‹ Hygiène de l'espritChapitre 6 sur 58 · LE TEMPÉRAMENT NERVEUX ; QUALITÉS ET INCONVÉNIENTS · texte numérisé non relu

LE TEMPÉRAMENT NERVEUX ; QUALITÉS ET INCONVÉNIENTS

qui composent la physionomie du tempérament. Physiologiquement, le changement consiste dans une diminution de la contractilité. Cette diminution peut même être portée si loin, que cette fonction paraît comme éteinte. Tel est le tempérament nerveux dans ses rapports avec le seul tempérament qui ait le pouvoir de soutenir son excès d'action. Le sang est le modérateur des nerfs, il leur fait un tempérament de résistance qui leur permet de suffire à la dépense que leur impose une activité qui se refuse à la modération. Mais en tout état de cause, il y a des limites qui ne se franchissent pas, même dans les meilleures conditions de la santé, sans qu'il en résulte quelque désordre, sans que le corps s'en ressente en quelques points. Les hommes livrés aux travaux de l'esprit qui ne savent pas toujours se modérer, sous l'influence de la passion qui les aiguillonne, portent tôt ou tard la peine de leur intempérance. Pour peu qu'ils y regardent, ils reconnaissent qu'ils ont surmené leur intelligence et que, victimes d'eux-mêmes, ils recueillent ce qu'ils ont semé.

Tant que le tempérament nerveux n'a pas pris un développement hors de mesure, qu'il n'a pas franchi les bornes d'une raisonnable modération, il reste exempt de trouble, il est même fécond en jouissances qui ne restent pas moins ce qu'elles sont, bien qu'il s'y mêle des déceptions et des douleurs. L'expression mobile du visage, la vivacité du regard sont un indice

RÉVE1LLÉ-PARISE. Physiol. -

du tempérament nerveux, la susceptibilité vive aux impressions physiques ou morales en forme le principal caractère : cette susceptibilité a pour effet de remplacer rapidement une impressionpar une autre et d'effacer même la première, de façon à n'en pas laisser de trace. C'est ainsi qu'une impression douloureuse est aussitôt abolie par celle qui la suit. Un autre privilège de cette nature sensible, c'est de doubler les forces sous l'influence d'une impression qui provoque leur énergie. On a dit que chez les individus de tempérament nerveux, doués d'une bonne tète et d'un bon cœur, une émotion suscitée par une impression vive pouvait enfanter d'admirables actes. C'est vrai, mais il y a mieux que cela, le bon cœur et la bonne tète ne sont pas absolument indispensables, tant l'impression reçue a la puissance d'opérer les transformations du mode de sensibilité comme du caractère. Il n'en est pas moins évident que les qualités mentionnées sont le support naturel du phénomène. Celte soudaineté qui peut déterminer des actes si puissants ne se manifeste pas sans produire un retentissement dans l'organisme. Une forte impression a du retentissement dans la région du cœur, dans le creux de l'estomac, dans l'intestin, dans l'appareil biliaire. Bien des hommes ont été frappés de jaunisse à la suite d'une impression même modérée; il y en a d'autres qui éprouvent de tels effets sur l'appareil digestif qu'ils sont pris subitement de diarrhée.

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