‹ Hygiène de l'espritChapitre 48 sur 58 · LA DÉTÉRIORATION COMMENCE PAU L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

LA DÉTÉRIORATION COMMENCE PAU L'ESTOMAC

appauvri, mal élaboré, ne répare qu'imparfaitement les forces, la maigreur augmente, et parvient dans quelques sujets au marasme squélétique. Un certain habitas fébrile, léger, énervant le corps, se caractérise par des bouffées de chaleur, par quelques frissons vagues, parle froid des extrémités, la rougeur et la pâleur alternatives de la figure, et tout cela à des degrés infinis. Dans cette disposition, on n'est pas précisément malade, mais on ne se porte pas bien; les symptômes n'ont aucune gravité, et il n'y a point de jour sans malaise ; le malade dit qu'il n'est pas comme il devrait être, car lui-même sent qu'il n'a pas assez de forces pour la plénitude de la vie, mais qu'il en reste encore assez pour souffrir et languir. En effet, la vitalité est tout à la fois exaltée et affaiblie; un instant l'énergie semble renaître, pour retomber l'instant d'après au plus bas degré. L'imagination fermente, les projets avortent, le cerveau conçoit encore, mais la main se refuse à l'œuvre. Et comme la susceptibilité accompagne toujours cet état, on conserve la faculté de sentir, d'aimer, d'être affecté, mais pour la force d'exécution physique et morale, on tombe par degrés dans une sorte de langueur passionnée qui brûle et consume, dans cette pénible situation où l'existence dégoûte et fatigue, dans l'ensemble et les détails, où l'on se laisse aller à la souffrance, à l'ennui, à une destruction progressive et certaine. Bientôt apparaissent les douleurs

vagues, le vide de l'âme, les tristesses sans nom et sans remède, qui proviennent on ne sait d'où, et font souhaiter la mort on ne sait pourquoi.

Tels sont les résultats de la surexcitation continue du cerveau et du système nerveux, quand de graves et brusques maladies ne se déclarent pas. Les êtres éminemment sensibles, ces familiers de la douleur, n'éprouvent que trop souvent l'état d'épuisementqui vient d'être décrit. C'est que ceux-là ne comprennent jamais assez que ce qui fait le charme de la vie, les impressions profondes et vives, en sape aussi les bases. Cette remarque doit s'appliquer aux hommes d'une intelligence active, eux qui se persuadent trop que les faibles seuls sont les esclaves de la médecine. Leur but n'est-il pas de vivre, autant que possible, par cette même intelligence, qui agit contrairement à ce qu'exige la santé? Mais s'il ne faut pas que l'homme s'engourdisse dans son limon, comment s'imaginer qu'une tension perpétuelle, que de surhumaines stimulations du cerveau, ne frapperont pas d'inertie le reste de l'organisme? c'est étrangement s'abuser; la nature est aussi inexorable que le destin.

Epuisement général, résultat fréquent de l 'altération latente d'un organe. — L'épuisement total de la constitution, provient souvent de l'altération profonde plus ou moins cacbée d'un organe, altération dont les conséquences sont générales, en vertu de l'action

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