CHAPITRE II
DES MOYENS DE MAINTENU; LA SANTÉ ET DU MOYEN LE PLUS EFFICACE D'OBTENIR CE RÉSULTAT
lîii'ii de trop; — Trois points à considérer : se bien connaître, connaître les agents modificateurs, connaître enfin leur mesure et l'action sur l'économie.
Rien de trop. — En réfléchissant sur ce qui vient d'être dit, on voit combien l'application de préceptes aussi simples que salutaires, est parfois difficile pour des hommes remplis d'ailleurs de jugement et d'esprit : ils ne veulent pas, ils ne savent pas ou ils ne peuvent pas les mettre en pratique, voilà la vérité. Et cependant, ils n'en continuent pas moins les efforts d'intelligence dont les funestes conséquences sont à peu près inévitables. Bientôt la santé se flétrit, les maladies surviennent, guérissent, reviennent, s'enracinent et la constitution s'altère; dès lors les organes sont dans un état d'angoisse perpétuel, les forces baissent, l'esprit s'affaiblit, la main se sèche sur
l'œuvre entreprise, les travaux s'interrompent, et tout en détruisant son avenir, l'existence présente est rendue douloureuse et insupportable. Les exemples fourmillent à l'appui de ces considérations, mais ensevelis dans le silence ou l'intimité des familles, ils ne sont bien connus que des médecins et des amis. Pour éviter tant de maux, n'est-il donc aucune règle de direction et de conservation. A. Dieu ne plaise que l'art de guérir soit aussi dépourvu de moyens de salut. Mais le difficile est de savoir en faire usage. Expliquons-nous : beaucoup de personnes s'imaginent qu'un peu de bon sens, aidé d'un peu d'expérience, suffit dans la plupart des cas. Mais le temps et les faits démentent bientôt les espérances étayées d'un si frêle appui. Pourquoi cela? c'est qu'autant il est aisé de donner un principe général et par conséquent vague, autant les applications particulières en sont difficiles et embarrassantes. « La modération en tout, » s'écrie le vulgaire des philosophes; soyez toujours modéré. Voilà, certes, une règle excellente et à l'abri de toute contestation; mais en définitive, que sera cette modération conservatrice? un principe relatif à l'état du sujet, de l'individu. En ce cas le principe souffre des modifications infinies, car l'harmonie dynamique des fonctions est toujours individuelle. Tant que les hommes ne seront pas organisés de la même manière, que leurs actes vitaux ne seront pas uniformes, que leurs passions, quoique les mêmes, pro-