PROPOSITION IX
Les alimens mélangés, divisés, humectés dans la bouche, forment une pâte que faction combinée des lèvres, des joues et de la langue, rapproche par degrés de la base de ce dernier organe , et condense en bol. Toutes les actions musculaires précédentes s arrêtent, les lèvres se ferment , et le bol , humecté par la mucosité de farrière-boucbe, est entraîné sur le plan incliné que
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lui forme la langue. De nouvelles puissances musculaires le saisissent alors, le pressent vers le pharynx qu il traverse, ainsi que l’œsophage, sous la double influence des muscles qui communiquent le mouvement, et des sucs muqueux qui le facilitent en rendant les surfaces glissantes : l’ensemble des mouvemens qui portent l’aliment de la bouche à l’estomac, est la déglutition .
La bouche et l’arrière-bouche servent au passage de deux espèces tout-à-fait différentes dTdimens : l’air qui s’achemine vers les poumons, et les alimens proprement dits, en marche vers l’estomac. La bouche est à la vérité, remplacée par les narines, pour l’introduction de l’air; mais au-delà des deux cavités nasale et buccale, un embranchement de l’une sur l’autre, rend le passage unique : et de l’arrière-bouche à l’ouverture du larynx, l’air pour la respiration , l’aliment pour la digestion suivent inévitablement le meme chemin. Mais la respiration, quoique alternative, est une fonction continue; elle ne peut comme la digestion se suspendre plusieurs heures, sans que la mort s’ensuive infailliblement; une seule minute même passée sans respirer, donne un sentiment vif d’angoisse et de suffocation. L’aliment une fois engagé dans le pharynx, ne peut donc y séjourner sans com»
promettre l’existence; aussi trouvons-nous sur ce point un système musculaire assez énergique, dont l’action sur les alimens peut se répéter plusieurs fois en une minute à la demande de la volonté. Il n’est personne qui, par distraction, ou sous l’influence d’une faim vive, n’ait laissé s’introduire dans le passage commun, unebouchée trop volumineuse ou trop résistante; personne, par conséquent, qui n’ait éprouvé la gêne, le malaise, l’inquiétude inséparables du ralentissement du bol à travers ce passage; personne enfin qui n’ait accéléré volontairement le mouvement de déglutition, qui n’ait recouru avec empressement aux liquides pour faire cesser une crise dont chaque instant redouble les alarmes. On comprend de quelle importance il était pour l’animal, qu’aucune cause mécanique ne s’opposât au passage de l’air! Au-delà de ces limites, la voie qui mène à l’estomac est isolée , éloignée de tout voisinage où le ralentissement du bol serait un danger; aussi nulle impulsion volontaire ne lui est désormais communiquée; il chemine à travers l’œsophage plus ou moins lentement, sous la triple influence de son poids, des contractions du canal déterminées par sa présence et des sécrétions muq ueuses. Quelques sensations douloureuses, confuses de spasme ou d’ardeur, parviennent à peine au cerveau, de cette région, lorsque la portion en marche est volumineuse et dure ou trop chaude. Un certain nombre de bols ainsi transportés de la bouche à l’estomac, compose le repas.
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