficile, l'impossible en effet, consiste à concilier l'énergie, l'enthousiasme, ce haut degré de vitalité où se trouvent constamment le cerveau, avec la modération, l'égalité d'action indispensables à l'intégrité fonctionnelle des organes. Ce contraste perpétuel, qu'on ne peut obtenir à la fois, constitue l'obstacle le plus insurmontable de tous ceux dont il a été question. Ce qui trompe en ce cas, comme dans tout ce qui tient aux passions, c'est que les maux, conséquences inévitables de ces efforts surnaturels, n'arrivent pas immédiatement après leurs causes; la force inconnue de la vie résiste plus ou moins longtemps avant de céder. Alors éclatent une foule de maladies dont les causes ne se sont produites qu'en luttant contre le principe de conservation qui réside dans chacun de nous.

Un dernier obstacle est formé par le charme entraînant de l'étude. Cette passion qui emporte audelà du but est tout aussi décevante, et par cela même tout aussi dangereuse que celle de la gloire, que celle de l'amour ou des richesses. Toutes ces passions ont commencé par se promettre des délices sans fin, des voluptés sans mélange. Il n'en est pas une qui n'ait produit de l'agitation, pas une qui ait

su finir à propos, pas une qui soit morte sans convulsions, sans déchirements, sans la ruine du corps et de l'esprit. En toutes choses il faut considérer la fin.

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