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LES OBESES PARTIELLEMENT EXCUSABLES

(Obésités endogènes)

Certaines obésités sont conditionnées ou pour le moins favorisées par une anomalie de la nutrition, acquise ou héréditaire. Bouchard, surestimant la fréquence d’un tel trouble, mettait la plupart des obésités sur le compte d’un ralentissement de la nutrition. On a cherché par des techniques précises à mettre en évidence chez les obèses ce ralentissement de la nutrition.

1° Appréciation de la ration d'entretien minima. C’est la ration alimentaire au-dessous de laquelle un individu donné ne peut descendre sans maigrir. Pour un adulte fournissant un travail moyen, cette ration est d'environ 30 calories par kilogramme de poids corporel.

Or l’expérience montre que pour l’immense majorité des obèses la ration d'entretien minima est également de 30 calories.

2° Abaissement du métabolisme de base. On ap-

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pelle métabolisme de base le nombre de calories que dégage en une heure, par mètre carré de surface corporelle, un individu à peine couché au repos à la température de 16 degrés. Il représente pour notre organisme, l’ensemble des dépenses strictement nécessaires à la vie. Chez des sujets normaux, d'âge et de sexe, le taux de métabolisme basal est toujours égal à luimême; c’est une constante physiologie. Chez les sujets suralimentés le métabolisme basal tend à s'élever. Chez certains obèses au contraire, on le trouve franchement abaissé au-dessous de la normale, par suite d’un ralentissement des échanges. Maïs cet abaissement du métabolisme basal ne s’observe guère que 10 à 25 p. 100 des obésités.

3° Diminution de la consommation de luxe. À l’état normal, la ration d’entretien maxima (celle au-dessus de laquelle on ne peut monter sans engraisser) ne se confond pas avec la ration d'entretien minima: la nature nous a dotés d’une marge de sécurité que l’on dénomme consommation de luxe et qui peut être évaluée à 300 calories.

L'existence de cette consommation de Iuxe explique que certains d’entre nous puissent manger un peu plus qu’il n’est nécessaire sans cesser pour cela de demeurer maigres. Il semble que pour beaucoup d’obèses les rations d’entretien maxima et minima soient confondues: privés de consommation de luxe ils ne jouissent d’aucune marge de sécurité, et le moindre quignon de pain absorbé en surplus de leurs besoins

alimentaires s’emmagasinera sous forme de graisse.

On comprend ainsi pourquoi la plus légère infraction de régime empêche un obèse de maigrir, et l’on conçoit l’absolue nécessité de leur prescrire une ration quotidienne strictement pesée.

Cette réduction de la consommation de luxe est la caractéristique principale de la nutrition viciée des obèses.

4° Insuffisance de la déperdition calorique cutanée.

Il est possible enfin que les sujets dont ia peau perpétuellement froide et sèche, est impropre à la déperdition calorique par rayonnement et par évaporation soient des candidats tout désignés à l’obésité. Au fur et à mesure que se développera leur pannicule adipeux, ils rayonneront de moins en moins de chaleur et tendront pour un même apport alimentaire, à devenir de plus en plus gras.

Les obésités endogènes pures nous paraissent bien moins fréquentes que les obésités exogènes. Presque toujours un facteur exogène s’associe à une prédisposition endogène. Et la plupart des obèses sont de gros mangeurs — sédentaires ou non — privés de consommation de luxe: leur obésité est d’origine mixte, exo endogène.

Qu’il existe des obésités endocriniennes (telle l’obésité des sujets atteints d'insuffisance thyroïdienne) la

chose n’est pas douteuse; mais ce sont des obésités d’un type spécial que tout médecin averti est à même de reconnaître et de traiter, mais un individu quel qu’il soit ne devient et surtout ne demeure obèse que par sa propre faute et par son propre consentement. Le régime alimentaire est capable de faire fondre aussi bien que celui des suralimentés pleinemnt responsables l’adiposité des sujets constitutionnellement prédisposés à l’embonpoint.

On distingue selon l’aspect général de l’obèse:

— Une forme pléthorique: c’est celle des hommes robustes, suralimentés, dont l'hypertension, la néphrite chronique, et la crainte de l’hemorragie cérébrale assombrissent le pronostic;

— Et une forme dite anémique ou asthénique, observée plus volontiers chez des femmes à nutrition viciée, aux téguments blafards et toujours froids.

Selon le degré évolutif de l’obésité, on doit distinguer :

— Un premier stade de bonne santé apparente; stade floride où le candidat obèse accepte encore d’un cœur léger d’être trop lourd.

— Un deuxième stade comique de L. Williams où le sujet commence à se fatiguer, à s’essouffler, à digérer difficilement.

— Enfin un stade ultime de complications viscérales, stade pitoyable de Williams; l’obèse est devenu un impotent, un malade et souvent même un grand malade. |

En fait, il importe avant tout d’opposer à l’obésité simple les obésités compliquées:

— Tantôt il s’agit d’associations fortuites de simples coïncidences.

— Tantôt il s’agit d’associations qui tels l’alcoolisme ou les troubles endocriniens, ont joué un rôle favorisant ou déclanchant dans le développement de l'obésité.

— Tantôt enfin il s’agit de complications véritables, conséquences plus ou moins directes de la suralimentation et de l’infiltration graisseuse des viscères.

Chez tout obèse s'impose un examen clinique et biologique complet, l’état du cœur et des reins nécessitant une surveillance particulièrement attentive.

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