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Mais suivons le phénomène : une quantité d’ali» mens trop grande, introduite dans l’estomac, paralyse la partie sentante et pensante de notre être, aussi sûrement que les idées et les affections morales vives, reçues dans le cerveau, entravent la partie digérante; — l’habitude de la surcharge de l’estomac hébète l’esprit comme l’habitude de la surcharge intellectuelle hébète l’estomac.— Si, par manger beaucoup nous devons entendre manger trop, nous pouvons affirmer que les gens dont l’habitude est de manger beaucoup arrivent inévitablement à l’abrutissement de l’esprit et du cœur. Voyez autour de vous, fouillez dans vos souvenirs, essayez d’y trouver un homme éminent par les facultés morales surtout , qui soit en même temps adonné à la gloutonnerie; vous n’en trouverez pas: le fait est impossible, Dieu ne l’a pas voulu! — La différence qui existe sous le rapport de la vivacité d’intelligence, toutes choses égales d’ailleurs, entre l’homme qui vit sans travail ou par un travail modéré et celui qui doit son pain au travail pénible du corps, ne reconnaît-elle pas pour cause principale la nécessité où se trouve le dernier de réparer par des ali mens copieux des pertes abondantes?
Les sympathies qui se propagent des intestins au cerveau sont, pour ainsi dire, innombrables dans l’état de maladie. Les convulsions produites par la présence des vers dans les intestins ; les délires si fréquens dans leur inflammation, les aliénations mentales subordonnées à une irritation obscure des organes de la
Il Y CIÈNE DE LA DIGESTION.
digestion sont des faits que Ton observe tous les jours. Les gastralgies, les gastrites chroniques, en même temps qif elles rendent les digestions ou pénibles ou capricieuses , réagissent îe plus souvent sur le cerveau et donnent à la manière de sentir et de comprendre, des formes particulières et variables à l7 infini . Elles ont pour résultat commun de faire naître une irritabilité physique et morale toute particulière chez ceux qui en sont atteints. — Nous n’en finirions point, s’il nous fallait en donner ici la description. — Qui n’a vu aussi les étranges sensations, les douleurs, infinies de forme et de nombre que produisent les névroses dont le siège parait être dans les hypoehondres? — Les personnes qui souffrent de cette manière n’inspirent point aux gens du monde, ni même parfois aux médecins, l’intérêt qu’elles méritent; on croit avoir tout dit, lorsqu’on a prononcé le mot ( Yhypochondrie , de mélancolie; on croit avoir tout fait, quand on les a déclarés malades imaginaires ; le moindre reproche à formuler contre de telles façons de juger et d’agir, c’est qu’elles sont un non -sens, il n’y a pas une sensation pénible, une disposition à la tristesse, pas un trouble, si léger qu’il soit, de l’esprit ou du cœur, qui ne réponde à quelque cause physique, à quelque dérangement passager de la machine.
J’ai souvent eu avec les parens de ces malades, des conversations qui m’ont prouvé que les gens les mieux élevés, les plus instruits n’ont pas encore le sens assez délicat pour l’appréciation des secrets de