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début de l'obésité; mais on se trouve quelque peu embarrassé pour fixer avec exactitude le poids idéal d’un individu donné. C’est dans ce but que des multiples formules ont été proposées, par Bouchard (qui faisait intervenir la nation de segment anthropométrique) par Quetelet, par Sautrelet… dont les tables sont restées classiques. En pratique, on peut commencer à parler d’obésité lorsque le chiffre de poids exprimé en kilogrammes dépasse de 10 les deux derniers chiffres exprimant la taille en centimètres: c’est ainsi qu’un sujet mesurant 1 m.65, entre dans l’obésité quand son poids dépasse 75 kilogrammes.
Mais cette loi ne s’applique qu’aux tailles moyennes. Un homme robuste de 1 m. 80 peut peser 92 ou 93 kilogrammes sans qu’on y trouve trop à redire, alors qu’un individu de 1 m 40 sera considéré comme obèse avant d'atteindre ses 50 kilogrammes.
L'organisme humain peut-être assimilé à un moteur de machine.
‘C’est un moteur un peu particulier en ce sens qu’à toutes les secondes de la vie il s’use et se répare sans interruption. Cette particularité mise à part, l’organis-
-me comme tout moteur industriel, est un producteur
de chaleur et d’energie. De chaleur qui maintient constante la température du corps. D’énergie nécessaire à assurer conpointement le travail involontaire ou basal (travail du cœur, des poumons etc.) et le travail volontaire, intellectuel ou physique. La source de cette chaleur et de cette énergie est fournie par l’alimentation véritable carburant du moteur humain. Chez l’a-
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dulte normal, passée la période de croissance, les recettes alimentaires et les dépenses énergeto caloriques, toutes deux exprimées en calories sont équivalentes, l'accumulation intempestive de «matériau» la mise en réserve d’une quantité de graisse superflue, qui constitue l’obésité résulte d’un déséquilibre entre les recettes et les dépenses, d’un excès de carburant par rapport aux combustions, d’où épargne d’énergie.
Toutes les obésités ne reconnaissent pas le même mécanisme. L’obésité peut résuiter :
D’une augmentation de recettes alimentaires.
D’une diminution de dépenses énergo caloriques.
Ou d’un vice de la nutrition qui réside dans une transformation, une utilisation, ou une combustion anormale, au sein de notre organisme, des aliments déjà digérés.
Plus simplement, j’envisagerai deux classes d’obèses... Ce. sont:
1° D'une part (obésités exogènes) les obèses responsables, sujets normaux que se nourrissent trop rapport à leurs besoins, soit parce que réellement, ils se suralimentent (obésité des gros mangeurs), soit parce qu'ils fournissent un travail insuffisant (obésités des sédentaires).
2° D'autre part (obésités endogènes) les obèses partiellement excusables, sujets anormaux, qui pour des raisons parfois mal précisées et en dépit d’une alimen-
tation identique à celle des sujets normaux menant une existence analogue, dépensent moins qu’eux par suite d’un abaissement de leurs besoins organiques et emmagasinent de la graisse.
Du point de vue physio-pathologique ces deux catégories d’obèses sont assez différents.
Du point de vue pratique, hormis de rares cas spéciaux les indications thérapeutiques ne diffèrent guère dans leurs grandes lignes d’un cas à l’autre : la restriction alimentaire en constitue la base commune et fondamentale
LES OBESES RESPONSABLES
(Obésités exogènes)
LES GROS MANGEURS. -— Poussés par un besoin de nourriture aussi impérieux que le besoin de boire pour l’alcoolique ou de se piquer pour le morphinomane, certains sujets se présentent au médecin comme des «maniaques de la faim». Les interroge-t-on, ils prétendent manger à peine autant que leurs voisins de table ; l'habitude en a fait des inconscients. Mais vienton à peser leurs aliments et surtout le pain, on demeure stupéfait des rations phénoménales qu’ils ingurgitent.
Parfois il y a une hérédité familiale, mais cette hérédité de terrain ne saurait être admise sans réserve: dans l’obésié familiale il semble qu’il faille, à côté de l’hérédité, tenir compte, avec Marcel Labbé, de l’influence de l’éducation : passionné de nourriture, l’obèse cherche instinctivement à faire des prosélytes ; il donne à ses enfants l’exemple de la gourmandise, et tous, autour de lui, se mettent à l’unisson.
Aïnsi la suralimentation apparaît comme une des
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plus grandes causes de l’obésité. L’alcoolisme chronique n’est qu’une forme particulière de la suralimentation, qu'illustre la silhouette classique du marchand de vin.
LE SÉDENTAIRE. — Un fort de halle peut fort bien devenir obèse à force d’engloutir des kilos de pain et de féculents ; un employé de bureau peut a, l'inverse, demeurer maigre s’il est doué, d’un faible appétit : la sédentarité a elle seule ne fait pas l’obésité, mais elle la favorise. Un long séjour au lit à la suite d’une fracture de jambe, la convalescence, la substitution pour une raison quelconque d’une vie calme à une existence active entraînent un certain degré d’engraissement. Chez ceux dont les débuts professionnels ont été pénibles et a qui l'épanouissement de la carrière apporte un repos relatif, l’obésité de la cinquantaire est monnaie courante. De même, certaines obésités contemporaines de la puberté traduisent la fin de l’agitation physique qui est la règle dans l’enfance.
Il faut compter aussi avec les dépenses caloriques: «Un manteau bien fourré, un édredon sur le lit, un poêle de plus dans l’appartement suffisent à épargner de la graisse (M. Labbé).