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de l’estomac, cl cela selon les dispositions individuelles souvent inappréciables. Nous avons dît que les affections morales vives frappent ; nous avons comparé leurs effets à ceux d’une décharge électrique; il n’y a rien de figuré dans ces manières de dire : nous éprouvons une sensation aussi distincte, aussi nette que la produirait le choc d’un bâton, d’une pierre, d’un appareil de Leyde. Eh bien! ce coup, s’il frappe l’estomac pendant la digestion, en trouble, en suspend l’activité; rien de si fréquent, rien de mieux connu que cet effet ; — s’il frappe le foie, la peau se colore en jaune, et l’ictère se déclare sur toutes les parties du corps en peu de temps ; — s’il frappe l’ intestin grêle ou le gros intestin, le désordre qu’il y cause se manifeste à l’instant par une courbature profonde , par des mouvemens désordonnés, par des douleurs; — s’il frappe les reins et la vessie, rémission de l’urine est instantanée et tout-à-fait involontaire, ou bien la sécrétion urinaire est suspendue et les douleurs néphrétiques apparaissent aussitôt. J’ai vu un malade qui, à la suite d’une frayeur vive, avait ressenti le coup de F affection morale vers la Fin du gros intestin, et souffrait d’épreintes , de besoins fréquens d’aller à la garde-robe, tout-à-fait semblables à ceux qui tourmentent les malades atteints de dysenterie.
Nous devons conclure de ces faits que les facultés morales sont en rapport sympathique avec la digestion aussi bien que les facultés intellectuelles , que
meme elles ont une action plus rapide et plus proie
fonde sur cette fonction ; qu’enfin elles ne communiquent pas seulement avec l’estomac, mais avec chacun des points du canal où leur plus haut degré d’énergie se fait ressentir, selon les dispositions individuelles, soit maladives , soit naturelles.
Nous avons tous vu des personnes venir nous demander des conseils pour des maladies graves et anciennes dont la seule cause appréciable était une impression morale vive, réfléchie dans les organes de la digestion. C’est là une nouvelle différence entre les effets sympathiques des passions et ceux de l’activité intellectuelle passagère.
Mais ces rapports sympathiques dont le rustre grossier et inculte se fait une idée tout aussi saisissante que l’académicien le plus subtil , ne sont point les seuls liens qui rattachent les affections morales à Indigestion, il en est d’autres qui, bien que moins sensibles, moins prompts, moins énergiques, sont cependant d’une influence tout aussi décisive.
La médecine des passions du docteur Descuret, en même temps qu’elle nous donne de précieuses lumières sur le traitement des passions , nous en montre la propagation dans les organes digestifs : « Immédiatement après un accès de colère , il n’est pas rare de voir survenir des selles ou des vomissemens bilieux, quelquefois l’ictère et l’hépatite; — la peur irrite et enflamme les intestins, elle produit les évacuations involontaires d’urine et de matières fécales; — le pouls de X ambitieux est habituellement fébrile, son baleine brûlante, ses digestions imparfaites. D’a-